20/11/2009

Mes albums cultes - The Cure - Disintegration

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Enregistré en 1989, "Disintegration" est le 10e album studio de The Cure. Il marque un virage dans la carrière de la bande à Robert. Mais plus qu'un retour aux sources, il s'agit là d'une évolution de ce qu'ils avaient fait de mieux à leurs débuts.

 

Tout d'abord, remettons cet album dans son contexte. The Cure est un groupe phare de ce qu'on appelle la "cold wave", un mouvement rock sombre venu d'Angleterre, dont la naissance remonte à la période post-punk de la fin des années septante. Après deux premiers albums dissipés, mais tout à fait écoutables, Robert Smith et ses accolytes nous avaient gratifié d'une somptueuse "trilogie sombre" ; trois albums intimes et cultissimes, profonds et noirs à souhait. La suite, c'est le coeur des années 80, durant lequel le groupe s'était construit une autre image, en trempant dans le pop rock guilleret et entraînant. 

 

L'apogée de la décennie 80 faisant sentir son haleine, le groupe décide d'abandonner la légèreté qui le caractérise depuis quatre albums. 5 + 4 = 9 pour ceux qui ne suivraient pas... Sort alors "Disintegration", considéré par beaucoup comme la suite de "Pornography", le troisième volet de la "trilogie sombre" sorti en 1982. Tout aussi profond, mais moins lugubre, et plus accompli. Les guitares, les violons synthétiques, et la voix unique de Smith ... tout cela sent le parfum Cure à des kilomètres.

 

La première plage est sans doute ce qu'on a fait de mieux en ouverture d'album. C'est le triomphant "Plainsong", à l'introduction filandreuse, ne révélant la voix de Robert Smith qu'après 2 minutes 30, alors qu'on ne l'y attendait plus. Nombre de fans de Cure rêvent, le jour de leur mariage, d'entrer dans l'église sur ces notes.


Suivent les singles... "Pictures of you", long et submergeant, plonge dans l'atmosphère de l'album ceux qui n'étaient pas encore tout à fait attentifs. "Love Song", déclaration d'amour naïvement belle, est certainement le titre le plus formaté de l'album. Robert nous montre à nouveau sa prédisposition à écrire des chansons passe-partout, avec autant de talent que d'autres titres plus abstraits. Quant à "Lullaby", c'est la plus époustouflante histoire d'homme-araignée qui puisse exister. Cette chanson inter-générationnelle est tout simplement parfaite.

 

Jusque là, on en a déjà pris plein les oreilles, on pense que c'est fini... mais ça ne fait que commencer. "Fascination Street" élargit à nouveaux les horizons de l'album. Elle est pure, agressive, la basse s'éclate et les guitares s'en donnent à coeur joie. Sur "Prayers for rain", la batterie est convulsive, la guitare et les synthés ensorcèlent. Après un plus doux "Same deep water as you" arrive la plage titulaire, "Disintegration". Fragile et émotive, la voix de Smith s'arrache pourtant à ses tripes. Les deux dernières, "Homesick" et "Untitled", sont comme des câlins après l'orgasme.

 

Dans le contexte de sa sortie, cet album a du rassurer les fans de la première heure. Après une suite d'albums destinés à étendre leur public, et l'un ou l'autre 45 tours parfois folichon, The Cure était, toujours et même mieux que jamais, capable de les faire trembler.

 

Aujourd'hui, vingt ans plus tard, il nous en reste une pléiade de symphonies pop rock langoureuses, qui n'a rien absolument rien perdu de son esthétique.

 

 

The Cure

Disintegration

1989

 

 

Ecoutez

Lullaby

Love Song

Fascination Street

Disintegration (live)

 


 

 

 

 

 

 

Commentaires

ah! bel article.
Je suis loin de connaître tout Cure, mais cet album là je le lache pas, il est parfait!!

Écrit par : Giu | 28/11/2009

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