01/12/2009

Concert - The Prodigy, Rockhal, Luxembourg, 29/11/2009


Près de deux heures de concert, 7200 secondes dont pas une seule de répit pour les petits chançards présents ce dimanche. Qu'on la qualifie de hardcore, electro punk ou "de sauvages", la prestation de Prodigy avait quelque chose d'une catastrophe naturelle. Un raz-de-marée de basses qui vous envahit des pieds à la tête, transformant le diaphragme en planche de surf en équilibre au sommet d'une houle. Un déluge d'éclairs et de lumières vives, assommantes et stroboscopiques. Une musique hurlante qui envahit la tête, vous traversant le crâne d'une oreille à l'autre, comme une fusée qui emprunterait le tunnel du Mont Blanc. Ce soir-là, Prodigy a projeté la Rockhal dans une autre dimension, certes chaotique, mais terriblement vivifiante.


Le groupe approche pourtant les vingt ans de carrière, mais l'adrénaline qu'ils dégagent ne semble pas vouloir s'enfoncer dans le creu de leurs rides naissantes. A l'échelle de leur génération, l'avènement de Prodigy à l'aube des années 90 fut aussi importante que celle des Beatles durant les sixties. Et bien que les styles ne soient pas comparables, les deux groupes d'outre-manche ont comme point commun le fait que leur musique traverse les époques sans traîner la patte.


Durant l'entièreté du concert, Keith et Maxim, les deux leaders vocaux, n'ont de cesse d'encourager la foule à faire plus de bruit qu'eux. La tentative est honorable, bien que désespérée... car le son est vraiment assourdissant, à croire que le groupe possède des actions auprès des fabricants d'appareils auditifs. Leur look tribal est aussi agressif que leur verbe, Maxim le Predator étant friant du mot "Fucking" qui sort de sa bouche toutes les dix secondes, comme un gimmick. Cela donne parfois des phrases du style "All my fucking people in Luxemburg, make some fucking noise, jump around this fucking place and go fucking crazy !!". C'est abrupt, mais le public adore.


Côtés tubes, le groupe replonge les ados des nineties dans l'époque de leurs premiers CD. Poison, Breathe, Firestarter, Smack my bitch up, Voodoo People, No Good, et Out of Space pour ne citer que ceux-là. Sorti en début d'année, le dernier album "Invaders must die" est également bien représenté. Le seul reproche à formuler tient à leur style, qui laisse peu de place à la spontanéité musicale sur scène. Toujours à cause de ce style, le show paraît également très court, on aurait bien repris un second rappel en pleine caboche avant de rentrer. Mais soit, rares sont les concerts plongeant ainsi l'audience au coeur d'un nuage noir, à l'instant pile où un éclair en jaillit. Dimanche à la Rockhal, cet instant aura duré un peu moins de deux heures.


Sur une ligne représentant la puissance développée lors d'un live, Prodigy mériterait sa place sur une extrémité - l'autre étant tenue par Vincent Delerm, histoire de vous donner une idée précise. Bref, on a enfin trouvé mieux que la caféine pour s'agiter les cellules.


The Prodigy, Rockhal (Belval, Luxembourg), 29/11/2009

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