26/01/2010

Mes albums cultes - Therapy? - Infernal Love (1995)

therapyinfernallove

 

Therapy? est un groupe de rock irlandais, ayant connu son heure de gloire dans la première partie des nineties.

 

Après quelques années dans l'ombre, leur album Troublegum crève l'écran en 1993. Les singles à succès s'enchaînent, et leurs clips vidéos se diffusent à foison sur MTV aux heures de grande écoute. Aujourd'hui, même s'ils ne se font plus guère entendre, ils sont toujours bien actifs! Leurs derniers passages sur les scènes belges, à l'Ancienne Belgique et au Wardin' Rock Festival, ne datent pas d'un an. Bien qu'ayant pris de la bouteille (au figuré comme peut-être au propre), ils n'ont rien perdu de leur motivation.

 

Ce n'est toutefois pas de Troublegum dont je vais vous parler ce soir, mais bien de l'album qui suivit. Infernal Love sort en 1995 et à l'époque, les premiers singles laissent plutôt penser à une suite logique de Troublegum. Stories et Loose sont deux chansons courtes, rapides, carrées, au refrain entraînant, c'est le format idéal pour vendre des CD 2 titres - de Offspring à Blink 182 en passant par Green Day, tous sont passés par là.

 

Mais de changement, il en est pourtant bien question. Si son prédécesseur se voulait facile et explosif, Infernal Love est mieux besogné, et se caractérise par une atmosphère davantage obscure. Enervé comme un adolescent rebelle, Troublegum ne connaissait pas de halte. Infernal Love est son penchant adulte. Les guitares sont toujours déchirantes, mais elles s'accompagnent parfois de claviers ou violons, notamment sur Me vs. You ou le troisième single Diane, exclusivement composé par l'instrument du luthier. Le rythme varie entre les titres, certains étant plus posés comme A moment of Clarity ou Bowels of love. Les paroles sont toujours pessimistes, mais les textes complexés de Troublegum laissent place à une frustration très intense. Parallèlement, la voix du chanteur à moustache Andy Cairns est aussi déchirante qu'un chagrin d'amour, sans doute rapport au titre de l'album et aux paroles dégorgées de la plage d'ouverture : "I got a problem, this Infernal Love, it burns like wire ..."

 

Et pour finir d'ancrer le disque au sein de cette atmosphère moite et crapuleusement bonne, chaque chanson est séparée de la suivante par une courte transition sonore de même augure. Par exemple, ce sont des battements de coeur qui accompagnent Diane sur la pointe de lecture.

 

N'en déplaisent aux puristes qui considèrent Therapy? comme un groupe digne d'un pub où la guiness se boit autant que les coups se prennent, Infernal Love ne laisse pas indifférent. C'est un album surchargé d'émotion, qui représente le rock sombre dans toute sa perfection.

 

 

Therapy?

Infernal Love

1995.


Ecoutez:

Stories

A moment of clarity

Me vs. You

Diane

Publié dans Mes albums-culte | Commentaires (0) | 20:41 |  Facebook | | Tags : therapy | Lien permanent

25/01/2010

Dernières écoutes - Massive Attack - Heligoland

massive attack - heligoland

 

Voici du lourd !

 

Massive Attack est un des groupes les plus importants de l'histoire musicale de ces vingt dernières années comme ça, c'est dit d'entrée. Et ce même si jusqu'ici, ils n'avaient sorti que 4 albums studio (et une compil best of en 2006). Débarqué dans les bacs en 1991, leur premier opus Blues lines se voulait influencé par le Hip Hop, apportant toutefois à ce style une dimension harmonique supplémentaire : le Trip Hop était né. 19 ans plus tard, cet opus et les trois qui suivirent n'ont pas pris un gramme de ride. Ce sont des références, des albums de chevet pour de nombreux autres artistes, reconnaissant le talent d'un groupe dont on ne tarit parfois pas assez d'éloges...

 

L'histoire de Massive Attack est parsemée de changements de line up. Ce fut d'abord un trio, qui devint ensuite duo, pour se réduire enfin au seul Robert Del Naja alias 3D sur le dernier album en date, 10.000th window. C'était en 2003, il s'agissait d'un sublime album sombre où les influences Hip Hop du début laissaient la place à des sonorités electro, plus brumeuses et lancinantes. Huit longues années plus tard, Heligoland marque le retour aux machines de Daddy G, ce grand noir ténébreux dont la voix est si grave qu'elle semble sortie d'un 45 tours de Barry White diffusé en vitesse 33 tours - cette comparaison étant à peine exagérée.

 

Parlons également des participations extérieures. Nombre d'artistes renommés ont au fil des années greffé leur voix sur les compositions du groupe, et non des moindres ; citons par ordre chronologique...

Shara Nelson, qui tenta une carrière solo après Blue Lines, sans trop de succès.

Horace Andy, reggae man humble et ancien, qui accompagne le groupe depuis sa naissance dans les studios de Bristol,

Tracey Thorn, une des plus belles voix anglaises de la fin du siècle dernier, surtout connue pour être celle du groupe Everything But The Girl,

Et Sinead O'Connor, l'Irlandaise rasée qu'on ne présente plus.

 

Heligoland, une des nouveautés les plus attendues de 2010, ne déroge pas à la règle. Au générique figurent les noms de Tunde Adepimbe (chanteur et leader du groupe New-Yorkais TV On The Radio), Martina Topley Bird (qui présente les premières parties de l'actuelle tournée de Massive Attack), mais surtout celui de Damon Albarn, monsieur Blur et Gorillaz. Bref, avec un palmarès aussi pesant et un casting aussi scintillant, on ne peut s'attendre qu'à un album resplendissant ! Et pourtant ...

 

Le retour de Daddy G apporte une tournure soul par rapport aux deux albums précédents. Hélas, ce qui est sensé être une évolution gangrène le disque. Privé du courant électronique qui faisait la beauté de 10,000th window, le style Massive Attack s'assagit, et en deviendrait presque ennuyeux. Aucune des dix chansons de l'album ne décolle réellement, l'ensemble se caractérisant par une surprenante timidité à laquelle le duo ne nous avait pas habitués. Les idées sont bonnes, l'originalité est bien au rendez-vous, mais bon sang, qu'est-ce que ça peut être calme ! Prenons la plage 3 en exemple, Splitting the Atom, que l'on penserait volontairement ralentie. La suivante, Girl I Love You, a tout ce qu'il faut pour faire trembler les murs, comme les Angel ou Risingson d'antan. Mais on sent une retenue, à croire qu'au moment de l'enregistrement, un nourrisson dormait dans la pièce d'à côté... ça manque cruellement de poivre et de peps.

 

Si l'épatant Horace Andy n'a rien perdu de sa superbe, la néophyte Martina Topley Bird ne possède pas le charisme vocal de Shara Nelson ou Tracy Thorn. Quant à Tunde Adepimbe et Damon Albarn, leur présence passe quasiment inaperçue ... ils n'apportent en tout cas aucune valeur ajoutée à l'album, les meilleurs morceaux étant interprêtés par 3D et Daddy G.

 

Intrinsèquement, Heligoland n'est pas mauvais. Mais de la part de tels mastodontes, c'est rudement décevant. Il ne fait en tout cas pas le poids face au reste de leur discographie, et comme chaque portée possède un maillon faible, gageons que celui-là ne passera pas l'hiver.



Massive Attack

Heligoland

Tarif : 4/10

 

Ecoutez:


Pray for rain

Girl I Love You

Paradise Circus

 

Redécouvrez:

 

Unfinished Sympathy (1991)

Angel (1998)

Teardrop (1998)

Butterfly Caught (2003)

 

15/01/2010

Concert - Où Est Le Swimming Pool, Atelier Luxembourg, jeudi 14 janvier 2010.

OELSP

 

Mais où est donc passé le Swimming Pool ?


C'est précisément la question que se sont posée les quelques résidents de l'Atelier présents ce jeudi soir, durant une bonne heure. Une petite heure de concert à peine, de fait, ça respire le jeune groupe à peine éclos, à juste titre. Ce band au nom pour le moins original est originaire d'Angleterre. Je ne vous réciterai pas leur biographie, ni ne vous donnerai la raison pour laquelle ils ont choisi ce patronyme peu commun, puisque je l'ignore moi-même - mais une rapide recherche sur un moteur du même qualificatif devrait vous apporter la réponse.

Sur laser, la musique proposée par ce quatuor se regroupe parmi d'autres bands electro pop tel La Roux ou Simian Mobile Disco. Veillez cependant à ajouter une dose conséquente d'influences eighties. Les mélodies synthétiques et répétitives, l'intonation des voix lors des couplets et refrains, mais aussi et surtout le look de leur claviériste  moustachu, tout droit sorti d'un épisode de l'inspecteur Derrick ... tout cela sent bon le Pet Shop Boys, l'Ultravox, le Heaven17, plus généralement la bonne electro pop du middle 80, ayant à peine dépassé la période New Wave d'un orteil. C'est assez paradoxal, compte tenu du look des deux chanteurs. Le premier, blondinet à la longue mèche ondulée par dessus son front, habillé par une chemise à carreaux délavée, fait plutôt songer à un chanteur de groupe rock teenage dans le style Blink 182 ou Sum 41. Le second, légèrement basané, mais pour le moins effeminé, au t-shirt moulant orné d'un décolleté plongeant sur ses côtes, semble quant à lui sortir d'un Pop Boys Band comme The Script ou ... The Script. Bref, s'il n'y avait le claviériste vieilli de quinze ans par les poils ornant le dessous de son nez, ce groupe n'aurait de vintage que sa musique.

Parlons-en, du clavier. Parlons également du second clavier posé à sa gauche. Et c'en sera tout de l'instrumentalisation. Cela sent le préparé à plein nez, et manque cruellement de spontanéité, mais c'est tellement commun auprès des groupes electro évoluant en live que cela en devient pardonnable. Hormis leur hochement de tête régulier, qu'ils stoppent évidemment entre chaque titre, les claviéristes sont pour le moins statiques. Le jeu de scène est donc la responsabilité des deux leaders vocaux, mais là, ça manque cruellement de structure. Ca se balade à gauche, à droite, ça chante sur une seule tonalité - lorsque ça chante réellement. On croirait réellement voir un groupe de lycéens à peine formé, oeuvrer devant ses camarades de classe lors d'un bal de fin d'année. La musique est entraînante, certes, mais simpliste et répétitive. Dans ce cadre, rien de tel pour ravir le public que de créér un univers au groupe, et d'en exposer les reflets de par des éclairages spéciaux, ou des moutures de décor fantasques et authentiques. Mais que d'alle... les jeux de spot sont on ne peut plus communs, et quant au décor, il est inexistant, et c'est vraiment dommage.

Tout cela part d'un bon sentiment. Les bandes studio sont plaisantes, bien que le groupe ne dispose réellement que de deux tubes accrocheurs. Par contre, la scène est à étoffer au plus vite. L'optimiste se dira qu'il s'agit là d'une conséquence de leur jeunesse et inexpérience, et c'est pour ces raisons que je vous invite tout de même à découvrir leurs compositions. Après tout, ils ne peuvent que progresser.

 

Où Est Le Swimming Pool

Jeudi 14 Janvier 2010, Atelier - Luxembourg.

Ecoutez


Dance the way I feel

These new knights


07/01/2010

Dernières écoutes - Jonsi & Alex - Riceboy Sleeps

Riceboy Sleeps


Grand adorateur de Sigur Ros, je me devais d'acquérir le premier opus solo de son charismatique chanteur Jón Birgisson. Pas si solo que ça, puisqu'il le signe en duo avec son ami Alex Somers (dont je ne vous ferai pas la biographie, vous laissant à ces fins vous débrouiller avec la toile).


Sorti en 2008, le dernier album du groupe mené par Jonssi se voulait plus "ouvert" aux oreilles continentales, peu habituées à ce style hors norme. Exit les longues envolées lyriques et féériques, pour privilégier le carré et le binaire, tout en restant fidèle au tracé musical de toujours. Il faut croire que l'expérimentalisme lui manquait très fort, à Jonssi... puisque Riceboy sleeps propulse l'auditeur dans les entrailles de Sigur Ros, le replongeant irrémédiablement dans les albums du début, comme Von pour ne citer que celui-là.

Annonçons-le sans détour : cette galette est aux antipodes de tout ce qui passe en radio, que l'onde soit commerciale ou underground. Cela pourrait même choquer les tympans habitués aux rythmes ordinaires. Plaçons le CD dans le lecteur, appuyons sur Play. Attendons la fin de l'introduction, jusqu'à ce que la chanson démarre. Attendons, attendons ... pour finalement nous rendre compte, au bout de sept minutes trente, qu'il ne s'agissait pas précisément d'une introduction, car tout le morceau est ainsi composé... il est dès lors très difficile de juger de la qualité de ce disque, puisqu'il ne plaira qu'à un public très restreint, défini par avance.

Pour chaque titre, la mélopée se chuchotte, décolle délicatement, monte encore plus haut, redescend doucement, avant que le cycle ne recommence. Plus matériellement, les sons sortent d'instruments divers, qu'ils soient à corde ou à vent, on n'en sait parfois trop rien. Des voix d'enfants ou de femmes viennent de temps à autre se greffer sur les douces et (très) longues mélodies. Mais elles ne prononcent jamais aucune parole, ni en anglais, ni en Vonlenska, langage usité du seul Jonsi. En effet, l'album est entièrement instrumental, et bien que monotone, terriblement apaisant.

Il y a quelque chose de divin et terrien à la fois. Comme si les dauphins s'étaient mis au solfège. C'est dans l'ensemble délicieusement harmonieux, mais l'on n'appréciera ce nectar musical que dans des contextes très précis : dans un bain ; sur une plage déserte ; dans les embouteillages, vitres fermées. Egalement lors d'une nuit d'insomnie : c'est parfait comme appeau à marchand de sable. A l'inverse, dans toute situation où la relaxation n'est pas de mise, c'est bien trop mou. Et basiquement, cela peut faire songer à une compilation intitulée "Restez zen au boulot", le genre qui s'empilent dans les bacs à 5 euro à l'entrée des Virgin Megastores. Qui n'en serait pas moins redoutablement efficace.

A découvrir pour les curieux, à prescrire pour les nerveux.

Jonsi & Alex

Riceboy sleeps

Tarif : 6/10

 

Ecoutez:

Happiness

Boy 1904

04/01/2010

Dernières écoutes - Bird Pen - ON OFF SAFETY DANGER

cover_birdpen

 

Nul ne vous pointera du doigt si vous avouez ne pas connaître le groupe que cet article va vous présenter. Birdpen existe pourtant depuis 2003, mais ce trio anglais n'avait fait qu'autoproduire une poignée d'EP, avant la sortie en 2009 de leur premier vrai album : ON - OFF - SAFETY - DANGER. Et l'on peut dire que l'attente en valait la peine, puisqu'il s'agit d'une franche réussite.

Le "hic" est que les influences du groupe se devinent sans trop de difficulté. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'en 2009, Birdpen a assuré quelques premières parties des concerts d'Archive... puisque les deux styles se confondent, parfois à s'y méprendre. Mais les ouïes fines parviendront à esquisser quelques nuances, et même à s'insurger contre d'éventuelles accusations de copycat. Car si on écoute bien, l'album et sa plage d'ouverture Breaking Precedent commenceraient plutôt comme de l'Interpol, pour continuer comme du Radiohead sur Airspace,... mais tout en gardant un fil directeur propre.

Comme vous l'aurez aisément deviné à la lecture des explications précédentes, il s'agit de post rock sombre, lancinant, mais jamais dépressif. Tout ça n'est pas du beau flambant neuf, poli à vous en faire refléter la pleine lune comme un phare, mais ça a tout de même le mérite d'être moins pixelisé qu'une copie screener. Si l'on retire ce seul défaut de "déjà entendu", c'est franchement excellent du début à la fin. On se laisse facilement envoûter par des morceaux comme Machines live like ordinary people ou Man on fire... même si tous les titres de l'album pourraient être cités en exemple.

Bien que manquant d'une franche dose d'originalité, ON - OFF - SAFETY - DANGER est un pastel au shaker du meilleur post rock de ces dix dernières années. Il mérite donc amplement sa place dans les étagères des amateurs du genre.

 


Bird Pen

ON - OFF - SAFETY - DANGER

Tarif : 8/10

 

Ecoutez

Breaking precedent

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03/01/2010

Dernières écoutes - Simian Mobile Disco - Temporary Pleasure

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Voici un album très sympathique, d'un groupe peu connu dans le monde de la musique électronique. Simian Mobile Disco est un duo anglais. Habitués aux remixes d'artistes comme Air, Klaxons, Peaches ou Tahiti80, ils nous proposent ici un album studio plein de fraîcheur, et qui donne terriblement envie de se remuer.

Les vocalises sont multiples, tantôt masculines, tantôt féminines.  Nombre de chanteurs renommés ont apporté leur voix sur cet album ; citons entre autres Beth Ditto (Gossip) sur Cruel Intentions, Alexis Taylor (Hot Chip) sur Bad Blood, ou de moins connus comme Chris Keating ou Gruff Rhys.

 

Les titres sont plein de vitalité, rappellent parfois des compositions à la Vitalic, ou puisent à d'autres moments leur inspiration dans des rythmes eighties. Quant aux sonorités, souvent mijotées à la sauce "club", elles n'en restent pas moins très diverses. Tout cela fait qu'à l'écoute de cet album, on ne s'ennuie à aucun moment. D'autant que cela demeure à la portée de toute oreille, plus ou moins affinée ou raffinée.

Temporary Pleasure est une excellente palette de ce qui se fait de mieux en musique électronique. A decouvrir sans plus attendre, si ce n'est pas encore fait !


Simian Mobile Disco

Temporary Pleasure

Tarif: 7/10

Ecoutez

Audacity of Huge

Cream Dream

Cruel Intentions