25/04/2010

Dernières écoutes - The Temper Trap - Conditions

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The Temper Trap provient d'Australie. Jouissant déjà d'une excellente renommée down under, ils commencent doucement à se faire entendre par chez nous. La preuve avec la sortie de leur premier album, Conditions. Le quatuor y déballe un rock alternatif, très mélodique, dans une atmosphère brumeuse qui lui donne beaucoup de saveur. La voix plaintive finit de baigner l'auditeur dans un climat pré-orageux, lourd et chargé. Tantôt calme sans tremper dans le mélodrame, tantôt excitée sans s'emporter dans des envolées lyriques à la Muse, leur musique est de celles qui s'installent immédiatement en tête. Qu'elle inspire l'angoisse ou la fièvre, l'émoi est toujours très fort.

L'album contient des tubes en puissance comme Sweet disposition ou Fader, mais plus généralement, aucun des dix titres ne fait tache sur le tableau. Des variations de style tout en finesse éloignent le risque de rengaine. Ainsi, le disque se termine sur le surprenant Drum Song, chanson tribale et instrumentale, comme pour dessiner une future suite à cet impeccable premier essai.

 

 

The Temper Trap

Conditions

Tarif : 7/10.

 

Ecoutez:


Love Lost

Sweet Disposition

Fader

 

The Temper Trap seront en concert à l'Atelier - Luxembourg le mardi 23 juin 2010. Ils seront également présents au Rock Werchter Festival le samedi 3 Juillet, sous la Pyramide Marquee.

18/04/2010

Dernières écoutes - James Yuill - Turning Down Water For Air

james yuill - turning down water from air

 


Voici un album parfait pour celles et ceux qui aiment la musique folk et la musique électronique, dans ce qu'elle peut avoir de plus léger. Balayez la tristesse sous le tapis, gardez à peine une once de mélancolie positive, mais surtout, oubliez le morbide et l'obscure. Turning down water for air de James Yuill est à placer dans la catégorie des albums joyeux.

Il débute par une plage d'introduction en guitare sèche, dans un style 100% folk. Ensuite, l'électronique s'empare du disque, et vient compléter l'acoustique. La guitare reste présente sur tous les morceaux, mais elle s'accompagne de mélodies douces et frivoles, tout droit sorties du laptop de James, et de sa voix de velours légèrement électronisée. Ça ressemble fort à Royksopp qui remixe les Kings of Convenience, et peut rappeller aux nostalgiques les albums d'un groupe appelé The Postal Service. C'est en tout cas parfaitement équilibré afin d'aérer la tête et les oreilles.

On se laisse volontiers emporter par le côté leste et planant de cet album. D'un point de vue plus terre à terre, admettons que c'est assez répétitif. La recette musicale ne varie pas d'un morceau à l'autre, et la voix monocorde n'aide pas à garder notre attention active jusqu'au douzième et dernier titre. Si cet album est vraiment très agréable, il ne parviendra toutefois pas à nous titiller en profondeur, assez que pour nous affecter. Par contre, c'est le disque idéal pour s'éventer le cerveau.



James Yuill

Turning Down Water for Air

Tarif : 6.5/10


 

Ecoutez:


This Sweet Love

No Surprise

 

15/04/2010

Dernières écoutes - Two Door Cinema Club - Tourist History

Two-Door-Cinema-Club-Tourist-History

 

A l'écoute de cet album nous vient une question primordiale : mais pourquoi n'est-ce pas cela qu'on entend à longueur de journée sur les ondes, à la place des irritants Black Eyed Peas ou de cette sotte de Lady Gaga ?

 

Bourgeon à peine éclos dans le printemps du rock, Two Door Cinema Club a tout pour percer au plus haut niveau. Une jeunesse pétillante, une innocence qui renforce leur spontanéité, mais surtout un sens du tube bien particulier. Carrée, rapide, leur musique est également dénuée de tout sentiment malsain. Le rythme imposé rappelle fortement Bloc Party, mais le positivisme ambiant et l'absence d'une réelle agressivité dans leurs compositions ramène l'atmosphère TDCC vers le pop rock à la Phoenix.

 

Autant vous prévenir d'entrée de jeu : cet album est addictif à l'extrême. Une fois installé sur la platine, il ne s'en délogera pas de sitôt ! De même, il possède de fortes vertus énergisantes, c'est le brumisateur de motivation que Fébrèze ne pourra jamais inventer. La bonne humeur nous envahit dès les premières minutes, de nulle part surgit une envie de se lever, de se secouer les orteils, de sautiller, mais aussi de passer la journée à faire une multitude de choses constructives.

 

Vu d'un angle musical, Tourist History est une réussite, un "album préféré" par excellence. Son seul défaut réside dans son côté légèrement stéréotypé et répétitif. Certes différentes les uns des autres, les titres qui s'enchainent sortent indéniablement dun même moule, et restent cloisonnés dans un style qui, bien que parfaitement maîtrisé, n'en demeure pas moins très étroit. Les oreilles exigeantes n'auraient pas refusé la présence d'un ou deux titres plus doux, plus mélos, ou plus profonds, histoire d'élargir le paysage et de nuancer cette course effrénée.

 

Qu'à cela ne tienne, Tourist History est un premier album à écouter sans modération, d'un groupe à suivre de très près !

 

 

Two Door Cinema Club

Tourist History

Tarif : 7,5/10

 

 

Ecoutez:

 

I can talk

Something good can work

What you know

11/04/2010

Mes albums cultes - Ghinzu - Blow

Ghinzu-BLOW

 

 

Au cours des années 90, le rock belge s'est peu à peu imposé sur la scène internationale comme un label de qualité. Au sommet de cete vague, des formations comme dEUS, K's Choice et Hooverphonic, montrèrent que le plat pays était capable d'exporter autre chose que la marmelade kitsch proposée jusque là par Plastic Bertrand, Benny B ou Soeur Sourire, qui à ce jour reste malgré tout la seule artiste belge à avoir atteint le sommet des Charts US - de quoi décrédibiliser tous ceux qui ont suivi ...

 

En 1999, au milieu du rugissement émis par ces grosses cylindrées, un petit groupe bruxellois nommé Ghinzu sort timidement son premier album. Salué par la critique, leur présence n'en reste pas moins très discrète... Il faudra attendre 2004, et la sortie de leur second opus, pour qu'ils explosent réellement, en Belgique d'abord, et très rapidement à l'étranger. Cet album s'intitule "Blow".

 

Il débute par une plage titulaire sombre, qui résulte en une montée en puissance orchestrée à la perfection. L'introduction se veut lourde, lente, tout droit sortie des limbes. Après deux bonnes minutes d'égarement, le pérénnité en est soudainement interrompue. Un rythme soutenu s'installe alors, accompagné par la voix de crooner du chanteur John Stargasm, et s'élevant de plus en plus jusqu'au refrain où, tout bonnement, la chanson explose. Voilà, en même pas cinq minutes, ils nous ont déjà retourné la tête...

 

Suite à ce premier titre qui mérite à lui seul la commande du CD en ligne, le groupe étale sa classe. Si Jet Sex nous fait planer dans les aires, Cockpit Inferno rétablit la gravité et précipite la chute. Quant à Do you read me?, single principal de l'album, c'est une de ces chansons rock qui s'installe en tête dès la première écoute.

 

Jusque là surprenante, la largeur de leur registre devient alors réellement impressionnante. Tout en gardant une ligne propre et directrice, Ghinzu enchaîne les styles opposés à la perfection. Le rock hardcore avec Til you faint ; le rock alternatif avec le somptueux Dragster Wave et sa légendaire tirade au piano, bien connue des fans ; le mélo romantique avec My sweet love, sur lequel des dizaines de couples ont dû se former, devant leur union à Stargasm et son clavier. High Voltage Queen met à la fête le pop rock et les changements de rythme. 21st Century's Crooners redonne le plaisir d'écouter des titres instrumentaux, et Mine nous replonge dans ce rock rapide et hurlant, qu'on croyait ne plsu être capable d'apprécier suite à la mort de notre adolescence. L'album se termine comme il a commencé, sur une note de douceur grinçante, avec le titre sans paroles Seaside friends.

 

Il est à noter que les copies exportées hors frontières furent sensiblement différentes des exemplaires vendus sur le marché belge. Pour ce qu'on devine être une question de marketing, la tête tranchée et le cou ensanglanté de Stargasm qui ornent la pochette furent remplacés par un tracé blanc sur fond noir, représentant deux têtes de chevaux entrelacées. Pour des raisons encore plus obscures (n'hésitez d'ailleurs pas à m'avertir si vous en connaissez la nature), la plage #4 Do you read me? se retrouve chez nos voisins en 2e position.

 

Avec seulement trois albums en plus de dix ans de carrière, Ghinzu soigne la qualité au détriment de la quantité. Illustration, convaincante s'il en est, de l'adage qui dit qu'il ne faut pas abuser des bonnes choses. Quoi qu'il en soit, tout qui aime le rock, rapide ou mélo, mais jamais ô grand jamais guimauve ou guilleret, ne pourra qu'apprécier le souffle qui procure cet opus, Blow. Loin des gros standards américains ou européens, il n'en reste objectivement pas moins un des meilleurs albums rock des deux dernières décennies.

 

 

Ghinzu

Blow

2004

 

 

Ecoutez:


Do you read me ?

The Dragster Wave

My Sweet Love

High Voltage Queen

 


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09/04/2010

Dernières écoutes - Jónsi - Go

jonsi


Artiste dans l'âme, Jónsi n'est pas homme à se reposer sur ses lauriers, ni à se reposer tout court d'ailleurs. Le dernier album de Sigur Rós ne date pas de deux ans, et les derniers exemplaires de son projet avec Alex Somers "Riceboy sleeps" évacuent à peine les bacs des disquaires. On pourrait légitimement s'attendre à ce qu'il prenne des vacances bien méritées, et à ne plus entendre parler de lui durant quelques mois. Pourtant, notre Islandais préféré est déjà de retour, avec un rojet cette fois 100% solo, sobrement intitulé "Go".


Décrire le style Sigur Rós s'avère être une tâche bien subjective, qui plus est, mille fois répétée. Disons simplement que ce nouveau projet Jonsíen se veut plus proche de leur dernier album, optimiste et standardisé, que de toute autre de ses compositions. Celui-là même dont la pochette était ornée d'un dessin représentant, vu de dos, un troupeau d'humains en tenue d'Adam, traversant une route campagnarde d'une foulée pleine d'entrain. Cette même pochette qui, par ailleurs, demeure tout à fait contextuelle pour le projet à peine éclos...


En effet, "Go" peut s'entendre comme une nette évolution vers un eden lyrique, enchanté et paradisiaque. Sans repositionner les frontières de son univers bien particulier, Jónsi met clairement de côté l'intense noirceur d'anciens albums comme "Ágætis Byrjun" ou "( )". L'Islandais est bien dans sa peau, et ça s'entend. Un peu trop, puisqu'ici, il ne s'agit ni plus ni moins que de noyer l'auditeur dans un bain de bonheur. En fermant les yeux, on s'imaginerait presque en plein ciel, gambadant allègrement dans les nuages parmi une multitude de petits lapins roses et sautillants.


Hors cliché, la qualité est toujours de mise. Avec sa voix fluette qui, pour une fois, s'articule principalement en anglais, et sa musicalité très large, Jónsi a décidément l'art de provoquer les émotions à sa guise, d'effleurer l'esprit là où il faut, pour déclencher le trouble. Toutefois, au sein de cet album certes réussi, on regrettera l'absence de titres plus sombres, dans la griffe de ceux qui, jadis, avaient impressionné le public continental. C'est ici la bande son parfaite d'un film qui s'intitulerait "Jónsi au pays des merveilles".


Quoi qu'il en soit, comme à l'habitude, les fans de musique expérimentale seront enchantés, et les autres n'y comprendront rien.


 

Jónsi

Go

Tarif : 6.5/10

 

 

Ecoutez:


Go Do

Animal Arithmetic


Jonsí sera en concert le samedi 29 mai à l'Ancienne Belgique de Bruxelles, et le dimanche 30 mai à l'Atelier de Luxembourg.

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01/04/2010

Concert - Blood Red Shoes, Atelier (Luxembourg), mardi 30 mars 2010

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En ce début de soirée, au vu de l'ambiance tamisée et du peu de personnes présentes, l'Atelier semble accueillir une fête d'anniversaire privée plutôt qu'un concert de rock.


Au milieu de cette salle, dans l'indifférence générale, une petite brune à la silhouette frêle tranche la foule éparse de sa démarche vive. Le passage lui est soudainement barré par trois garçon armés d'un appareil photo. Malgré son allure pressée et son air peu commode, Laura Mary Carter sourit et accepte de prendre la pause quelques secondes. Elle s'en va ensuite rejoindre Steven Ansell, son compère de Blood Red Shoes, qui boit une pinte devant la scène en attendant le début des festivités.


Pendant la première partie, comme tout quidam ayant payé sa place, le duo à l'affiche du soir profite du côté intimiste offert par l'Atelier pour se payer un bon concert en tant que spectateurs lambda. C'est qu'avec leur apparence ado-scolaire, ils passeraient presque inaperçus. De temps à autre, apostrophés par des fans, ils se prêtent volontiers au jeu de la célébrité en signant l'un ou l'autre t-shirt ou ticket de concert.


Si, en dehors des spots, leur simplicité témoigne en leur faveur, il en va de même sur scène. Une guitare, une batterie, et deux micros, les Blood Red Shoes n'ont pas besoin de plus pour énergiser la foule. Le contexte paraît simpliste, mais ne vous fiez pas aux apparences. Leur rock garage est bien envolé, et il s'en détache certaines mélodies accrocheuses qui rendent leur prestation terriblement efficace.


Laissant tomber son masque de jouvenceau, Ansell matraque sa batterie comme un diable tout en maintenant un rythme très soutenu du début à la fin. Quant à la jolie Carter, qu'on aurait bien dragué au coin du bar une heure plus tôt, elle fait preuve d'une présence impressionnante. Regard froid, sourire espiègle, avec dans les bras une guitare de prime abord bien volumineuse, elle donne tout son sens à la rengaine patriarche qui dit que l'habit ne fait pas le moine. Car en effet, quelques minutes de concert suffisent pour s'apercevoir qu'elle n'a rien d'une gamine, et encore moins d'une amatrice.


Charmeuse et flegmatique, son style s'impose immédiatement aux rétines spectactrices. Pas un mouvement n'est plus ample qu'un autre, son jeu de scène se limitant à de courts allers-retours entre son pied de micro et la batterie de son compère. L'énergie engendrée par leur musique est parfaitement canalisée, et se répercute sur un Atelier au public restreint, mais tout aussi bruyant que lorsqu'il est rempli.


A ce public conquis, le duo offrira une petite heure de show, temps suffisant pour faire tourner leurs deux albums. S'en suivra un rappel réclamé à plein poumons. Puis Steve et Laura Mary descendront de scène, terminant ainsi leur tournée, non sans s'arrêter sur le passage des loges pour signer les derniers autographes alors que, sur scène, la guitare de Carter crachera ses derniers rugissements.

 

 

Blood Red Shoes

Mardi 30 Mars 2010, Atelier - Luxembourg.