28/05/2010

Concert - Lostboy! aka Jim Kerr, Atelier (Luxembourg), Jeudi 27 mai 2010


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Il n'est jamais trop tard pour donner un nouvel élan à sa carrière ! Jim Kerr en est la parfaite démonstration. Plus de 30 ans après le premier album des Simple Minds, leur leader ose enfin se lancer dans un projet solo. Ce jeudi soir, il venait en présenter les fruits à l'Atelier de Luxembourg

 

Si son nouveau joujou de scène se nomme Lostboy, le sympathique Ecossais ne s'est pourtant pas trompé de route. Certes, la sauce exhale un fumet de déjà goûté, puisque le set ne ressemble pas moins à un nouvel album des Minds ... qu'un nouvel album des Minds. On y retrouve cette pop new wave aguicheuse, saupoudrée d'une once de mystère, à laquelle colle à merveille la voix fumée de Jim Kerr. A l'écoute de l'une ou l'autre chanson, les fans purs et durs croiront entendre les rejetons de Big Sleep ou autre King is white and in the crowd. Mais il y a du neuf : un peps groovy et énergique, qui apporte une saveur nouvelle et un souffle de fraicheur aux compositions de Kerr.

 

Sur scène, Jim Kerr reste le même. Le jeans lui collant à la peau, c'est en tenue de ville, et dénué de tout apparat, qu'il monte au créneau. Il gratifie ses fans de tous les catch-movements qui ornent sa panoplie : son pas chaloupé, ses bras levés pour haranguer le public, mais aussi ses génuflexions au bord de la scène. Son énergie se traduit par des capacités de sudation qui feraient pâlir Herbert Léonard de jalousie, mais qu'importe, cette simplicité lui va à merveille.

 

Après une heure dix et une douzaine de titres, le lostboy ne radinera pas sur le rappel : cinq chansons avant de se retirer, c'est bien plus que le minimum toléré. Et pas un seul classique des Minds, quel luxe ! Preuve en est si besoin que Kerr s'investit entièrement dans ce nouveau projet. Avec Lostboy, il s'offre une nouvelle jeunesse, à bientôt 51 ans accomplis.

 

Lostboy! aka Jim Kerr

Jeudi 27 mai 2010, Atelier - Luxembourg.

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20/05/2010

Concerts - Maximilian Hecker, Nuits Botanique, samedi 15 mai 2010

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Durant la deuxième semaine du mois de mai ont lieu les Nuits Botanique, un festival musical éclectique bien connu des mélomanes bruxellois. Parmi les salles qui accueillent les artistes, celle dite du Musée du Botanique frappe par sa non conformité. Ce n'est, en effet, pas une salle de concert à proprement parler. Quelque peu courte même si tracée en longueur, la pièce est surmontée d'une mezzanine. Au rez comme au balcon, baignant dans une atmosphère tamisée, sont déposées une bonne centaine de chaises de cantine. Seul le fond de la salle est éclairé par des spots, et pour délimiter la scène, on a placé là trois tapis d'orient. A cet endroit, à peine quatre mètres derrière la première rangée de chaises, trône un majestueux piano à cordes.

 

 

Maximilian Hecker se fond à merveille dans ce contexte intimiste. Seul au piano, il gratifie ses fans d'une prestation à nu, très intense par moments. Travaillant sans filet, il improvise sa set list au fur et à mesure, piochant hasardeusement parmi les titres de son répertoire. Qu'elle soit basse ou haut perchée, sa voix se marie aussi parfaitement que simplement avec les accords de piano. Bien sûr, ça n'est pas du classique, on est loin de l'étiquette "Concours Reine Elizabeth". Mais il n'en est pas moins remarquable que des mélodies dites "pop" s'avèrent être si classieuses.

 

 

Si la musique de Maximilian se qualifie sans peine d'intense et mélancolique, il en va différemment du personnage... Il prend la parole pour la première fois après vingt bonnes minutes, adressant au public une formule d'usage on ne peut plus banale : "Hi, my name is Maximilian Hecker, thank you for coming.". Puis après quelques secondes d'hésitation, il lance une question simple, mais on ne peut plus spontanée : "... do you want me to say something?". Aussi improvisées que sa set list, ses interventions parlées sont aux antipodes des phrases clichés, et dévoilent une spontanéité peu commune dans le monde de la scène. Maximilian s'exprime dans un anglais approximatif, nappé d'un accent trahissant ses origines germaniques. Hésitant, il lui arrive de suspendre ses paroles pour s'enfermer quelques secondes dans ses pensées, cherchant le mot adéquat à utiliser. Et lorsqu'il ne trouve pas, il se tourne tout simplement vers son clavier pour continuer le concert, privant ainsi son verbe de chute, sans que cela ne le perturbe. De même, ses tentatives d'humour tombent souvent à plat. L'oratoire n'est pas son violon d'Ingres, et il ne le cache pas : "I hate saying something, I prefer to sing." Preuve à l'appui, c'est lorsqu'il se plonge sur son piano qu'il est le plus à l'aise, et qu'il semble redevenir lui-même.

 

 

Apaisante, la prestation ne sera ternie que par les coups de basse provenant d'une salle voisine. De puissantes vibrations bien dommageables, empêchant les spectateurs de se plonger entièrement dans l'univers de Maximilian. Il coupera carrément le lancement d'une chanson, s'exclamant avec tout le flegme qui le caractérise : "Where is this bass drum coming from ? Ok, I know, it's a festival... but that's just freaking me out."

 

 

Fidèle à cette proximité, c'est lui-même qui vendra ses albums à la sortie de la salle après le concert, accueillant les fans venus à sa rencontre avec toujours autant de simplicité.

 

 

Maximilian Hecker

Musée du Botanique, samedi 15 mai 2010.

 

 

Ecoutez:

 


Kate Moss

Never-ending Days

The Space That You're in

You'll come home again

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16/05/2010

Dernières écoutes - Hot Chip - One Life Stand

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Sur ce quatrième album, les Anglais de Hot Chip ne renouvèlent pas vraiment ce qui fait jusqu'ici leur succès. Une musique électronique aux sonorités accrocheuses, tantôt disco, tantôt club, surmontée de la voix du leader Alexis Taylor, un timbre fluet et légèrement tremblant reconnaissable entre mille. Ajoutons des percussions variées et complètes, et des riffs de guitare discrets sur l'un ou l'autre refrain, pour obtenir un rythme incisif, qui donne irrémédiablement envie de se bouger le popotin. C'est d'ailleurs ce qui fait leur force sur scène, bien plus que sur album où leur puissance semble confinée, comme si le format laser était trop étroit que pour les laisser s'exprimer complètement. C'est en tout cas un groupe que je vous conseille vivement de voir en live, dès lors que le style vous accroche à l'écoute.

 

Si ce nouvel opus n'apporte aucune évolution du style par rapport aux précédents, sa musicalité très large ne provoque toutefois pas de lassitude. Il se peut que les titres se ressemblent tous à la première écoute, mais il suffit de l'écouter avec attention pour leur adjuger à chacun un potentiel émotionnel différent. C'est une espèce de démonstration musicale du Cheerleader effect ; toutes les pom-pom girls d'un groupe se ressemblent comme des jumelles, jusqu'à ce qu'on prenne la peine de les examiner une par une en détail. L'équation s'applique on ne peut mieux à un album de Hot Chip et à ses différents titres.

 

Malgré tout, si leur maîtrise des chansons électro pop ne fait aucun doute, il n'en va pas de même pour les titres plus lents. Au nombre d'une paire sur chaque album, les slows de Hot Chip sont d'une facture moins reluisante. Incomplets, voire parfois rasants, leur présence provient sans doute d'une volonté de casser le rythme, plutôt qu'à un véritable vœu de tendresse. Ce n'est sans doute pas un hasard si, d'un album à l'autre, ces titres ne sont jamais repris comme singles...

Qu'à cela ne tienne, One Life Stand est un album accompli, qui nous paraîtra consciencieusement fignolé si l'on prend la peine de s'y attarder.

 

 

Hot Chip

One Life Stand

Tarif: 6.5/10

 


Ecoutez:


I Feel Better

One Life Stand

 

Redécouvrez:

 

Over and Over (2006)

And I Was A Boy From School (2006)

Ready For The Floor (2008)

 


Concert - Zoot Woman, Rockhal, jeudi 6 mai 2010.

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Zoot Woman est l'une des multiples cordes que possède à son arc Stuart Price, un nom très influent de la dernière décennie. Sous le couvert de l'un ou l'autre pseudonyme, il a notamment remixé Starsailor, Coldplay ou Muse, et travaillé avec Madonna herself. Pourtant, le public a bien boudé la Rockhal en ce jeudi, puisqu'ils n'étaient qu'une grosse centaine à avoir fait le déplacement. Visiblement déçus de se tenir devant une salle à moitié vide, le trio britannique n'en a pas moins gratifié les fans présents d'une prestation remplie de classe, sobre en apparence, mais assez énergique que pour sublimer la majorité d'entre eux.

 

Le groupe a fait tourner la plupart des titres de son dernier album Things Are What They Used To Be, et bien sûr, ils n'ont pas privé les fans des anciens singles, parmi lesquels le noble et apaisant It's Automatic. Quant au jeu de scène, entre spots lights, petits pas en rythme et tenues légèrement old fashioned, il en était réduit à sa plus simple expression. Si sur album, le style Zoot Woman se caractérise par un son électro fleurant bon les années 80, la prestation live de ce jeudi s'est vue parfaite par une touche pop rock non négligeable. Sur scène, un seul et unique synthétiseur, complétant la combinaison usuelle guitare-basse-batterie. Le sampling était présent, mais uniquement dans un rôle de soutien. Ceci pour, fort logiquement, privilégier la spontanéité du direct.

 

Par son contexte, ce concert ne restera sans doute pas dans les anales de la Rockhal. Il n'en était pas moins un moment agréable pour les groupies, et une bonne découverte pour ceux qui ont pu se retrouver là par hasard.


 

Zoot Woman

Jeudi 6 mai, Rockhal, Belval (Luxembourg).

 

 

Ecoutez:


It's Automatic (2001)

Taken It All (2003)

Lonely By Your Side (2009)

 

 


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02/05/2010

Dernières écoutes - Delphic - Acolyte

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Groupe en provenance de Manchester, Delphic nous propose un album plutôt intéressant. Certains pourraient le classer dans l'electro rock, mais l'electro prime sur le rock plus souvent qu'à son tour. Bien que présentes, les guitares tiennent en effet un rôle très relatif, en retrait par rapport aux mélodies électroniques.  

 

Ces mélodies, qui s'isolent dans la tête en toute finesse, sont toujours appuyées par un rythme soutenu, mais relativement léger. De temps à autre, la voix est samplée pour former un instrument à part entière. Ne vous attendez pas à de quelconques chi-chis puisque le style s'imprime dès la première plage Clarion Call. D'autres titres comme Doubt ou Red light semblent davantage taillés pour la FM. Et si l'album garde la même ligne directrice, il n'en est pas moins varié. Plus loin, la plage titulaire Acolyte tient plus du post rock, tandis que Submission sent bon l'electro pop instaurée dans les années 80 par les Pet Shop Boys ou New Order. Quant à Halcyon et Counterpoint, elles s'aventurent vers des styles électroniques plus enfouis, comme la Goa chère aux clubs underground des années 90.

 

Sans inover, Acolyte possède au moins le mérite d'être un album complet. Certes difficile à classifier avec précision, tant le registre s'étend de la simple electro pop à des styles plus pointilleux. C'est parfois plânant, toujours entraînant, et jamais ennuyeux pour les adeptes de la musique électronique de toute époque. 

 

 

Delphic

Acolyte

Tarif : 6.5/10

 

 

Ecoutez:


Doubt

Counterpoint

 


Delphic sera présent le samedi 3 juillet au Rock Werchter Festival, sous la Pyramide Marquee.

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01/05/2010

Mes albums cultes - Union of Knives - Violence and Birdsong

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Derrière ce nom peu ordinaire, potentiellement sujet à toutes les interprétations, se cache un groupe originaire de Glasgow. Leur style se situe quelque part entre le trip hop et le rock electro industriel.

 

Autour de cette formation écossaise règne un vide de médiatisation, qui les laisse méconnus du grand public, et même de la plupart des connaisseurs. Jusqu'à présent, leurs passages dans nos contrées se comptent sur les doigts d'une main de personnage Simpson, tandis que leur discographie se limite à ce seul et unique album : Violence and Birdsong. Pourtant, sa qualité est indéniable. De simplement injuste, le manque de reconnaissance dont ils font l'objet en deviendrait presque frustrant.

 

Violence and Birdsong est une vraie figure de style. Il n'y a absolument rien à jeter sur cet album. Les arrangements, l'atmosphère, le cheminement et les transitions entre les titres, tout semble parfait pour tinter à l'oreille des amateurs du genre comme une cloche pavlovienne.

 

La plage qui ouvre l'album s'intitule Opposite direction. Des basse et batterie lourdes, au sonorités synthétiques, naissent un rythme imposant et lancinant. Les mélodies planantes, qu'elles proviennent d'une guitare ou d'une machine électronique, et les voix qui s'y entremêlent, masculine et féminine, peaufinent l'ensemble et y apportent une touche réellement savoureuse. L'atmosphère ainsi créée donne le ton au reste de l'album.

 

Entre sentiments positifs et négatifs, l'intensité ne diminuera pas d'un souffle. Si Opposite direction nous promène au dessus des nuages, des titres plus stressants comme Evil has never ou I decline imposent un style sombre, tendu, mais toujours aussi prenant. L'éclaircie survient avec Taste for Harmony, chanson pop rock à la touche glamour, qui débouche sur un sulfureux Lick Black Gold, où la basse vibrante et la voix susurrante donnent de véritables frissons - de quoi ressusciter des instincts primaires auprès de vieilles oreilles ménopausées.

 

Le style Union of Knives pourrait se définir comme un mariage entre IAMX et Massive Attack, moins explosif que les premiers mais plus soutenu que les seconds. Quiconque apprécie les groupes précités, ou d'autres comme Archive, Portishead ou The Big Pink, ne pourra qu'apprécier cet album à sa juste valeur. D'un point de vue personnel, je le place sans hésiter dans le top 3 de sa décennie.

 

 

Union of Knives

Violence & Birdsong

2006

 


Ecoutez:


Opposite direction

Evil has never

I Decline

Taste for Harmony

Lick Black Gold