29/09/2010

MGMT - Congratulations

 

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Fondé en 2002 par deux amis d'université, MGMT doit attendre 2008 pour exploser à la face du monde. Cette année-là, l'album Oracular Spectacular est accueilli par de nombreuses critiques comme la nouvelle bible du rock alternatif. Trois singles imparables se diffusent à foison sur tous les médias, et sont maintes fois utilisés comme supports de publicité, d'émissions TV, de jeux vidéo, et même dans les meetings politiques d'un certain parti de droite française - à l'insu du groupe, ce qui leur vaudra réparation devant la justice.

 

Considéré par beaucoup comme l'album de l'année 2008, il apporte au groupe un statut de référence, et fera de leurs furutres tournées un vaste champ de bataille où les connexions web les plus faibles resteront sur le carreau. A titre d'exemple, leur concert du 3 octobre prochain à l'Ancienne Belgique (Bruxelles) fut sold out en 12 minutes à peine. Cet impressionnant succès connait aujourd'hui une suite, intitulée Congratulations, dont l'écoute suscite pas mal de questions.

 

Ce nouvel album s'imprègne d'un style psyché emprunté aux seventies. L'instru répétitive permet d'arriver facilement au bout des neuf titres, où l'on approuve un résultat fort doux, très aéré, et relativement guilleret. Le gros problème de cet album, c'est son manque de consistance. Si son grand frère avait marqué les esprits de par ses tubes surpuissants, la griffe MGMT s'est évaporée, au profit d'une saveur dramatiquement insipide. Aucun des titres de Congratulations n'est réellement emballant, et leur enchaînement monotone ne provoque aucune surprise. Le tout est fade, voire inodore, et on ne peut rester que sur sa faim.

 

Oracular Spectacular n'était-il qu'un coup de chance ? Ne sera-t-il au bout du compte qu'une simple ligne de référence sur un CV moyen ? Il est en tout cas certain qu'en 2008, Congratulations n'aurait pas permis au groupe de sortir de l'anonymat, et de connaître ce qui reste, aujourd'hui et en attendant mieux, leur apogée.

 

MGMT

Congratulations

Tarif: 3/10

 

Ecoutez:

Flash Delirium

It's working

 

Redécouvrez:

Time to pretend

Electric Feel

Kids

 

28/09/2010

We Have Band - WHB

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De part sa diversité, il est bien difficile de définir le style de We Have Band. Par où commencer ?


Eclectique et disparate, cet album ne se limite pas à une ou deux saveurs bien précises. C'est au contraire un véritable plateau d'assortiments, que dis-je, un buffet!


A base d'ingrédients multiples (basses, tambours, riffs de guitare, mélodies synthétiques,...), le trio cuisine l'électro rock à plusieurs sauces. Que ce soit le Trip Hop tendre et fondant, le Gospel riche et velouté, ou le funk très épicé. Chaque morceau étant servi dans un plat de pop rock bien trempé, accompagné d'un mousseux au goût très pétillant. WHB vous offre un menu varié, chaleureux et entraînant, qui possède également ce petit côté mystérieux et addictif. Les fines bouches... pardon, les fines oreilles se resserviront, avec insatiabilité !


Quant à moi, c'est la dernière fois que j'écris une rubrique le ventre vide ...

 

We Have Band

WHB

Tarif: 6.5/10

 

Ecoutez:

 

Love, what you doing?

How to make friends

Centerfolds & empty screens

 

20/09/2010

Hurts - Happiness

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En voilà deux qui ont été bercés trop près du transistor...

 

Hurts est un duo anglais de synthpop. Sorti en ce mois de septembre, leur premier album s'intitule "Happiness", titre paradoxal puisque la pochette ne reflète pas vraiment le bonheur... Image délavée, couleurs tristes, têtes d'enterrement et moues cafardeuses, elle s'inspire au contraire d'une antipathie digne d'une pochette de 33tours de Michel Sardou.

 

L'écoute de cet album est frappante. Non pas par la finesse des compositions, mais surtout par son assimilation à une époque bien précise. Une pop musique glamour et prenante, des textes d'amour et d'espoir, des refrains emballants, le tout chanté par un beau gosse british au regard de braise, à la boucle d'oreille saillante et aux cheveux fraîchement gominés... aucun doute n'est permis, ce sont les Bros qui nous font un come back après plus de 20 ans!

 

En lui-même, l'album est sympathique, bien que légèrement assommant sur la fin. Mais le vrai problème, c'est que Hurts se sont carrément trompés d'époque. Nous ne sommes plus dans le simple registre de l' "influence eighties", ça va bien plus loin. "Wonderful life", le single phare de cet album, aurait sa place sur le Hit Connection 88 entre Rick Astley et Jason Donovan. Et pour le concours du slow de l'année, "Stay" concurrencerait Glenn Medeiros et son "Nothing's gonna change my love for you" !!

 

A l'évidence, ce Boys Band s'adresse à un public né dans les années 90, ignorant tout des modes musicales de la décennie précédente. Ceux-là même qui pensent fermement que Tokio Hotel a inventé le rock. Pour d'autres qui, comme moi, portaient déjà des culottes courtes en 1988, ces agréables mélodies formatées souffleront aux oreilles comme un vent de nostalgie. A quand remonte la dernière fois où vous avez entendu un solo de saxophone ?

 

Hurts

Happiness

Tarif: 5/10

 

Ecoutez:

 

Wonderful life

Stay

 

Cocorosie - Grey Oceans

 

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Dans la lignée de leurs précédents albums, celui-ci démontre que les soeurs Cassady, Coco et Rosie, se complaisent plus que jamais dans cet univers très particulier qui est le leur. Techniquement, elles façonnent leurs compositions à l'aide d'instruments variés, dont certains, objets du quotidien, jouets pour enfants, ne sont pas des instruments à proprement parler. La harpe, le violoncelle, les tambours, sont là pour respecter le côté professionnel de leur oeuvre. Ainsi naissent des compositions douces et théâtrales, qu'elles accompagnent de leurs chants si complémentaires. Soporifiques à la première écoute, ces airs expriments pourtant des sentiments très profonds. L'un après l'autre, ils forment un ensemble de musique organique, ornée d'un soupçon de mystique.

 

Grey Oceans peut être perçu comme un recueil de berceuses, et comptes musicaux pour adultes. Réservé à un public averti (comme on dit, "on aime ou on n'aime pas"), cet album s'écoute dans un contexte particulier, de préférence propice à la relaxation. Certains auront même l'impression, une fois l'album terminé, d'avoir consommé quelque substance narcotique... C'est pourquoi je vous déconseille de l'écouter en voiture, car le risque de fermer l'oeil est bien réel.

 

 

Cocorosie

Grey Oceans

Tarif: 6/10

 

Ecoutez:

 

Trinity's crying

Smokey taboo

 

 

 

16/09/2010

Crystal Castles - Crystal Castles II

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Chaque genre musical a son histoire propre.

 

La musique électronique voit le jour à Detroit, capitale mondiale de l'automobile, vers la fin des années 80. A cette époque, des DJ's anonymes s'amusent à façonner des ritournelles synthétiques, sur base des sons froids et métalliques qui représentent leur quotidien. Ainsi naissent les premières chansons "techno". Il ne faudra attendre qu'une paire d'années, et l'interdiction des rave parties clandestines imposée par le gouvernement Thatcher, pour que le genre explose littéralement à la surface du monde. Au fil du temps, l'électro va tracer sa route, se diversifiant dans une multitude de styles différentes. Aujourd'hui, il est rare que dans son œuvre, un groupe en revienne à cette genèse. C'est pourtant le cas de Crystal Castles.


"Crystal Castles 2010", "II",... appelez-le comme vous voudrez. Quoi qu'il en soit, cet album se situe aux antipodes de la pop music actuelle, formatée et radiophonique. Sa non-conformité donnerait presque la chair de poule. On y retrouve de l'électro sombre et soutenue, voire effrénée, comme elle l'était à ses premiers pas. Le duo canadien s'attaque aux racines de la musique électronique pure, faites de samples, et de sons industriels relativement simplistes mais terriblement efficaces. Sur cette base, la brune Alice Glass pose une voix tantôt douce, tantôt criarde, mais à ce point distorsionnée qu'il est impossible de distinguer la moindre parole. Globalement, les puristes auront l'impression de retrouver l'ambiance de leurs premières compils "Serious Beats" ou "House Party".


Surprenant, explosif, et complètement à contre-courant, l'album n'en contient pas moins quelques tubes. Le groupe possède ce talent de faire naître d'intenses compositions, à partir d'une instrumentation basique, parfois même désuète.


A découvrir d'urgence pour les fans d'électro underground.

 

 

Crystal Castles

Crystal Castles II

Tarif : 7/10

 

Ecoutez:

 

Celestica

Baptism

Year of Silence (produite sur un sample de Sigur Ros)

Vietnam

 

 

Crystal Castles seront en concert à la Rockhal (Luxembourg) le jeudi 21 octobre 2010.

10/09/2010

Arcade Fire - The Suburbs

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Plus que tout autre groupe, Arcade Fire fait l'objet d'une omertà imposée par la critique rock intellectuelle. Ce n'est pas pour rien si les "Inrockuptibles", magazine renommé s'il en est, ont désigné "Funeral", le premier opus des Québécois sorti en 2004, comme meilleure album de la dernière décennie. C'était dans leur édition spéciale "Les 100 meilleurs albums des années 2000", classement qui, soit dit en passant, comprenait également des galettes de Diam's ou Booba... veuillez traduire ces points de suspension par une adéquate quinte de toux.

 

Arcade Fire est au rock ce que les frères Dardenne sont au cinéma : vous avez le droit de ne pas aimer, mais dites-le en public et vous passerez pour un inculte, voire un demeuré. De même, cette parole osée altèrera la valeur de vos jugements à venir auprès de ceux qui vous auront entendu. Car depuis ce fameux Funeral, il ne fait pas bon parler en mal d'Arcade Fire. Me positionnant loin de cette aristocratie vindicative, c'est avec mes oreilles de simple amateur de bonne musique que j'ai écouté avec attention leur dernier album, The Suburbs. Car au-delà de toutes ces considérations subjectives, Arcade Fire n'en est pas moins un groupe marquant, et talentueux.

 

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les Montréalais aiment le travail bien fait. On sent que cet album est peaufiné jusqu'au moindre détail. Et avec 16 chansons sur la playlist, on pourrait voir là un véritable Best Of. Vaste est la musicalité, varié est le rythme, profondes sont les compositions. Nous avons affaire à un authentique récital de rock indépendant. Ni la seconde, ni la troisième écoute, ne m'ont permis de déceler un défaut, quelque chose qui ne collait pas à l'ensemble.


Si la structure est étincelante, la finition en devient cependant trop lisse. The Suburbs est un excellent album, certes, mais à ce point verni, lustré, et présenté sous son meilleur jour, qu'il ne provoque aucune surprise d'un titre à l'autre. Il pourra, par moments, nous faire décoller, sans toutefois parvenir à nous catapulter au dessus des nuages. Finalement, c'est comme sortir avec une fille de rêve : on s'attend tellement à la perfection, qu'on ne peut qu'être déçu. A la longue, ça en deviendrait presque ennuyeux.

 

Arcade Fire

The Suburbs

Tarif: 7/10


Ecoutez

 

We used to wait

The Suburbs

Modern Man

Rococo


Sarah Blasko - As Day Follows Night

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Sur scène ou sur pochette, un minois angélique peut de prime abord refléter une certaine niaiserie musicale. Le cas échéant, on qualifiera l'artiste et son œuvre à l'aide de termes peu élogieux, souvent formés de doubles syllabes, comme "gnan-gnan" ou "cul-cul" pour ne citer que ceux-là. Je ne serai pas fourbe au point de vous citer l'un ou l'autre exemple concret (surtout pas celui d'une chanteuse blonde, québécoise, et amatrice de tatouages). Non, cette introduction n'a pour but que d'attirer votre attention sur le fait que parfois, les taches de rousseur ne font pas forcément l'innocence.
            

     
Artiste complète, la jolie Sarah Blasko nous arrive de Sydney, où elle mène une carrière solo depuis 2002. Elle se fait très discrète par chez nous... et c'est bien dommage, car pour un album qui ne paie pas de mine, As Day Follows Night est une agréable surprise! Du premier au dernier titre, la recette reste la même: Sarah pose sa voix pure sur une orchestration suave, faite de guitares, de violons, et d'une poignée de sons électroniques adéquats. Si l'album s'imprègne d'un rythme posé, et parfois lourd, la variété des compositions, et l'émotion dégagée par la chanteuse, permettent à l'ensemble de ne pas tomber dans le marasme. Certaines chansons comme All I Want sont de petits bijoux.            

 

As Day Follows Night possède un côté touchant qui peut par moments faire penser à l'album "The reminder" de Feist, un modèle du genre. A prescrire pour les fans de musique apaisante!

     


Sarah Blasko

As Day Follows Night

Tarif: 6.5/10



Ecoutez:

 

All I Want

Bird on a wire

Sleeper Awake