26/10/2010

Birdpen @ Le Tipi (Liège), dimanche 24 octobre 2010

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Vue de l'extérieur, le Tipi est une petite salle discrète, qui ne paie réellement pas de mine. L'énorme grille de fer qui en garde l'entrée aurait même de quoi décourager les moins curieux. Au-dedans, l'endroit prend des allures de crypte avec ses mornes briques, ses escaliers entortillés, son ambiance tamisée et sa décoration suffisante. Derrière la minuscule scène, où ni barrière ni sorteur ne sépare les artistes de leur public, se dresse un drapeau à l'effigie du groupe de ce soir : un corbeau blanc, juché sur une antenne parabolique grillagée. Le contexte est parfait pour accueillir les anglais de Birdpen, qui en ce dimanche sont venus se perdre dans le quartier bien typique de la rue Roture, à Liège. Méconnu du grand public, ce projet parallèle à Archive n'a toutefois pas de quoi rougir de respect face à leurs grands frères. Dans une acoustique pas toujours parfaite, ils ont offert au Tipi une prestation pleine de classe et de sobriété.

 

Birdpen n'est pas un groupe qui joue avant tout pour son cachet. Telle évidence ne tient pas seulement dans les dix euro demandés à l'entrée, ni dans la capacité de la salle, guère plus spacieuse que le café d'en face. Cela se remarque surtout dans leur attitude. Tout du long, le chanteur David Penney reste profondément plongé dans son art, et n'interrompt son apnée que pour remercier la foule entre chaque chanson. Si la lead guitar de Mike Bird et la basse... du bassiste se font discrètes en matière de show, on ne reste toutefois pas de marbre devant la jovialité du batteur James Seagull, qui constraste avec le style musical diffusé. Tous les quatre inspirent le naturel et la pondération, qualités indispensables pour parfaire une ambiance intimiste. Ils suffisent également à l'orchestration, qui n'est complétée que par un soupçon de sampling.

 

Si les nuages noirs avaient pris leur congé, laissant au sec les pavés de la rue Roture, le climat du concert était pourtant bien à l'orage. Chargé de mélancolie, le rock de Birdpen peut demeurer calme, et d'un seul coup s'envoler dans une bourrasque poussive. Quelle que soit la lourdeur des décibels, l'intensité dégagée ne faiblit pas d'un beaufort. La musicalité variée et les différents échelons de puissance bannissent la monotonie de la scène, et ce malgré la faible amplitude des changements de rythme - pour ainsi dire inexistants. La voix houleuse de David Penney vient couronner cette remarquable orchestration, qui ne laisse aucune place à la dissonance. Il fallut pourtant quelques titres pour que se dissipe le brouhaha ambiant. Mais au final, même ceux qui devaient leur présence à l'abordabilité de l'entrée, ou à la proximité géographique des lieux, finirent par être convaincus, dès lors que le premier rappel acoustique s'effectuait sans le moindre chuchotement.

 

Outre cette excellente teneur, et au-delà du talent de ce groupe au grand potentiel, cette soirée apportait également la preuve que les meilleurs concerts ne sont pas forcément les plus grandioses. Pour plus d'information, je vous invite à (re)lire la chronique que j'avais faite de leur album ON - OFF - SAFETY - DANGER en début d'année.

 

 

Birdpen 

Le Tipi, Liège

Dimanche 24 octobre 2010 

 

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19/10/2010

The Magic Numbers - The Runaway

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Issus d'un quartier quelconque de Londres, les Magic Numbers pourraient très bien être vos voisins. C'est certainement lors de l'une ou l'autre fête de quartier qu'ils jouèrent jadis leur premier concert, devant une foule de 20 personnes, qui étaient là avant tout pour le vin et le barbecue. Quoi qu'il en soit, les tournées suivantes eurent lieu dans des endroits légèrement plus éloignés que le bar du coin, en compagnie de références comme Travis et Snow Patrol. Preuve est faite que commencer le rock entre voisins peut parfois réellement déboucher sur quelque chose de concret.

 

Sur The Runaway, les fratries Gannon & Stodart proposent un rock de genre "indie" aux influences multiples. Si l'on barbotte du début à la fin dans cette mare Flower Power, le style varie cependant d'un titre à l'autre, et tout est mis en place pour éviter la monotonie. Tout au long de cet album musicalement complet, les assimilations se parsèment entre Beatles (dans leur période Sgt Pepper), Neil Young, Grizzly Bear, Fleet Foxes ou même Fleetwood Mac pour les parties vocales féminines. Entre des morceaux aérés, d'autres plus intimistes, mais toujours touchants et profonds, The Runaway a tout d'un album "coup de coeur". C'est en tout cas fort convaincant, pour un groupe qui reste étrangement fort méconnu.



The Magic Numbers

The Runaway

Tarif: 7/10



Ecoutez:


The Pulse

Restless River 

Throwing my heart away (live session)

 

14/10/2010

The National - High Violet

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Ne vous fiez pas à la couleur renseignée sur la pochette : cet album est bien plus noir qu'il n'est réellement violet. On peut affirmer, sans être péjorant, que High Violet est en fait l'album cafardeux de l'année. Ce ton est imposé dès la première plage, par une voix grave et solenelle, aidée d'un style musical doux, imposant, et très carré. Par ces armes et leur talent, le groupe de Cincinnati réussit l'exploit de nous plonger dans une atmosphère profonde et très intense, sans jamais nous laisser sombrer dans la léthargie.

 

Toutefois, si le genre de cet album est bien du post rock, l'ambiance peut parfois tremper dans le post mortem. Après écoute, on éprouve quelque difficulté à imaginer les membres de The National en chemise hawaïenne, dans leur jardin, autour du barbecue du dimanche midi... Cet aspect morbide vient quelque peu ternir un album touchant, envoûtant à plus d'un titre, et donc malgré tout réussi.

 

The National

High Violet

Tarif: 7/10

 

Ecoutez:


A Little Faith

Anyone's ghost

Sorrow

 

06/10/2010

MGMT @ Ancienne Belgique, dimanche 3 octobre 2010

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MGMT plait-il vraiment autant qu'il attise la curiosité ? Cette question reste plus que jamais posée après leur prestation de ce 3 octobre à l'Ancienne Belgique. Car bien que marqué au fer blanc du sigle "à ne pas rater", ce concert n'avait, en soi, rien d'exceptionnel. On pourrait le définir, simplement, comme un récital de rock alternatif amèrement inachevé.

 

Musicalement au point, les New-Yorkais distillèrent un rock certes aéré, mais qui ne parvint jamais à décoller, pour de multiples raisons. Un jeu de scène relativement statique, une présence vocale très discrète. Un cruel manque de spontanéité dans l'interprétation des morceaux, digne d'une écoute sur platine. Un enchaînement complètement absent, chaque chanson étant séparée de la suivante par une salve de cris et applaudissements soutenus, dont on peut mettre la légitimité en doute au vu du résultat final. L'absence totale de surprises, ou de moments de vraie émotion, tout au long d'une prestation certes avenante, mais ne réussissant pas à créer un fil conducteur, sorte de haricot géant qui aurait permis aux spectateurs de grimper jusqu'à l'état de lévitation. Et que penser de l'interprétation du tube Kids, avec cette scène vide des musiciens et cette bande instrumentale tournant en fond sonore ... n'ayons pas peur des mots, ce genre de live est bon pour Bernard Minet. On est en droit d'attendre mieux d'un groupe qui remplit l'AB en moins d'un quart d'heure.

 

Pour celles et ceux qui n'en attendaient rien de spécial, ce concert fut certainement sympathique, et divertissant. Quant aux autres, amateurs de bonnes sensations musicales, ils n'ont pu que ressortir déçus. A moins d'avoir eu le gosier partiellement étanché grâce à la première partie, assurée avec brio par les Dum Dum Girls.

 

MGMT @ Ancienne Belgique, dimanche 3 octobre 2010.

 

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