02/11/2010

Crystal Castles @ Rockhal, mercredi 27 octobre 2010

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Peu importe où ils se produisent, les Crystal Castles ont la faculté de transformer une salle de concert en cave de rave party clandestine. Ce jeudi, ce fut le tour de la Rockhal. Habituellement pondéré, le public luxembourgeois s'est carrément dissipé sous la cadence imposée par le duo canadien.

 

Musicalement, il ne s'agit ni plus ni moins que de rythmes électroniques binaires, sortis d'appareils peu sophistiqués, dont le niveau de technologie n'a visiblement rien à envier à un four à micro-ondes. La présence d'une batterie sur scène nuance toutefois cette orchestration basique, mais qu'importe, car à moins d'être très mal renseigné - et ça serait vraiment pas de chance, on ne va pas voir Crystal Castles pour être touché par de profondes envolées lyriques.

 

En live, cette musique fuse une puissante énergie, qui s'empare de toutes les paires de bras et de jambes se trouvant à portée. En dose d'une heure, cette médecine de purgation équivaut à deux semaines de salle de sport. Pour ce qui est du show, c'est vers la chanteuse Alice Glass qu'il faut tourner les yeux. Son visage se distingue difficilement, notamment à cause des spots qui mitraillent la salle d'incessants et aveuglants éclairs stroboscopiques, mais surtout parce qu'il semble dénué de tout trait. N'en ressort qu'un teint blafard qui, ajouté à un tour de taille squelettique et une tenue uniformément sombre, donne à la chanteuse une allure de zombie.

 

Sur scène, Alice joue la junkie shottée à l'adrénaline. Collant le micro sur sa bouche, elle lance dans le vide ses grands yeux à moitié révulsés, qui pleurent leur rimmel sur ses joues creuses. Quand elle ne chante pas, elle danse en agitant sa frêle silhouette de mouvements saccadés et chaotiques. On l'imagine plutôt mignonne dans la vie de tous les jours... mais sur scène, son aspect de morte-vivante possédée aurait de quoi traumatiser à vie une classe de maternelle... Plusieurs fois durant le concert, Alice se hisse au sommet des barrières, et se laisse porter par les premières rangées. Aux mains baladeuses, elle répond par de violents coups de pied, ou de micro. Et s'il lui arrive de se vautrer par terre, elle se relève comme si de rien n'était, ne cessant jamais de piailler dans son micro. Derrière cette forcenée d'apparence chétive, les autres membres du groupe paraissent bien transparents.

 

Le concert durera à peine plus d'une heure. Soit le temps qu'il aura fallu à Ethan Kath et Alice Glass pour pointer leur nez sur scène, après la fin de la première partie. Mais l'attente fut récompensée de belle manière, par un moment de furieuse exaltation. Au final, le public aura pris en pleine face ce qu'il était venu chercher.

 

 

Crystal Castles

Rockhal, Belval (Luxembourg)

Mercredi 27 Octobre 2010

 

 

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