21/01/2011

White Lies - Ritual

White-Lies-Ritual.jpg

 

Révélés par un Debut Album au rock profondément sombre, les White Lies connurent en 2009 un succès immédiat, faisant d'eux les dignes héritiers de Joy Division, les maîtres absolus du genre. Le piège eut été de se confiner à ce remarquable essai, et de produire un second opus calqué sur le premier. C'eut été programmer pour leur carrière un enterrement digne de certains de leurs textes.

 

Très convaincant, "To lose my life" dénotait un style aussi solide que prometteur. Sur Ritual, le quatuor londonien aiguise sa redoutable griffe. Explorant davantage de sonorités New Wave, ils ouvrent leurs influences à d'autres groupes anglais de cette période, comme The Cure ou The Stranglers. Si la base reste enracinée dans le rock sombre et froid, il en résulte tout de même une fine, et non moins appréciable, évolution de style. La voix du chanteur Harry Mc Veigh évolue. Grave tant au sens musical qu'émotionnel du terme, elle gagne en puissance, et s'empare des rennes de cette dépressive dramaturge. Mais loin de nous assujettir à un état d'accablement, elle donne aux compositions une dimension énergique de poids.

 

Malgré un premier single punchy, intitulé "Bigger Than Us", qui se place dans la lignée du premier album, Ritual est globalement moins envolé, subtilement plus posé, mais tout aussi varié que son prédécesseur. En témoignent les effets électroniques qui nappent l'un ou l'autre titre, leur procurant une touche plus claire, légèrement plus Pop. Pour le reste, cet album de la confirmation contient également son lot de titres accrocheurs, des tubes en puissance affirmant le potentiel d'un groupe aussi inspiré que talentueux. Les White Lies sont définitivement lâchés, Interpol n'a qu'à bien se tenir !

 

 

White Lies

Ritual

Tarif: 8/10

 

Ecoutez

 

Bigger Than Us

Strangers

Holy Ghost

 

Stromae - Cheese

stromae - cheese.jpg

 

Je n'ai pas l'habitude de m'intéresser aux grosses cylindrées commerciales. L'heure est à l'exception, et je considère que celle-ci en vaut la peine.

 

Car derrière l'énorme succès, il y a l'individu dans toute sa simplicité. Pas vraiment la gueule de la superstar, et jamais un mot plus haut que l'autre à l'interview. Jadis travailleur dans l'ombre, fournisseur de bandes-son, à une époque où vous l'avez peut-être remercié sans le regarder, alors qu'il vous tenait la porte de l'ascenseur. C'est ce tempérament humain, les pieds au sol, qui permet aux esprits critiques d'écouter son album sans se noyer dans l'image fantasque d'un personnage que serait créé de toute pièce.

 

Les sons utilisés ont déjà été entendus maintes et maintes fois, mais ses talents d'assembleur sont indéniables. Il bidouille, renifle une piste, la suite, et use de son flair pour dénicher le tube. Il ne cherche pas à en faire trop, du moment que le beat et la mélodie swingent, accrochent l'oreille. On ne sait pas trop s'il slamme, rappe ou chante, c'est en même temps un peu de tout et aucun des trois. C'est cependant cette voix, ornée d'une tinte dramatique, et collant parfaitement à la détresse de certains textes, qui donne à cet album un aspect authentique.

 

Globalement, son style est passe-partout, et s'adopte avec une facilité déconcertante. Paradoxalement entier et populaire à la fois, il a le mérite d'exister, peut-être même d'ouvrir la voie à un nouveau genre de culture musicale. A moins qu'il ne succombe bientôt aux sirènes du star system, et que l'image n'emporte sa créativité au détriment du son.

 

 

Stromae

Cheese

Tarif: 6/10

 

Ecoutez:

Je cours

 

18/01/2011

Chemical Brothers @ Rockhal, jeudi 13 janvier 2011

Photo-0032.jpg

 

On aurait pu trouver pire comme premier concert de l'année... Ce jeudi 13 janvier, les Chemical Brothers se sont emparés de la Rockhal d'Esch-sur-Alzette, prodiguant un show d'un niveau purificatoire rarement atteint en terre luxembourgeoise.

 

Malgré un tel poids sur l'affiche, la grande salle de Belval n'affichait pas comble. Gageons qu'en cette saison, le peuple festif hiberne plus que de coutume. Ca n'en laissa que plus de place aux petits futés ayant eu la bonne idée de faire le déplacement, l'absence de confinement permettant à tout un chacun de profiter de l'instant sous les meilleurs auspices.

 

Sur scène, le duo mancunien allie efficacité musical et visuelle. La partie musicale, c'est un mix maison de deux bonnes heures, concocté avec des morceaux choisis à bon escient parmi leur volumineuse discographie. Temps pour les fans de se régaler, et pour les non initiés de mettre un nom sur quelques tubes intemporels ancrés dans la mémoire collective. Mais jouir d'un viver de perles n'est pas tout ; encore faut-il les utiliser à bon escient. Là, les frères chimiques nous rappellent qu'avant d'effectuer plusieurs tours du monde, ils usaient de leur doigté sur les platines des premiers clubs underground du Royaume. Ainsi, le mix nous transmet tour à tour une kyrielle d'émotions, sans jamais baisser d'intensité, si ce n'est au moment de marquer une pause avant de lancer les rappels.

 

On peut s'interroger sur la spontanéité véritable de ces enchaînements, d'autant plus si l'on considère l'aspect visuel du concert. Ce ne sont certainement pas les deux artistes qui, à l'ombre de leur console, monopolisent les regards. Mais plutôt ce gigantesque écran digital qui, tout au long du show, diffuse des images de synthèse parfaitement synchronisées avec les voix et les rythmes diffusés par les machines. Se succèdent, entre autres, des silhouettes multicolores qui dansent, courent, ou plongent dans un interminable vide. Une momie fluorescente, perdue dans une gigue saccadée. Ou encore cette effrayante tête de clown psychopathe, rappelant le spectre mangeur d'enfants imaginé par Stephen King dans l'un de ses romans.

 

Aidée par ces effets visuels et la taille imposante du panneau qui les fait vivre, l'électro enivrante des Chemical épure de toute tension quotidienne. L'effet est garanti, cela même si la suite musicale peut manquer de franchise.

 

 

Chemical Brothers

Rockhal, Esch-sur-Alzette

Jeudi 13 janvier 2011

 

 

14/01/2011

Unkle - Where Did The Night Fall

unkle where did.jpg

 

Voici un band dont il est bien difficile de lister la discographie. Collectif expérimental comme seule l'Angleterre peut en voir germer, UNKLE a sorti au cours de son existence une multitude d'EPS, singles, anthologies, recueils de remixes, au sein desquels on peine à désigner les albums certifiés. Leur Line Up officiel, l'origine de leurs samplings, et même la date de leurs débuts, sont autant d'éléments tout aussi abstraits. Cette atmosphère floue qui entoure la formation londonienne colle parfaitement à sa musique. Chaque album se pare d'une aura mystérieuse et imperceptiblement attirante, même si la tournure de style varie de l'un à l'autre.

 

Le dernier né, Where Did The Night Fall, mélange les genres Trip Hop et Post Punk. Construit sur des mélodies sombres, dominées par les basses, il s'orne d'un ensemble varié de sons froids, qui diffusent tout au long de l'écoute une atmosphère glacée et embrumée. Chaque titre possède sa propre recette de composition, cet aspect nuancé étant caractérisé par les voix et leurs effets, différents de l'un à l'autre. Cette large exploration d'un même univers musical fait de Where Did The Night Fall un album imprévisible, intemporel, tout simplement bon, qui charmera les fans de déprime cathartique.

 

 

UNKLE

Where Did The Night Fall

Tarif: 7/10

 

 

Ecoutez:

Follow me down

Natural selection