21/02/2011

Hercules and Love Affair - Blues Songs

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Deuxième album du groupe Hercules and Love Affair, Blue Songs est une déclinaison en 11 titres du thème de S Express. Les New Yorkais nous replongent 22 ans en arrière, dans cette période de transition entre la New Beat (aujourd'hui plus si new que ça) et la vraie House Music. Tous les ingrédients de cette dernière sont présents, des voix soul aux sonorités très club, sans oublier le beat en frisé, "boum tschik boum tschik", de temps à autre décalé pour ajouter une dose de groove. Voilà plus que jamais un son qui donne envie d'enfiler un pantalon moulant, un bandana fluo, et d'aller remuer son popotin sur une piste aux pavés qui clignotent.

 

Si le début de cet album se pare de l'un ou l'autre titre aguicheur, l'ensemble apparaît comme une boucle quelque peu flasque. Il manque ce petit peps, cette légère touche funky, apte à ensoleiller cette atmosphère bien enfumée. Difficile, donc, de rester attentif jusqu'au bout, si l'on est pas fan de vrai clubbing. A noter, pour clôturer le disque, une reprise faussement sensuelle de "It's Alright" des Pet Shop Boys (dont le niveau n'atteint pas celui de l'originale) ainsi que le titre "I can't wait" qui fera douter les fans de Bloc Party... Je leur en laisse la surprise.

 

 

Hercules and Love Affair

Blue Songs

Tarif: 5.5/10

 

 

Ecoutez:

 

Painted Eyes

My House


18/02/2011

James Blake

 

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Certains silences sont d'or. Cette locution, James Blake l'applique à merveille sur son premier album éponyme.


Ce Mac Gyver de l'electronica parvient à créer des compos très fines à partir d'une orchestration des plus minimalistes.  Parfaitement dosées, les instrus laissent filtrer un calme enivrant, sujet à une appréciation  aussi large que personnelle.   Quant au rythme, il demeure placide comme une pendule. On est en plein dans la vraie gastronomie musicale. Le style ambient est propre, et rappelle par moments l'univers particulier de Portishead, la tension en moins.

 

L'ensemble est réellement fascinant. On se laisse emporter très facilement, même si à de courts moments, cette surprenante musicalité peut parfois se déchausser, voire casser les oreilles. Ces épars instants de disgrâce ne viennent, en rien, gâcher un album remarquable à plus d'un titre.

 

 

James Blake

Album éponyme

Tarif: 7.5/10

 

 

Ecoutez:

 

The Wilhelm Scream

Limit to your love

14/02/2011

Anna Calvi

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Anna Calvi, c'est l'histoire d'une arrivée en fanfare. Nous ne sommes qu'en février, et certains voient déjà en cette Anglaise la révélation de l'année. Fortement remarqué, son premier album est-il pour autant remarquable ?

 

Leader du groupe qui porte son nom, Anna a également baptisé son album de son patronyme. La demoiselle ne doit guère douter de son ego. Reconnaissons-lui un registre vocal aussi large qu'impressionnant. Sa musique, mélange glamour entre rock, blues et jazz, n'en est pas moins séduisante. Mais c'est véritablement cette voix, à la fois charmeuse et envoûtante, qui apporte une consistance à ce LP. Le hic ? C'est le rythme imposé du début à la fin, sorte de balancement flegmatique presque aussi inamovible qu'un métronome. C'est aussi cette porte ouverte aux assimilations de style, où se faufilent des courants d'air au creux desquels on croit parfois entendre P.J.Harvey ou Chrissie Hynde. Deux aspects venant quelque peu déparer ce debut album, malgré tout rempli de classe.

 

 

Anna Calvi

Album éponyme

Tarif: 6.5/10

 

 

Ecoutez:

No more words

Suzanne and I

 

03/02/2011

Suivez le fil - 2010: séance de rattrapage

 

On voudrait parfois disposer de 48 heures par jour. A défaut de pouvoir tout écouter en temps et en heure, je vous propose une petite séance de rattrapage sur cinq albums de l'année dernière. Oui je sais, il en restera encore... 


 

Matthew Dear - Black City

Matthew Dear.jpgUn éventail de mélodies électroniques glacées, mais bien pondues, insuffle à Black City une atmosphère très particulière. Hélas, le côté ultra répétitif et le manque de rythme en font un album relativement lourd. La partie vocale semi-lymphatique, mélange parfait entre Tunde Adebimpe (TV On The Radio) et Vincent Delerm, peaufine le manque de carthasis. Dommage, car l'intention était bonne.

 

 

Tarif : 5/10

Ecoutez: Honey

 

 


Brisa Roché  -  All Right Now

BrisaRoché.jpgSèche et pincée, la voix de Brisa possède ce côté intrusif, qui envoûte ou insupporte selon la perception de chacun. Sa musique, qui oscille entre rock garage et alternatif, paraît simple et uniforme, mais une écoute approfondie révèle certaines nuances d'un titre à l'autre. Pour le reste, il n'y a là rien de révolutionnaire. A certains moments captivant, guilleret à d'autres, il est aussi des passages plus ennuyeux, qui rabaissent cet album au rang commun. C'est sympa, sans être croustillant.

 

 

Tarif : 6/10

Ecoutez: Sweat King

 

 

Crocodiles  -  Sleep Forever

crocodiles.jpgLa source du ressac cold rock ne semble pas se tarir. Dans le cas des Crocodiles, la voix lointaine et le côté légèrement planant apportent au style une certaine touche psyché. On se laisse de prime abord séduire, mais dès la 3e ou 4e plage, une ombre se met à planer. Cet album ne souffre ni de légèreté, ni d'ennui, mais plutôt d'un cruel manque de charme. Telle une magnifique jeune fille qui ne sourit jamais, on le souhaiterait plus éclatant. Quelque peu terne donc, mais néanmoins prometteur.

 


Tarif : 6/10

Ecoutez: Mirrors

 

 

Serj Tankian  -  Imperfect Harmonies

Serj-Tankian-Imperfect-Harmonies.pngSe recycler, c'est bien. Mais bien se recycler, c'est mieux. Sur ce deuxième album solo, Serj Tankian s'éloigne encore et toujours de ce qu'il fait avec son groupe System of a Down. Exit le Metal décapant et les changements de rythme décoiffants. Même la puissante voix de Serj, son principal atout, semble être tournée sur mute plus souvent qu'à son tour. Le pire, c'est que ça n'en valait vraiment pas la peine. On dirait qu'il essaye de faire du Muse deux octaves plus bas... ou du Rammstein sans distorsion. Le résultat, c'est un potage opera rock tout lisse, aussi fade qu'un milk shake à l'eau distillée. Son message anticapitaliste prendrait-il l'ascendant sur son inspiration musicale ? Quoi qu'il en soit, il va lui falloir trouver meilleur support s'il veut en assurer la diffusion. Car sur cette galette, il n'y a pas que les harmonies qui sont imperfect...

Tarif : 3/10

Ecoutez: Disowned Inc.

 



Chapelier Fou  -  613

chapelier-fou-613.jpgDe son vrai nom Louis Warynski, ce messin a étudié la musique classique au conservatoire durant des années. Aujourd'hui, il l'adapte en version postmoderne. Bien loin des sentiers battus, 613 est une suite de comptes instrumentaux admirablement conçus, qui s'étalent le long d'un vaste paysage musical rempli d'émotions diverses. Si un reproche doit lui être adressé, c'est son léger manque de consistance. Il peut de fait aisément revêtir l'étiquette du disque à écouter d'une oreille, "tout en faisant autre chose". Ce bémol est davantage dû au style traditionnel de l'album, plutôt qu'à sa réalisation propre, qui reste brillante et substantielle.

Tarif : 7/10

Ecoutez : Luggage

 

02/02/2011

The Knife - Silent Shout (2006)

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La Suède, ce n'est pas qu'Abba, Roxette ou Ace of Base. A l'ombre de ceux pour qui les compliations populaires réservent toujours une bonne table, il est un duo électro détonnant, et méconnu du Hit Parade.

 

 the knife,silent shoutIl y a dix ans, Olof et Karin, frère et soeur de leur état, exercent leurs premières armes dans leur pays, grâce  à deux albums bien boudés par la critique internationale. A croire que leurs divers costumes de scène,  servant à illustrer leur univers énigmatique, ne sont pas exportables. Il faut attendre 2005 pour que l'Europe  apprenne leur existence. Tout ça parce que leur chanson phare est choisie pour illustrer une publicité vantant  la qualité d'image d'un téléviseur japonais. Et encore, non pas dans sa version originale, mais reprise en  acoustique par leur compatriote José Gonzalez. Vous vous souvenez de ces milliers de balles magiques multicolores, dévalant au ralenti une rue de San Francisco, sur des arpèges de guitare et une voix si tristes ?

 

 Admettons le côté "sympa, sans plus" de leurs deux premiers opus, trop proches de l'Eurodance coutumière, dont le succès est alors en déclin, que pour réellement être excellents. Surgit en 2006 le bijou, l'extraterrestre, l'album explosif comme on n'en fait qu'un seul dans une carrière. Il s'intitule Silent Shout, comme un paradoxe entretenant l'image extra-dimensionnelle dont le groupe s'affuble. Ce qui rend cet album si authentique, c'est la profondeur qu'ils parviennent à lui prodiguer, à partir d'une réalisation pour le moins accessible. Tout est entièrement produit à l'aide d'instruments synthétiques. Que ce soit les mélodies acérées, les rythmes saccadés, ou la voix féminine électronisée, semblable à ce que serait le timbre d'un chat humain. De cet ensemble naît une aura intense, servie par une musique ensorcelante. Fermant les yeux, on s'imagine un décor médiéval fantastique où gambadent hasardeusement les petits fantômes de Pacman.

 

Silent Shout illustre à la perfection ce que The Knife pouvait produire de mieux avec un tel concept. C'est tout simplement l'un des albums les plus saisissants du genre électronique.

 

 

The Knife

Silent Shout

2006

 

Ecoutez

 

Silent Shout

We share our mother's health

Marble House