26/05/2011

Funeral Party - Golden age of Knowhere

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A y regarder de près, on pourrait croire à un nouveau groupe de metalcore dépressif, mais il n'en est rien. Ces Californiens ont subtilisé l'intitulé de leur band à une chanson des Cure, présente sur l'album Faith de 1981. Pourtant, ni les genres susmentionnés, ni cette chanson précise ne se rapprochent du style de Funeral Party. Et pour cause, impossible de faire une tête d'enterrement à l'écoute de cet album, aussi ensoleillé qu'une plaine de festival sous 40 degrés. Emportés par des guitares aux riffs tendus, et soutenus par un batteur qui carbure à l'EPO, les Funeral Party proposent un rock punchy et frétillant. Le piano électrique apporte un grain de fantaisie, et permet d'accentuer les nuances de style d'un titre à l'autre. Ainsi, Golden age of Knowhere n'est pas ennuyeux une seule seconde, même si la deuxième moitié de l'album paraît plus lisse.

 

Malgré une certaine touche d'insouciance, le groupe ne se vautre pas dans le rock pour ados, se plaçant dans la lignée de bands comme Two Door Cinema Club. C'est un debut album réussi, et une excellente découverte comme on aime en faire.

 

Funeral Party

Golden age of Knowhere

Tarif: 7/10

 

Ecoutez:

Car wars

Giant

The Cure : The Funeral Party

20/05/2011

IAMX - Volatile Times

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Cela fait maintenant 7 ans que l'ancien leader des Sneaker Pimps suit un chemin qui lui est propre. Une voie aux relents érotico-ténébreux, parsemée de 4 albums remarquables. Pourtant, si ce ne sont des concerts à répétition en Belgique, en Allemagne et au Luxembourg, le succès international boude IAMX. Le manque de reconnaissance étant hélas le lot de tous ceux qui entreprennent de produire leur musique eux-mêmes.

 

Le dernier opus du projet solo de Chris Corner se veut plus posé que les précédents. Outre les quelques hymnes électro-rock dont l'Anglais est coutumier, le disque contient également de paisibles et délicieuses balades. Sa voix, toujours aussi déchirante, se pose alors derrière un voile synthétique qui peaufine le trouble. Volatile Times demeure bel et bien un album d'IAMX, mais les titres ont moins de personnalité propre, et se fondent davantage dans une atmosphère personnelle, comme si Corner n'était plus dans un processus de recherche du tube. On sent ce fantasque personnage assagi à travers ses nouvelles compositions.

 

Certes moins turbulent, ce nouveau volet n'en est pas moins intense. Corner y repousse les limites de son univers, au sein duquel le fan du début se sent toujours autant chez lui. Pour les autres, il n'est pas trop tard pour le découvrir, loin s'en faut.

 


IAMX
Volatile Times
Tarif: 7/10

 

 

Ecoutez:

Volatile Times

Ghosts of Utopia

16/05/2011

TV on the Radio - Nine types of light

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Depuis cinq albums, cette bande de New-Yorkais aux influences diverses nous fait nager dans l'éclectisme. Définir précisément leur style de musique relève d'une préparation au bac philo. Trop posé pour le catalogue rock, trop aéré que pour s'assimiler au trip hop, trop lent pour le funk même si par moments, on devine un groove latent. C'est un style propre, alternatif, oscillant entre tous les mouvements précités.

 

Dernier opus en date, Nine types of light possède les traits de la famille. On reconnait cette douce griffe, ces mélodies planantes, cette voix clean qui se fond parfaitement sur un décor musical particulièrement accompli. Parfois trop paisible, ce fil pourrait mener à l'ennui, si chaque chanson à venir ne renouvelait pas la précédente. On sent néanmoins une retenue, qui empêche l'ensemble de nous prendre par les tripes.

 

 

TV on the Radio

Nine types of light

Tarif: 6.5/10

 

 

Ecoutez:

Keep your heart

Will do

15/05/2011

The Vaccines - What did you expect from the Vaccines ?

Vaccines

 

Derrière cette pochette de CD au look de 33 tours se cache la nouvelle sensation du rock anglais, les Vaccines, un groupe formé en 2010 par des fans du rock à travers les époques.

Si la sensation est nouvelle, le contenu ne l'est malheureusement pas, et à la question "What did you expect from the Vaccines ?", on a envie de répondre : une forte dose d'originalité. Les Londoniens regroupent leurs multiples influences en un style simple, catchy, mais uniforme, basé sur une batterie carrée et une guitare chargée d'écho. Sur la carte du rock, on ne se trouve pas loin des Strokes, et à mi-chemin entre The Drums et Interpol. Rien sur cet album ne dépasse toutefois le niveau de ces groupes que les Vaccines copient, ou à qui ils rendent hommage, selon l'opinion de chacun.

Ne noircissons pas le tableau outre mesure ; les mélodies sont plaisantes, donnent bien envie de se dandiner, et les refrains se logent très facilement au creux de l'oreille. Mais émotionnellement, l'ensemble apparaît trop neutre. En témoigne la voix du chanteur Justin Young, semblable à une copie bon marché de celle de Paul Banks. Froide, imperturbable, et dont l'aspect linéaire peut agacer au bout de quelques chansons. Peut-être est-ce d'ailleurs une des raisons pour lesquelles l'album ne dure que 38 minutes...

Hormis ces quelques désagréments, "What did you expect from the Vaccines ?"  contient l'un ou l'autre titre avenant, de ceux que l'on place volontiers au sein de compils rock perso. C'est l'exemple type de l'album "sympatoche", sûrement pas affligeant, mais loin de révolutionner le rock.

 

 

The Vaccines

What did you expect from the Vaccines ?

Tarif: 6/10

 

 

Ecoutez:

Wetsuit

Post break-up sex


05/05/2011

Sexy Sushi - Cyril

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Voilà un nom parfait pour aliéner les personnes souffrant de dyslalie...

 

Duo à la fois français et francophone, les Sexy Sushi sont issus d'une nouvelle vague d'artistes de l'hexagone dont personne, ou presque, ne parle. Aucune radio ne les diffuse, et vous ne les verrez jamais à la télé, si ce n'est de temps à autre sur "Tracks", merveilleuse émission d'Arte que je ne puis trop vous conseiller. La cause de ce bannissement ? Sans aucun doute la nature de leur musique. De l'électro garage, accessible techniquement ou orchestralement, sur laquelle la chanteuse Rebecca Warrior pose, dans la langue de Molière, des textes à la fois simples et forts. Des textes sans aucune retenue sur le fond, et très spontanés sur la forme, sans toutefois jamais tomber dans la vulgarité facile. Des textes qu'on devine écrits sur un coup de tête, abordant des sujets de société d'un oeil cynique et parfois provocateur.

 

Ainsi, la griffe Sexy Sushi dépeint un style oscillant entre légèreté et profondeur, entre folie et raison, qui emprunte à l'électropunk ce côté puissant, purgatif et instantané. Elle brandit un panneau anti-standard, ne cherchant (surtout) pas à plaire à la ménagère de moins de 50 ans, ou peu importe son âge. Un rejet de la soupe médiatique clairement exprimé dans le culotté "Meurs meurs Jean-Pierre Pernault", titre que l'on ne peut que trouver énorme, même si on n'a personnellement rien contre l'indécrottable présentateur du JT de TF1. On pourrait croire ce groupe issu d'une private joke s'étant terminée sur CD à la suite de circonstances hasardeuses. Hypothèse remise en cause, apprenant que Rebecca, de son vrai nom Julia Lanoë, est diplômée des Beaux-Arts, et n'en est pas à son premier essai musical. Mais soit ; qu'il soit je-m'en-foutiste ou finement calculé, l'anarchisme musical proposé par les Sexy Sushi est tout simplement jouissif.

 

Sexy Sushi

Tarif: 7/10

 

Ecoutez:

Marin

Meurs meurs Jean-Pierre Pernault

Love les tartes

 

02/05/2011

Cascadeur @ Aralunaires (Arlon), dimanche 1e mai 2011

cascadeur,aralunaires

 

Révélé au grand public en ce début d'année, le messin Alexandre Longo fait partie de ces artistes qui se dissimulent derrière un personnage pour exercer leur profession. Le sien, c'est un jouet de son enfance, représentant un motard en combinaison blanche, avec sur la tête un casque à visière fumée, orné d'une étoile rouge. Les âmes d'artiste vous expliqueront peut-être que ce déguisement symbolise le besoin, pour un être chétif, de se protéger des difficultés de la vie. D'autres évoqueront des raisons plus terre à terre, comme éviter de se faire emmerder par les paparazzi en cas de succès. Ou encore, comme l'ont déjà fait les Daft Punk, permettre à des amis de monter sur scène à leur place, équipé d'un live pré-enregistré sur clé USB. Cette dernière raison ne peut en aucun cas s'appliquer à Cascadeur ; je peux m'en porter garant, après l'avoir vu ce dimanche, dans le cadre du festival des Aralunaires de la ville d'Arlon.

 

De taille modique, la salle où se produit le messin accueille à peine deux cents spectateurs. Et pour un concert aussi intimiste, la mise en scène est passablement pointilleuse. A l'heure prévue, le cascadeur apparaît, d'une démarche lunaire, sous un fond sonore fait de bips et de dialogues radiophoniques. L'esthétique des ombres et images diffusées en fond de scène apaise, tandis que les lumières stroboscopiques donnent une illusion de ralenti. Tout est mis en place pour transporter l'audience sur une autre planète. A la manière de Cocorosie, l'acrobate use d'objets divers pour accompagner ses 3 pianos électriques, dont un mini mégaphone en plastique, et une "dictée magique", un jouet éducatif datant de l'époque où peu de foyers possédaient un ordinateur.

 

Si Cascadeur se plait à accentuer visuellement son univers musical, c'est avant tout pour le partager au mieux. Car paradoxalement, l'homme ne reste pas cloitré derrière son masque. Entre les chansons, Alexandre s'adresse à son public naturellement, faisant preuve d'un certain humour, et ce sans jamais briser la magie initiée par le décor. Sa voix, juste et haut perchée, et l'émotion se dégageant de ses compositions, font le reste. Auteur et musicien de talent, l'homme seul nous emmène parmi ses doutes, ses peurs, ses souvenirs, tout au long d'un concert à forte intensité affective. Cela étant accompli, la question de son accoutrement devient secondaire. Peu importe le flacon...

 

 

Cascadeur

Ancien palais de justice d'Arlon, festival des Aralunaires

Dimanche 1e mai 2011

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