09/06/2011

The Joy Formidable - The Big Roar

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Disposant d'une honorable renommée outre-Manche, The Joy Formidable passe encore inaperçu sur le continent. A vrai dire, leur nom digne d'un boys band gay ne doit guère susciter la curiosité des fans de rock. Pourtant, si ceux-ci s'arrêtent sur cet album, ils réaliseront à quel point il est agréable d'être encore et toujours surpris, lorsqu'on pense avoir tout entendu.

 

Sur The Big Roar, le trio gallois nous replonge dans l'ambiance du rock progressif des années 90, sans jamais en produire une pâle copie. On passe de morceaux longs et sophistiqués, dressés sur des instrus post rock qui se terminent souvent en apothéose, à des titres plus courts, incisifs, au format "rock garage". C'est varié, imprévisible, intense comme du Mogwai et puissant comme du Smashing Pumpkins.

 

Un infime bémol est à émettre concernant le chant. Si la voix féminine apporte une pincée de douceur et de légèreté à ce solide cocktail rock, les effets qui la couvrent l'enferment en réalité, et l'empêchent de s'émanciper. Comme coincée dans une bulle de plastique, la demoiselle a parfois du mal à se faire entendre, d'autant plus au milieu de ces rugissantes guitares. Sans doute une simple question de goût, qui ne va pas jusqu'à gâcher ce captivant premier album.

 

 

The Joy Formidable

The Big Roar

Tarif: 7.5/10

 

 

Ecoutez:

Austere

Whirring

01/06/2011

The Dø - Both ways open jaws

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The Dø est un groupe au nom formé par les initiales de ses deux membres que sont Dan Levy, sans lien de parenté avec l'écrivain préféré des ménagères, et Olivia Merilahti. Quant au "o" barré, il fait référence aux origines scandinaves de cette dernière. Peut-être pas, après tout, car même si elle m'aide à introduire mes chroniques, l'étymologie n'est pas le sujet de ce blog.

Album à l'étiquette générique folk rock, Both ways open jaws nous conduit dans un univers sombre et intimiste, teinté d'un soupçon d'angoisse et d'une pointe de mélancolie. Le duo utilise une flopée d'instruments, et cette diversité apporte à l'ensemble une dimension organique tout à fait pertinente. Les côtés fâcheux de ce disque sont, tout d'abord, un nuage de morosité ambiante, plus ou moins présent d'une chanson à l'autre. On vous dira que c'est le style qui veut ça. Ensuite, lorsqu'elle se perche haut, la voix d'Olivia laisse échapper quelques piaillements, qui à la longue peuvent provoquer un sentiment incongru de nervosité. Le résultat est tout de même abouti, car malgré un rythme immuable et une large palette de gris, l'écoute nous absorbe comme une goute d'eau au contact d'une éponge.

De plus, The Dø est une nouvelle démonstration que les Français chantent plus souvent en anglais que l'inverse. Les mauvaises langues diront que c'est ainsi qu'on les préfère...

 

The Dø

Both ways open jaws

Tarif: 6.5/10

 

 

Ecoutez:

Too insistent