06/07/2011

Fleet Foxes - Helplessness blues

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Quoi de plus casse-tête que la création musicale ? Partir d'une idée légère, et la développer en grattant, pianotant, sifflotant, assis sur un tabouret amovible dans un bureau aux volets clos. Armé d'un crayon et d'une gomme, usés en un temps record sur une feuille de portées, tracées à la main. Après une période de privation, éclot enfin ce qui ressemble à une chanson, mais qu'on ne finira jamais de peaufiner. Alors que la plupart des commerciaux du Top 50 se contentent de remodeler ce qui existe déjà, il reste heureusement des puristes pour creuser la musique, encore et toujours. Il y a deux ans, un groupe originaire de Seattle sort son premier album éponyme, qui suscite auprès des critiques un émoi unanime. On parle d'un des meilleurs disques de la décennie, et on va même jusqu'à le comparer aux intouchables Crosby, Stills, Nash & Young. Après un tel engouement, les Fleet Foxes étaient attendus au tournant, en annonçant l'arrivée cette année de leur second opus.

 

D'une rare pureté, Helplessness blues repose sur des mélodies folk ensorcelantes, accompagnées d'harmonies vocales éthérées. Il alterne les envolées acoustiques et les temps intimistes, où seules la voix et la guitare de Robin Pecknold suffisent à nous envoûter. Le chanteur-compositeur n'a pas lésiné sur les efforts, présentant des titres à la structure complexe, qui n'en déclenchent pas moins le frisson. C'est ce qu'on appelle la musique, la vraie, à la fois magique et affinée. Helplessness blues est la confirmation que les Fleet Foxes se destinent à un statut de référence, après deux albums seulement. Chapeau bas.

 

Fleet Foxes

Helplessness blues

Tarif : 9/10

 

 

Ecoutez:

Lorelai

Helplessness Blues

The Plain/Bitter dancer

R.E.M - Collapse into now

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Depuis 1979, R.E.M s'est bâti une discographie dont l'épaisseur n'a rien à envier à un tôme des aventures d'Harry Potter. Le jour où sortira l'intégrale, il faudra louer une remorque pour aller la chercher chez le disquaire. Et inutile d'opter pour la solution du supermarché ; la liste de course serait tellement longue qu'elle se prendrait dans les roulettes du caddie. A un tel niveau, la majorité des artistes sont rassasiés, affalés sur des lauriers tellement énormes qu'ils en absorbent toute leur inspiration. Mais pas Michael Stipe, dont le besoin de composition reste entier. Et si ce vétéran du rock alternatif n'a plus rien à prouver, il est hors de question pour lui de considérer ses fans comme des veaux.

 

Certes, ce n'est pas après 32 ans de carrière bien sonnés que cette légende sans âge va révolutionner son style. Il ne peut d'ailleurs se cacher plus de deux secondes derrière Collapse into now ; on le démasque les yeux fermés dès les premiers accords. Mais le Stipe n'a pas besoin d'en faire des tonnes pour être efficient. Les patriarches savent que discrétion et sobriété sont les sources du respect, telle Madonna qui a arrêté de montrer ses seins depuis bien longtemps. Ainsi, ce 15e album est soutenu par un ensemble guitares-voix élémentaire, mais opérant. Il dépasse à peine les 40 minutes, et reste loin du mécanisme de la recherche du tube. Assez surnaturellement, le son rock-folk reste très frais, et les participations amicales de Patti Smith, Peaches et Eddie Vedder en font un disque tout à fait actuel. Docile, mais tout à fait plaisant, Collapse into now est donc plus qu'une simple ligne ajoutée au bas d'un palmarès déjà bien étoffé.

 

 

R.E.M

Collapse into now

Tarif: 6.5/10

 

Ecoutez:

Discoverer

Uberlin