25/08/2011

Foo Fighters - Wasting Light

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Depuis plus de quinze ans, Dave Grohl suit une carrière qui démontre l'intérêt de ne pas baisser les bras, suite à l'arrêt tragique d'une première activité musicale. Il n'est certes pas le premier, et à ce titre, je ne vous ferai pas l'injure de rappeler dans quelles circonstances New Order s'était formé.

 

Puisqu'il n'est plus utile de les présenter, que faut-il penser de ce septième album ? Lorsque la pochette cartonnée atterrit dans les bacs, on se dit "chouette, un nouvel album des Foo !". Et dès la première écoute, on pense "Plutôt chouette, le nouvel album des Foo !". Vous voyez où je veux en venir ? A cette limite impalpable et infranchissable, en dessous de laquelle un album des Foo reste un album des Foo. Affligeant, isn't it ?

 

Wasting Light mérite mieux que ce traitement. L'évidence apparait alors que sur le lecteur, les pistes s'enchaînent et se répètent. Ce qui au départ, devait uniquement nous faire taper du pied, parvient à titiller bien plus que le bout de nos phalanges. Là où certains groupes de rock US se contentent de balancer des hymnes à faire sautiller le peuple, l'index et l'auriculaire relevé, Dave Grohl, lui, va plus loin. L'ex pote de Cobain parvient à doter ses chansons d'une dimension affective peu commune pour ce format. Les changements de rythme surprennent toujours, les refrains sont gorgés de puissance, et aucune des onze titres ne pâlit en regard des autres. Si bien qu'après les dernières notes du somptueux Walk qui clôt l'album, on en réclame encore.

 

Wasting Light est bien plus qu'un simple album des Foo Fighters. C'est une galette exaltante à souhait, de celles qui devraient être prescrites aux asthéniques. Et remboursées par la mutuelle.

 

 

Foo Fighters

Wasting Light

Tarif: 8/10

 

 

Ecoutez:

Rope

These days

Walk

Jamie Woon - Mirrorwriting

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Poussé sur le devant de la scène depuis quelques mois, le style Dubstep révèle qu'il en faut parfois peu pour être heureux. Pour percer au sein de cet univers, votre sensibilité vous aidera bien plus que dix années de conservatoire. Bien que l'on puisse raisonnablement penser qu'un musicien qui se tape dix ans de conservatoire ait d'autres ambitions que de faire du Dubstep. Soit.

 

Le Dubstep pourrait être vendu comme "un minimum de sons, pour un maximum d'émotions". Les pistes se comptent sur une main, tandis que les silences tiennent une grande importance. Est-il dès lors utile qu'au sein de ce style, les artistes se multiplient ? Ne risque-t-on pas, au bout d'un certain temps, de tourner en rond ? La réponse est non. Ou du moins, pas tant qu'il y en aura pour créer de la valeur ajoutée. C'est le cas de Jamie Woon.

 

Avec sa voix soul, on s'attend plutôt à voir ce jeune anglais s'aventurer dans un registre davantage "hot". Toutefois, le mariage des styles est efficient. La voix de Jamie apporte une chaleur indéniable à cet univers froid et placide, et de ce mélange émane une certaine sensualité, qui donne au Dubstep une nouvelle contenance. Malgré tout, certains titres de Mirrorwriting flirtent dangereusement avec le fade R'n'B. C'est notamment le cas du single Lady Luck. Mais dans l'ensemble, l'album suit un agréable déroulement. Et les deux premières plages, Night Air et Street, sont tout bonnement délicieuses.

 

 

Jamie Woon

Mirrorwriting

Tarif: 6.5/10

 

Ecoutez:

Night Air

Street

11/08/2011

Metronomy - The English Riviera

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Formé à la fin du siècle dernier, ce quatuor anglais fait partie d'une nouvelle vague de groupes indie, dont il est difficile de cerner les aspirations exactes. Ce qui, au passage, parfait leur image de vrais artistes. Leur petit dernier, intitulé The English Riviera, présente cependant un fil conducteur assez net.



Ils y expriment un répertoire globalement electropop, bien plus "pop" que réellement électro, mais penchant vers ce qu'on appelle l' "easy listening", soit un style épuré, organique, qui rentre dans l'oreille comme un courant d'air traverse une moustiquaire. Il en va ainsi tout au long de l'écoute ; la musique semble filtrée, de façon à ne garder que de bonnes ondes rafraîchissantes. Sur la carte des genres (ce fameux plan subjectif et métaphorique qui permet aux plus torturés de se faire une idée), on se trouve dans les parages de groupes comme Air ou Grizzly Bear.



La musicalité paraît légère : dans les grandes lignes, on distingue une voix haut perchée, une guitare acoustique, une batterie qui distribue des fla et titille la cymbale ride, et un clavier qui dispense une ribambelle de sons très frais, plus ou moins psyché. Ce minimalisme apparent est en vérité rudement bien ficelé ; ces Anglais savent où ils veulent en venir, et y parviennent sans détour. Mais encore faudrait-il s'assurer de nous emmener avec eux... car l'harmonie constante et parfois trop oxygénée peut facilement nous faire perdre le fil. Dans les moments les plus simples, notre concentration ne résiste pas, et l'album redevient CD, simple décor au sein duquel on ne se fond plus. A d'autres moments, on peut aussi se sentir à l'étroit, à cause d'une intimité trop présente. Quant aux nuances d'un titre à l'autre, elles existent bien, mais sont très fines. Si bien qu'une fois passée la première partie de l'album, la suite ne nous surprend plus.

 


Metronomy

The English Riviera

Tarif: 6/10

 


Ecoutez:

The Bay

Everything goes my way