24/09/2011

Nicolas Jaar - Space is only noise

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Un album est une suite de chansons. Généralement, toute chanson possède une structure ; par exemple intro, couplet, refrain, second couplet, refrain, pont, refrain, fin. Ces éléments sont interchangeables, selon l'inspiration du compositeur. Tout cela pour ne rien vous apprendre, mais pour introduire un album qui sort de ce moule conventionnel.

 

A 21 ans à peine, le New-Yorkais d'origine chilienne Nicolas Jaar affiche une maturité surprenante. A l'âge où nombre de ses camarades profitent de l'interdiction absoute pour enfin boire comme des hommes, ce fils de réalisateur conceptuel a déjà fondé son propre label. Sorti cette année dans la plus grande discrétion, son premier album fut encensé par Pitchfork, un site de chroniques musicales pointilleux, comme le blog où vous vous trouvez, et influent, pas encore comme le blog où vous vous trouvez, mais j'y travaille.

 

Je vous expliquais que Space is only noise s'émancipe du format habituel... Son genre musical baigne entre chill et lounge, soit un style frais, aux vertus apaisantes. Rien de bien neuf, mais l'auteur parvient néanmoins à se distinguer des compils vendues à dix euro dans les bacs de la Fnac.

 

Tout d'abord, davantage qu'une suite de différents titres dans la même veine, l'album entier s'étale comme une seule chanson à multiples facettes. Difficile de savoir, sans regarder le fil affiché par le cadran de votre lecteur, à quel moment l'on passe d'un titre à l'autre, tant les nuances sont fines et les transitions parfaitement orchestrées. Le disque s'écoute comme un film musical, dont le schéma ne laisse rien paraître quant à la suite des événements. On retrouve diverses influences, entre le classique, le dubstep, le trip hop rythmé sur des voix basses, arborant parfois une légère touche de soul. Enfin, l'auteur parvient à élever son oeuvre au-delà du sempiternel concordat musical, en insérant avec efficience et parcimonie divers sons organiques ; entre autres des bruits de vague ou de gouttes d'eau, un sillon de disque vinyle, de lointains chants et cris d'enfants, ou encore quelque dialogue en français dans le texte, dont le sens nous échappe.

 

Cet album est un véritable voyage intemporel, qui évolue au fur et à mesure de son déroulement. L'auteur nous met des images plein la tête, et nous place souvent en équilibre entre deux sentiments. Pour un artiste aussi jeune, la réalisation est remarquable.

 

 

Nicolas Jaar

Space is only noise

Tarif : 7.5/10

 

 

Ecoutez :

Keep me there

I got a woman

Space is only noise if you can see

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