24/10/2011

Camille - ilo veyou

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A trois ans près, je partage avec Camille une date d'anniversaire commune. Les comparaisons s'arrêtent là. Et ce n'est en rien la raison pour laquelle son talent ne me laisse pas insensible.

 

Au sein de la nouvelle scène française, la Parisienne dénote totalement. On est loin du chanteur à belle gueule, guitare à la main et chapeau sur le côté, qui récite des textes empestant le parfum bon marché, sur d'invariables accords de fumiste. Les créations de Camille, dont, cela dit au passage, c'est le vrai prénom, partent dans tous les sens. A ce point qu'il est difficile de lui coller l'une ou l'autre étiquette. Tantôt lyrique, tantôt jazzy, son style très personnel s'accompagne toujours d'un grain de folie, qui au milieu de son inspiration, rend floues les proportions de calcul et d'improvisation. Toute tentative de parler de son oeuvre de façon cartésienne en devient subjective, et si peu de spécialistes se risquent à la critiquer, c'est sans doute parce que ça les dépasse totalement.

 

Au "sac des filles", un premier album discret et conventionnel, succédait en 2005 "Le fil", un album conceptuel entièrement construit sur une note bourdon, le "si", et dont la musicalité reposait sur des bruits de bouche et des harmonies vocales. Il permit au grand public de découvrir un talent débridé, ainsi qu'une voix aussi impressionnante qu'imprévisible. Derrière un micro, Camille manie avec autant d'habileté le chant et la déclamation, la douceur et l'hystérie. Trois ans plus tard, l'artiste déjantée revenait avec "Music Hole", un disque entièrement écrit en anglais. Une façon d'étendre son art indomptable à de nouveaux territoires.

 

En cet automne 2011, la brune est de retour, tenant dans les bras son nouveau-né, "Ilo veyou", de son aveu inspiré par sa récente maternité. De la précédente Camille, on retrouve cette voix à multiples facettes. Douce dans la mélancolie, poignante dans l'intensité, espiègle dans le décalage, et sensuelle dans les respirations, lorsqu'elle se contente de réciter un texte, comme sur "Aujourd'hui", la plage d'introduction. Cela étant dit, je me risque maintenant à poser un bémol à son propos.

 

Dispersé entre décalage, poésie, et réelle profondeur, "ilo veyou" est bien représentatif de son auteure. Sur "Le fil", déjà, Camille parsemait la playlist de quelques titres volontairement minimalistes. Histoire peut-être de marquer une pause, ou d'étendre son interprétation au-delà du concordat musical, afin de lui greffer une certaine esquisse théâtrale. Trouvant parfaitement leur place au sein d'un ensemble harmonique, ces chansons étaient dénuées de pertinence une fois sorties de ce contexte propice. Autrement dit : les isoler du reste de l'album n'aurait eu guère de sens, et encore moins d'intérêt. Là où le bas blesse sur "ilo veyou", c'est que ces chansons grignotent la majeure partie de l'écoute, jusqu'à en devenir elles-mêmes le contexte. En guise de démonstration, seuls 5 titres sur les 15 dépassent les 3 minutes. Sans parler du contenu orchestral, se limitant souvent à un simple instrument, où à la seule voix de l'interprète. En conséquence, la musicalité perd en consistance, et l'excitation de la surprise se tarit d'une chanson à l'autre. Cette carence passe relativement inaperçue, puisque le décor et les différents actes sont formidablement installés. Des chansons, comme "L'étourderie" ou "My man is married but not to me" sont réellement enjôleuses, et d'autres commes "Wet boy" ou "Le berger", sont émotionnellement saisissantes. Mais généralement, les mélodies apparaissent trop sages, comme altérées par une excessive lisseur. Et la variation de style d'un titre à l'autre rend l'album inégal, et condamne l'auditeur frustré à ne pouvoir s'y prélasser comme il le souhaiterait.

 

Loin de moi l'envie de dénigrer son talent hors pair. Mais cette fois, le cheminement artistique de Camille m'est apparu comme trop libre d'un aspect musical quelconque. "Ilo veyou" m'a certes ému par moments, mais ne m'a pas subjugué.

 

 

Camille

ilo veyou

Tarif : 6.5/10

 

 

Ecoutez :

L'étourderie

Le berger

 

18/10/2011

New Order @ Ancienne Belgique, lundi 17 octobre 2011

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A chaque époque musicale son héros aux ailes brûlées. Les années 90 ont Cobain, les seventies Mike Brant... non je déconne.. Jim Morison, et quant aux sixties, elles offrent un choix luxurieux entre Brian Jones et Jimi Hendrix. Je vous laisse le soin de placer vous-même John Lennon dans la bonne case temporelle. La décennie 80 possède aussi sa légende, mais elle semble souffrir d'un manque de reconnaissance populaire vis-à-vis des précédents. Plus de trente ans après son décès tragique, l'oeuvre de Ian Curtis continue pourtant de susciter d'importantes vagues d'influence de par le monde. Il est de ces âmes fragiles dont l'existence éphémère n'en a pas moins fait avancer le rock de quelques pas de géant. Si je vous parle rarement de lui, c'est parce que je n'aurais jamais fini de le faire.

 

A peine une poignée de semaines après sa disparition, son groupe Joy Division se reforme sous l'intitulé de New Order. Leur premier album, "Movement", se place dans la suite logique du rock sombre et vif engendré par Curtis. La suite, c'est une tournure plus électronique, qui fera d'eux des pionniers du genre. Au fil des années, leur son évolue selon l'époque, et l'on ne sait pas très bien lequel s'adapte à l'autre. Certains titres de leur répertoire ont plus mal vieilli que d'autres, mais après 30 ans de carrière, ils peuvent légitimement être considérés comme des légendes vivantes. Vu l'enthousiasme que provoque leur nom auprès de leurs fans, pour la plupart invétérés, New Order fait partie de ces groupes qui, sur scène, est assuré de débarquer en terrain conquis.

 

Ce lundi, le "terrain" était la salle de l'Ancienne Belgique de Bruxelles, et les "conquis", des amateurs d'une quarantaine d'années pour la plupart, s'étant jetés sur les places en ligne comme de vieux adolescents surexcités. De fait, ce concert n'annonçait pas une tournée, mais une occasion exceptionnelle de voir ou revoir les Mancuniens sur scène. Cela vaut donc la peine de s'attaquer à la file d'attente qui longe le boulevard Anspach bien avant l'ouverture des portes.

 

Malgré leur statut, c'est en toute simplicité que le groupe monte sur scène, sur les coups de 21 heures. En premier lieu, c'est un large écran géant, diffusant des vidéos dépouillées, qui capte les attentions. Car le quintet bouge relativement peu. Derrière son micro, Bernard Sumner se dandine comme notre oncle Robert, sur la piste de danse lors du mariage d'une cousine quelconque. On pourrait voir en son pas chaloupé le symbole d'un mouvement anti-chorégraphique. La claviériste Gillian Gilbert impressionne par son immobilité. Tête baissée, elle ne bouge pas d'un poil durant tout le concert, comme plongée dans une intense séance de prière. Ou tout simplement endormie. D'une chanson à l'autre, aucun enchainement ne se fait ; Sunmer se charge de la transition en papotant avec son public comme avec un ami de longue date.

 

La playlist se remplit des tubes de toute époque. Le concert débute sur un "Crystal" très soft, faisant plâner le spectre d'un show mollasson. Cette impression ne dure qu'un titre, les suivants "Regret" et "Ceremony" plongent l'audience dans le grand bain. On a eu très peur, mais nous voilà rassurés : le groupe n'aura pas attendu longtemps avant de nous emballer. Le concert se poursuit sur un splendide "Age of Consent", de l'aveu de Sunmer peu souvent utilisé en live. Plus tard vient une série de tubes tirés de la période faste des années 80 : "Bizarre Love Triangle", "The Perfect Kiss", et un "True Faith" version club, amené par une longue et haletante introduction. Le public chauffe de plus en plus, et ne retient pas son plaisir. Après une heure vingt, le groupe termine le set sur un exaltant "Temptation". Arrive alors le rappel, certes pauvre en quantité, mais qui s'accompagne des deux véritables hymnes de cette génération. D'abord le mythique "Blue Monday", qui n'a pas pris une ride depuis 1983. La basse s'ébranle, tandis que le batteur est au chômage technique, supplanté par la piste de sampling originale. Une fois la dernière note émise, alors que l'ovation peine à retomber, Sunmer prononce ces mots magiques : "I think we do not play Joy Division songs anymore, do we ?". La salle entière s'emballe, et le groupe lance "Love will tear us apart", l'épitaphe de Ian Curtis. La version New Order est plus éclairée, avec un son pop et un Bernard Sunmer qui s'époumone sur les refrains. Histoire de s'entendre un minimum, car peu de spectateurs ne l'accompagnent.

 

Comme nombre de fans de concert, je dresse une liste de groupes que je souhaite voir un jour en live. Hier, j'en ai rayé l'un des plus gros noms. Je pourrai dire que j'y étais, et qu'en plus, j'ai vraiment aimé ça.

 

 

 

New Order

Ancienne Belgique, Bruxelles.

Lundi 17 octobre 2011.

16/10/2011

The Subways @ Botanique, samedi 15 octobre 2011.

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Une certaine rumeur véhicule l'idée que pour faire du bon rock qui déchaîne, un caractère extraverti prime sur une personnalité musicomane. Assurément, la timidité peut porter un préjudice conséquent à l'heure de se lancer dans l'aventure, et un peu plus tard, dans le public. Mais la démarche artistique est réellement moins aisée qu'elle n'y paraît ! Il ne suffit pas de pousser des hurlements dignes de ceux qui suivent une violente fermeture de porte sur le petit orteil. Ni de gratter sa guitare comme un névrosé qui ne sait pas dans quelle position placer la fermeture éclaire de son blouson. Un style aussi bouillant nécessite tout d'abord une fine précision musicale. Etre capable de construire une suite de chansons simples et exaltantes, en ne tombant ni dans la répétition, ni dans l'imitation. Ensuite, il requiert une énergie bouillonnante, et la capacité de la canaliser, afin de proscrire la moindre demi seconde d'ennui auprès de son public. A ce titre, on peut dire que les Subways se trouvent parmi les meilleurs au monde à faire ce qu'ils font.


Billy Lunn, le charismatique chanteur du trio, porte les cheveux rouges et le regard ardent. Un inaltérable sourire de potache lui fend les joues jusqu'aux yeux, qu'il a chargés d'adrénaline. Il invective la foule, ne la traitant pas moins avec respect et affection, et distribue à la pelle les riffs de guitare assassins. Charlotte Cooper, vêtue de son habituelle robe argentée à paillettes, sautille basse en main, comme une petite fille jouant à une version accélérée de la marelle. Elle prête également sa voix fluette au chant criard de son compère. Au milieu des deux, le batteur Josh Morgan ne pipe mot, mais fait son boulot à merveille. Sous les yeux du public de l'Orangerie, le duo fait preuve d'une présence vive et complémentaire. Aucun des deux ne tient en place... Lunn court d'un extrême de la scène à l'autre, se dresse en son bord pour prendre la température de la foule, se hisse sur la batterie pour en sauter sur les reprises. Et Charlotte... sautille, de gauche à droite, comme si ses semelles étaient équipées de ressorts avec batterie branchée sur secteur. La playlist de ce samedi fait la part belle au nouvel album "Money and Celebrity", non sans comprendre d'anciens classiques comme le très attendu "Rock n'roll queen". L'occasion pour certains zigotos de la foule, quelque peu éméchés, de grimper sur scène pour en sauter illico, et se faire porter par les mains des premières rangées. Ceux qui hésitent à se lancer, ou qui veulent simplement s'incruster, sont vigoureusement chassés par la sécurité, alors que le groupe continue de jouer en observant la scène avec amusement.

 

Les Subways montrent un réel attachement à leurs fans, Lunn leur parlant beaucoup, et les remerciant chaleureusement après chaque titre, en français dans le texte. Il est de notoriété que le public belge est généralement l'un des préférés des artistes de rock, mais au contraire des natifs de Welwyn Garden City, tous ne le leur rendent pas. A ce titre, l'énergie du trio est on ne peut plus communicatrice, et fait de ce concert un délire de célébration à recommander à tous les dépressifs.

 

 

The Subways

Orangerie du Botanique, Bruxelles

Samedi 15 octobre 2011


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14/10/2011

The Antlers - Burst Apart

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Trio originaire de Brooklyn, The Antlers était au départ le projet solo du musicien compositeur Peter Silbermann. Devenu un groupe, c'est sous ce format que sont sortis 4 albums en 5 ans d'existence, dont Burst Apart est le petit dernier. Ce disque tourne largement autour du rock indie, même si les styles peuvent fluctuer d'une plage à l'autre. Notamment le second titre, "French exit", qui distille un rythme plus groovy, "Parentheses", le suivant, qui trempe davantage dans le Trip Hop, ou encore la plage de clôture "Putting the dog to sleep", qui sonne comme un vieux blues à la Neil Young.

 

Burst Apart alterne le doux et le sombre, dans un style toujours élégant. Jamais démesurée, sa musicalité lui insuffle une atmosphère intense et profonde. Quant à la voix de Silbermann, fine et teintée d'un soupçon d'écho, elle apporte une touche dramatique supplémentaire. Légère certes, mais largement suffisante. Le calme ambiant est à couper le souffle, et nous scotche d'un bout à l'autre. Il est rare qu'un résultat aussi envoûtant découle d'une telle sobriété. Burst Apart est tout simplement somptueux.

 

 

The Antlers

Burst Apart

Tarif: 8.5/10

 

 

Ecoutez:

I don't want love

French exit

Parentheses

11/10/2011

Customs - Harlequins of love

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Customs est un groupe de rock alternatif néerlandophone. Malgré des textes en anglais, leur renommée peine à dépasser les frontières linguistiques du plat pays. Au-delà, aucune radio ne les diffuse ; le seul moyen de les connaître serait de les voir sur la scène de l'un ou l'autre festival sur terre flamande, où ils se produisent généralement en début de journée. Leur bio ne se dégotte pas facilement en ligne, et le nombre de fans recensés sur les réseaux sociaux ne remplirait pas Forest National. En voilà une formation pour le moins discrète.

 

Le quatuor dispose pourtant de dossiers convaincants. Leur allure raffinée, leur style musical froid mais dynamique, démontre toute l'influence de la période post punk sur leurs compositions. Les basse et guitare ne sont pas prépondérantes, et les mélodies du piano électrique, simples mais très efficaces, se montrent persuasives. En termes d'inspiration, cette touche pop les rapproche davantage des Stranglers que de Joy Division. L'inspiration, c'est le bémol de taille qui se dresse sur la partition des Customs. Elle est bien trop évidente que pour ne pas y songer. Impossible d'apprécier leur oeuvre sans connaître tous ceux qui les ont précédés sur cette voie. Impossible d'écouter cet album sans émettre de comparaison avec Interpol, Editors, White Lies et j'en passe. Difficile, dès lors, de trouver sa place, d'imposer son identité, au milieu de ceux-là.

 

D'un point de vue purement musical, Harlequins of love est loin d'être désagréable. Certes très court (10 titres, 36 minutes au total), et moins percutant que l'un ou l'autre album de leurs cousins anglais. Mais si la profondeur n'en est pas un trait, cet album a le mérite de dicter un certain rythme, et de ne jamais être ennuyeux. Quelques titres formatés comme de potentiels singles valent même largement le détour. C'est parmi ce qu'on a fait de mieux dans le genre en Belgique depuis Front 242.

 

 

Customs

Harlequins of Love

Tarif: 6.5/10

 

 

Ecoutez:

Onwards & Upwards

Harlequins of love

Toupee

 

09/10/2011

The Wombats - This Modern Glitch

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Trio originaire de Liverpool, les Wombats surfent sur la vague du britrock, et apportent à ce vigoureux ressac un second album de poids. Enjoué, leur style ressemble à un rock pour adolescents qui aurait quelque peu muri. Il se caractérise par une certaine modernité du son, lequel allie les ingrédients habituels du rock à trois, à des riffs électroniques qui placent les guitares légèrement en retrait. Cet aspect hybride permet de profiter d'une écoute confortable, puisque les enceintes ne crachent pas leurs poumons à chaque refrain, malgré un rythme continuellement soutenu.

 

Dans la forme, This Modern Glitch ressemble à du Two Door Cinema Club. Vif, enthousiaste, et surtout agrémenté d'une ribambelle de tubes qui restent coincés dans les oreilles dès la première écoute. Plus de la moitié des titres sont d'ailleurs devenus des singles outre-manche. Sans nous transcender, c'est un de ces albums frais et pêchus qui s'incruste volontiers sur notre platine. Seul hic, s'il en est un : cette suite de titres énergiques se base sur une recette unique, qui greffe l'album d'une certaine constance, et qui sur la fin, en tarit l'effet pétillant. Mais reproche-t-on à un poisson de ne jamais sortir de l'eau ?

 

 

The Wombats

This Modern Glitch

Tarif : 6.5/10

 

 

Ecoutez:

Tokyo (Vampires & Wolves)

Jump into the fog

Techno fan

08/10/2011

Patrick Wolf - Lupercalia

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Je n'introduirai pas cet album en vous disant, comme à chaque fois, que son auteur est un artiste hors norme. Mes fidèles lecteurs, en espérant qu'il y en ait (et d'autres que ma famille ou mes amis, signalez-vous si vous en êtes !), savent à quel point je porte Patrick Wolf en estime.

 

Comme tout artiste qui se respecte, le longiligne Londonien se laisse guider par ses influences du moment. Son album de 2009, "The Bachelor", devait ainsi connaître une suite, au titre annoncé de "The Conqueror". Ces deux opus formant alors un double album intitulé "Battle". Oui mais voilà, après la dépression qui avait accompagné l'écriture du Bachelor, la vie de Patrick fut chamboulée par l'avènement d'un amour très fort. Exit donc le projet d'un double album en tunique de guerre, une fleur au fusil étant venue lui faire tourner la tête, et modifier ses plans de façon radicale.

 

Se sentant pousser des ailes, il lui prit l'envie de dédier un album entier à ce merveilleux sentiment qu'est l'amour. Thème maintes fois abordé en chanson, retourné dans tous les sens, et qui, ne nous le cachons pas, sert de fond de commerce à beaucoup de professionnels du métier. Se gardant bien de plonger dans la soupe populaire (qu'il en soit remercié), Patrick a tenté une approche nouvelle et originale, tout en restant bien sûr personnelle. Le fruit de ce travail s'intitule Lupercalia, du nom d'une fête rituelle de l'empire romain, célébrant l'amour et la fertilité.

 

Pour mener à bien ce projet, Patrick s'est donné les moyens de ses ambitions, avec une instrumentation variée et complète, au sein de laquelle le violon et le piano tiennent, comme toujours, une place primordiale. On retrouve donc sur Lupercalia le style baroque bien typique de son auteur, qui prend ici une envergure encore plus majestueuse qu'auparavant. Le résultat est accompli, et c'est le moins que l'on puisse dire, puisque cet album respire l'amour du début à la fin. C'est un vrai conte musical, comprenant des moments d'émancipation très forts, et d'autres plus intimes, mais tout aussi positifs. Il est cependant hardi de vouloir faire mieux que le populaire sans que cela y ressemble. L'appréciation de cet album va donc de pair avec les goûts de chacun en matière de sentimentalisme exacerbé. Quoi qu'il en soit, Patrick emporte son pari haut la main, en parvenant à maintenir un euphorisme constant, sans jamais tomber dans la niaiserie.

 

 

Patrick Wolf

Lupercalia

Tarif : 7/10

 

 

Ecoutez :

The City

Time of my life