04/02/2012

The Maccabees - Given to the wild

maccabees.jpg

 

 

Après deux albums barbotant dans l'indie rock plus ordinaire, mais non moins appréciable, The Maccabees passent à l'étape supérieure, celle du communément appelé "album de la maturité". Par rapport à ses ainés, Given to the wild se distingue par une accroche non singulière, et une impressionnante consistance. Le style est toujours basé sur le rock anglo-saxon classique, mais on sent un désir évident de tendre vers le post rock. En témoignent cette atmosphère sombre et profonde, où les tirades de guitare se succèdent au chant fin et velouté d'Orland Weeks. Un timbre de voix qui, au passage, n'est jamais paru aussi contextuel.

 

Ce troisième opus des Londoniens est réellement surprenant, dans sa forme comme dans son déroulement. On ne sait jamais prévoir ce que la prochaine mesure nous réserve. Outre les ingrédients courants du rock, des cuivres peuvent surgir à n'importe quelle reprise. Le disque alterne le mélancolique et l'envolé, et devient même orageux quand, au bout de huit chansons, on croit avoir tout entendu, et que se déroulent les poignants "Unknown" et "Slowly". Les Maccabees réussissent le pari d'allier technique et émotion, ou d'étaler sur tout un album les troubles déclenchés par le "So here we are" de Bloc Party. Pour citer d'autres références, "Given to the wild" apparaît comme un mix peaufiné des meilleurs moments d'inspiration des Smiths et d'Archive. On tient déjà un des albums de l'année.

 


The Maccabees

Given to the wild

Tarif: 8/10

 

 

Ecoutez:

Pelican

Unknown

02/02/2012

Lamb @ Atelier, lundi 30 Janvier 2012

LambLive.jpg

 

A l'heure où l'electro rock remplit les play lists d'I-pod et les line-up de festivals, alors que les représentants de ce style se multiplient, et titillent les critiques avisés, ou les autres, qui veulent simplement paraître dans le vent ... il n'est pas trop tard pour se tourner vers les artistes qui furent la source d'inspiration de ce mouvement. Lamb fut un des premiers bands à adoucir la drum n'base industrielle, et à gommer le rap du trip hop, pour lui greffer une voix féminine, douce et sensuelle. A leur sauce, les mancuniens faisaient déjà du dub step, quinze ans avant la généralisation de ce terme.

 

En ce lundi glacial, l'Atelier n'affiche pas complet. Mais la foule présente ne masque pas son enthousiasme. A se demander si la présence de deux groupes en première partie esst vraiment nécessaire pour chauffer le public. Peu avant 22 heures, les lumières s'éteignent. Andy Barlow débarque le premier sur scène, excité comme un puceron. Une certaine adrénaline émane de son regard, son poing serré, et sa gueule revancharde. Son attitude emprunte celle d'un joueur de foot fêtant le but de la victoire. Arrive alors la pâle et chaleureuse Lou Rhodes, dos nu, vêtue d'une longue robe éclatante, à la manière de la "dame blanche" décrite dans les légendes urbaines. Ce qui sur papier, reste un simple duo, devient trio une fois sur scène, avec la présence d'un troisième larron entre deux âges, qui ne fait qu'effleurer les cordes de sa contrebasse électrique en se dandinant discrètement.

 

Avec Barlow aux machines, le concert prend une dimension peu commune. L'orchestration s'en trouve minimisée, mais le résultat en vaut la peine. Les premiers titres suffisent à nous faire quitter l'Atelier, happés par un vortex de basses et d'électronique, à la poursuite de la voix sulfureuse de l'ange Rhodes. Les basses soulèvent, les beats percutent, et la voix envoûte. En quinze années de carrière, la griffe Lamb n'a rien perdu de son tranchant. Les titres d'hier restent frais, sonnent terriblement actuels. Alternant les anciens et les nouveaux (le groupe a sorti son 5e album l'an dernier, dans une certaine indifférence), le set file à une vitesse folle, et déjà, ils quittent la scène après un somptueux "Gorecki". Pas le temps de laisser la clameur se tasser que les revoilà, armés d'une guitare acoustique pour un détonnant "What sound". Le rappel se poursuite dans la même ferveur, le public ne tempérant son ardeur qu'en début de chaque morceau, comme pour mieux s'en imprégner.

 

Lamb fait partie de ces groupes qui traversent les années sans faire de bruit, mais sans s'amenuiser, et toujours avec autant de classe.

 

 

Lamb, Atelier - Luxembourg,

Lundi 30 janvier 2012