23/03/2012

SBTRKT

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SBTRKT est le nom de scène du DJ londonien Aaron Jerome. Ces dernières années, ses remix de grands noms tels Radiohead, Underworld ou Basement Jaxx lui ont permis d'acquérir une certaine notoriété dans le milieu underground. Son alias, peu évident à prononcer d'un trait, le situe aux antipodes de la ruée vers la gloire. Derrière ses masques africains, Jerome prône l'anonymat de l'artiste au bénéfice de l'oeuvre musicale, alors libre de s'exprimer par elle-même. C'est sous cette succession de consonnes qu'après plusieurs EP, il a sorti son premier album éponyme l'an dernier.

 

Son style mélange le funk et le dubstep. Pour ses compos, il pioche l'influence de façon intemporelle, empruntant au futur l'inédit et l'atypique, et au passé, une sobriété qui se traduit par une myriade de sons électroniques binaires, qui au siècle dernier seraient parus futuristes. Parmi d'autres, des cuillers sur des bouteilles, des xylophones dans une grotte, des gouttes d'eau à écho immédiat et répété, et globalement, des basses et percussions tout aussi synthétiques que le reste, quis emblent ricocher sur les tympans. Cette chimie électronique soutient une mixité de voix et choeurs au parfum de soul, qui alternent chant, soupirs et refrains accrocheurs. Des voix qui réchauffent, et adoucissent la vivacité rythmique, créant un notable mariage des genres.

 

Si certains titres comme "Rights things to do" sont davantage électroniques et contemporains, ils ne se départissent pas de la griffe de l'auteur, sorte de New New Beat ressurgissant vingt ans après la première copie. Et malgré une musicalité artificielle qui ne manque pas de tempo, cet album métissé reste très aéré. A découvrir, tout simplement.

 

 

SBTRKT

Tarif: 7/10


Ecoutez:

Hold on

Pharaohs


20/03/2012

The Big Pink @ Atelier, lundi 12 mars 2012

 

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Ce lundi, l'Atelier n'accueille pas l'affluence des grands soirs. En se baladant rue de Hollerich, on peut même douter qu'un concert a lieu. Le groupe qui se produit ne démérite pourtant pas, mais le peu de mediatisation dont il bénéficie est sans doute à l'origine du vide que les quelques dizaines de spectateurs découvrent en débarquant dans la salle Luxembourgeoise.


Sur papier, The Big Pink est un duo, formé du musicien arrangeur Milo Cordell, et du chanteur Robbie Furze, qui titille un peu de guitare à l'occasion. Sur scène, il devient un quatuor, au sein duquel ce dernier prend toute la place. Mal rasé, fringues de ville, des yeux que l'on devine plissés derrière des bouts de mèches chaotiques, Furze gratifie ses fans d'une prestation hachée de riffs de guitare et de sautillements irréguliers. Son chant est calqué sur les versions studio de ses chansons, et entre celles-ci, les échangent avec le public se limitent à l'essentiel. Certes, il rappelle que leur dernier album est sorti il y a peu. Il remercie, aussi, la poignée de braves présents ce soir, positivant sur leur nombre en affirmant qu'il est toujours plus agréable de jouer devant un parterre de vrais fans (...). Mais globalement, ses interventions se comptent sur une seule main. Quant aux autres membres du groupe, ils sont aussi discrets que des étagères vides. On devine néanmoins une forte complicité entre Furze et sa batteuse, un garçon manqué à la poigne assurée. Les nombreuses oeillades de son leader, et ses réponses en forme de sourires étoilés, témoignent que ces deux-là doivent fricoter allègrement en back stage



Musicalement, qui dispose des deux albums du groupe ne sera pas surpris. Hormis deux ou trois morceaux, rallongés pour dépasser les 60 minutes de concert, la set list se présente comme un best of version singles. On regrette que des chansons puissantes comme Stay Gold, Rubberneckin, Velvet ou Dominos ne soient pas exploitées à leur potentiel.La patte electro rock lancinante de Furze & cie est pourtant bien propice à la lévitation des semelles, mais ajoutée au peu de partage avec le public, l'interprétation trop carrée manque d'une réelle intensité. Malgré cette copie satisfaisante, The Big Pink reste un groupe au potentiel élevé, à suivre de près dans les années à venir.





The Big Pink @ Atelier Luxembourg, lundi 12 mars 2012.

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06/03/2012

Zola Jesus - Conatus

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Si son nom la prédestinait à devenir championne de tennis, Nika Danilova préféra se lancer dans une carrière artistique. A bon escient. Touchée par la grâce musicale dès le plus jeune âge, elle débute ses vocalises dans le registre de l'opéra. Un peu plus tard, les démons de l'adolescence enflamment son amour pour le rock. C'est à cette période qu'elle choisit son nom de scène, avec l'impression de titiller une esquisse de sacrilège lorsqu'elle mélange les noms de Jésus Christ et Emile Zola. Influencée entre autres par l'oeuvre de Ian Curtis et Lydia Lunch, elle commence par enregistrer des démos dans son flat de Madison, Wisconsin. La suite, c'est trois albums studio, autant d'EPs, et plusieurs participations dont M83 et Former Ghosts.

 

Contrairement à ces derniers, et dans une moindre mesure à leurs cousins de Xiu Xiu, le style Zola Jesus reste abordable. On retrouve bien cette atmosphère lourde, glacée et solennelle, mais l'accent dépressif est nettement moins fort. Conatus diffuse un parfum très concentré d'électro gothique, au sein duquel on devine les influences rock et classiques de la demoiselle de blanc vêtue. Pour la partie chant, Nika émeut comme Siouxie et subjugue comme Florence Welsh, ne diffusant toutefois qu'un minimum syndical de chaleur.

 

L'album peut paraître alourdi par un aspect répétitif, conséquence d'une palette de son très mince. Mais certaines chansons n'en sont pas moins affûtées pour pénétrer l'oreille et bien s'incruster en tête. Conatus a le potentiel de rassembler les fans torturés, tout en s'ouvrant à un public plus large et moins élitiste. Et rien que ça, c'est remarquable.

 

 

Zola Jesus

Conatus

Tarif: 7.5/10

 

 

Ecoutez:

Vessel

Hikikomori

Shivers

01/03/2012

Ladytron - Gravity the Seducer

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Formé en toute fin de vingtième siècle, Ladytron a traversé la dernière décennie sans faire de bruit. Si leur nom ne titille pas la conscience collective, quelques-uns de leurs titres ne sortent pourtant pas de nulle part. Des singles comme « Playgirl », « Seventeen » ou « Destroy everything you touch » ont accompagné vos séances de cinéma ou parties de jeux vidéo, sans que vous ne sachiez qui se trouvait derrière ces bande-son.

 

Ladytron se positionne comme représentant de longue date d’une vague post New-Wave, ayant hiberné tout au long des années 90, pour ensuite ressurgir au devant de la scène, comme poussé par une fièvre électro-gothique. Débarqués au moment opportun, le quatuor de Liverpool est surtout parvenu à assurer sa pérennité, au cours d’une décennie n’ayant connu aucun mouvement musical de grande ampleur. En 2011, ils nous gratifiaient d’un double album Best Of, retraçant leur parcours de l’an 2000 à nos jours. Ils n’auront pas pris beaucoup de congés avant de regagner les studios, puisque quelques mois à peine après la sortie de ce recueil, nous arrive déjà un nouvel album tout chaud.

 

Puisqu’on ne change pas une recette prospère, on retrouve dans « Gravity the Seducer » cette atmosphère tiède et moite, parfumée de sons électroniques frivoles aux origines perdues entre la fin des années 70 et la décennie 80, bien que plus appuyés à certains moments. Placide et enjôleuse, la voix de la belle Helen Marnie contribue fortement au charme des lieux. Doux certes, agréable aussi, cet album manque toutefois de surprise et d’entrain. Il existe bien des nuances entre chaque titre, mais rien de ce qui se déroule ici n’est inattendu. D’autant moins alors qu’on sort à peine d’une double compilation de singles. L'ensemble paraît trop posé, et pas assez espiègle que pour réellement nous exciter. On appréciera, à certains moments, barboter dans ce bain angéliquement binaire, sans pour autant se sentir entraîner par un quelconque courant. Certains titres passés, nés d’une formule semblable, avaient plus de saveur.

 

Dire que « Gravity the Seducer » est un album inachevé équivaudrait à porter atteinte à l’intégrité du groupe. Pire, ce serait comme insulter un genre entier. Ou tout simplement, ce serait calomnieux. Mais le fait est qu'il pourrait être plus séducteur.

 

 

Ladytron

Gravity the Seducer

Tarif : 5.5/10

 

 

Ecoutez:

Ace of Hz