23/04/2012

Roscoe - Cracks

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A l’heure où leur premier single se faufile sur l’antenne de l’un ou l’autre radio de bon goût, je peux me vanter d’avoir découvert Roscoe bien avant ce début de succès. Fin 2010, ils assuraient la première partie des Anglais de Birdpen sur la scène du Tipi, crypte musicale située en plein cœur du vieux Liège. L’étonnante facilité avec laquelle ces jeunots maniaient le rock alternatif m’avait alors scotché, et si je ne vous en avais pas parlé sur ce blog à l’époque, je regrette aujourd’hui ce manquement. Voici donc de quoi me rattraper, puisqu’ils en valent réellement la peine.

 


Formation d’origine liégeoise, Roscoe a tout ce qu’il faut pour se faire une place confortable au sein du mouvement indé. Il est fort à parier que leur parcours serait déjà bien plus avancé s’ils venaient d’outre-manche, mais peu importe, puisqu’ils nous rendent fiers à être ainsi basés à quelques sorties d’autoroute à peine. Ce premier album dessine un univers aéré, nuageux, orageux par moments, puisqu’il alterne les éclaircies posées et les averses fortes et vivifiantes. Mais surtout, il installe une intensité mesurée au poil, et démontre une griffe d’une impressionnante maturité. Sans aucun doute, ces gars-là jouent ensemble depuis un moment, et ils savent où ils veulent aller. On pourrait les comparer à The National, avec en plus une petite touche organique, comme une pincée de Mogwai ou un soupçon de Sigur Ros. Globalement, Cracks n’est préjudicié que par une monotonie latente certes, mais non ankylosante, et par une sorte d’impalpable retenue. On sent que, par respect pour certaines conventions, ou de peur d’aller trop vite, trop loin, ils se retiennent de se lâcher complètement. Leur histoire ne fait que commencer, et ils sont à suivre avec beaucoup d’attention. Car pour un premier album, c’est plus qu’encourageant !



Roscoe

Cracks

Tarif: 7.5/10



Ecoutez:

Enemies

 

07/04/2012

Therapy? @ Ancienne Belgique, mardi 3 avril 2012

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Les concerts de Therapy? sont-ils devenus des moments de détente ? C'est la question qu'on peut se poser ce mardi soir, durant les dix premières minutes de l'énième prestation bruxelloise du trio d'Ulster. Le leader Andy Cairns paraît bien sobre, veston noir sur les épaules et chant étonnamment pondéré. Quant au public, il se contente de hocher la tête en rythme, sans plus de mouvement.

 

Cette paisible entrée en matière ne dure que trois chansons. Ensuite, les premiers accords de Stories suffisent à déclencher l'hystérie. En un instant, un pogo général se forme, et les inconditionnels du crowd surfing se promènent au dessus de nos têtes. L'ampleur de la bousculade est telle qu'il faut reculer pour atteindre une place sans risque. Impossible, par contre, d'échapper à cette infâme odeur de poney, mélange de tabac froid et de transpiration, hélas inhérente à ce genre de contexte. Fans de Metal qui me lisez, je vous en conjure : avant un concert, merci de mettre du déo et de laver vos t-shirts. Face à cette déferlante, Cairns reste imperturbable. Très cool, il laisse ses fans monter sur scène, l'approcher, et permet même à l'un d'eux de s'emparer du micro pour chanter à sa place l'entêtant refrain de Potato Junkie : "James Joyce is fucking my sister".

 

Le déroulement du concert peut sembler inégal, la set list alternant les classiques du groupe avec les titres du dernier album, certes taillés dans la même écorce néo punk, mais moins endiablés. Comme toujours, la part belle est faite à leur pépite de 1993, l'album Troublegum, dont chaque extrait relance le chahut général. Un désordre qui atteint son paroxysme après 40 minutes, lorsque s'enchaînent les fulgurants Nowhere et Screamager. Puis le trio sort déjà de scène, avant de revenir avec les excuses du chef : "I thought we played longer, off course we have more stuff for you!". Suivront d'autres instants de grâce nostalgique, comme le succulent Die Laughing ou une version épurée de Diane, sans violons. Mais également quelques minutes de clame stupéfiant, qui accompagnent Ecclesiastes, chanson de clôture du dernier album dans un style trip hop, aux antipodes de l'image qu'on se fait de Therapy. Mais globalement, ces références du rock irlandais auront rempli leur rôle sans fioriture, en mettant à sac une Ancienne Belgique entièrement dévouée à leur cause.

 

 

 

Therapy?

Ancienne Belgique, Bruxelles

Mardi 3 avril 2012

 

04/04/2012

Florence + the Machine @ Ancienne Belgique, samedi 31 mars 2012

ancienne belgique,ab,florence and the machine

 

Lors de leur premier passage à l'Ancienne Belgique, Florence and the Machine assuraient le support des fringants MGMT. Depuis, la Londonienne a fait son chemin. Un parcours remarqué qui lui valait, ce samedi, de revenir en ces murs pour son propre compte, et d'assurer un spectacle à la hauteur de ses intentions musicales. Sur une scène fondue pour l'occasion dans un décor de cathédrale post-moderne, Florence et sa machine ont déroulé une performance aussi majestueuse que millimétrée.

 

La cérémonie débute sur les coups de 21 heures, quand sur les premières notes de Only if for a night, la chanteuse fait son entrée sur scène d'un pas processionnel, vêtue d'une longue robe noire de prêtresse. Sa présence suffit à ravir l'assemblée de fans, qui n'auront de cesse de lui crier leur admiration. Au moindre geste de leur idole, aussi infime soit-il, c'est un vent de clameurs qui se lève. Et lorsqu'elle s'approche du bord de scène, une impressionnante lame de bras se dresse pour la suivre. Impressionnant, le spectacle l'est à point. Rodé à souhait, du set aux lumières, et musicalement très intense. Le terme de cérémonie n'est réellement pas surfait.

 

Mais par delà budget, rayons et fanfreluches, Florence Welch est avant tout une voix dont le talent se passe de tout commentaire. Soulevant les mélodies, maniant parfaitement douceur et puissance. Rien de moins que subjuguante. Et puisque les musiciens suivent la cadence, la prestation en devient délectable. On regrettera, peut-être, que l'imposante ligne directrice réduise au minimum toute forme de spontanéité musicale. Mais lorsqu'elle s'adresse à son public, racontant l'une ou l'autre anecdote, ou se confondant en remerciements, Florence montre qu'elle a gardé visage humain, et que le succès n'a fait pas d'elle une machine.

 

Comme on pouvait s'y attendre, la playlist s'axe sur le dernier album, sans toutefois oublier les hymnes du précédent. Impossible de passer à côté du jubilatoire Dog days are over, ou de You've got the love, dont on suppose que peu de fans connaissent la version originale de The Source, sortie du fond du placard à années 90 par Florence et les siens. La qualité de leur répertoire leur permet de les placer en milieu de concert, gardant pour la fin un Spectrum réellement captivant. En rappel, ils gratifient le public d'un émouvant Never let me go, avant de clôturer la soirée par un explosif No lights no lights. On applaudit une dernière fois avant de quitter les lieux, non sans le sentiment, gratifiant, d'avoir été privilégié.

 

 

Florence + the Machine

Ancienne Belgique

Samedi 31 mars 2012.