29/08/2012

A Place To Bury Strangers - Worship

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Le trio new-yorkais A Place To Bury Strangers revient avec un album plus "shoegaze" que
jamais. Tout sur Worship est saturé à la limite de l'outrance, de la voix, initialement
douce et froide, aux guitares, en passant par des percussions distordues. La musicalité de 
ce disque repose sur une palette de sons profonds, gorgés d'écho, qui souvent caressent la 
consistance de simples bruits, tout en demeurant mélodiques. Mais ne parlons pas d'une 
simple "atmosphère" : ce disque est littéralement enfoui dans une couche nuageuse, 
bruineuse, délicieusement noire et malsaine. Une brume sirupeuse, dont il faut chercher la 
source du côté des Sisters of Mercy, de celles qui placent l'auditeur attentif dans un état 
semi éthilique et légèrement ébranlé.
 

On retrouve aussi ces lignes de basse volantes et prédominantes qui caractérisent le
mouvement post-punk. Ainsi un titre comme "Dissolved" fait irrémédiablement penser aux 
premiers albums de The Sound ou New Order. Les chansons se caractérisent par une 
douloureuse fin, que ce soit d'une coupure nette ou d'une mixture de saturations. Mais 
dans l'ensemble, ce disque se distingue surtout par sa tendance à flirter avec le vacarme. 
Un style qui l'en éloigne du sacro-saint "tout public", lequel, s'il s'y risque, n'attendra pas la 
dernière plage pour avaler une aspirine. Par contre, cette griffe si particulière fera le 
bonheur des amateurs de cyberpunk.
 
 
A Place To Bury Strangers
Worship
Tarif: 7/10
 
 
Ecoutez:
You Are The One

 

21/08/2012

Suivez le fil

Islands – A Sleep and A Forgetting

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Formation canadienne née en 2005, Islands propose son quatrième album. Un opus aéré, élégant, à tendance folk très marquée, oscillant entre blues séduisant et cha-cha apaisant. Il règne dans cette bulle une atmosphère de quiétude qui jamais ne tourne à l’orage, et ce même lorsque le rythme s’accentue. L’ensemble orchestral est dénué d’artifice, et aucun instrument n’y prédomine réellement. A sleep and a forgetting est un album fringant certes, mais dont le manque d’intensité se fait vite ressentir. Ce style alangui peut ainsi provoquer un léger ennui, d’autant qu’il est dépourvu de réelle surprise.

 

Tarif : 6/10

Ecoutez : This Is Not A Song


Linkin Park – Living Things

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Au-delà de leur statut de groupe commercial post-moderne, il faut reconnaître à Linkin Park le talent d'avoir conquis la planète, grâce à leur nouvelle recette où metal et hip-hop se mélangent au sein d'une sauce qui reste néanmoins comestible. La qualification de "nouvelle" était valable au début de ce siècle, alors que le groupe d'Agoura Hills s'emparait des ondes internationales. Depuis lors, il faut bien admettre que le renouvellement ne fut jamais à l'ordre du jour. Sur Living Things, les Californiens font ce qu'ils ont toujours fait de mieux : aligner les titres punchy, chargés de beat et de guitares, emmenés tantôt par le flow de Mike Shinoda, tantôt par la voix puissante de Chester Bennington. Ils ne surprendront pas leur monde par ce nouvel opus, mais peut-être bien par leur capacité à trouver de nouvelles formules accrocheuses à partir des mêmes ingrédients. Entre l'infâme redécoupe de boucherie et la divine multiplication des pains, libre à chacun de se faire sa propre opinion.

 

Tarif: 6/10

Ecoutez : Burn It Down


 

Peter Kernel – White Death & Black Heart

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La question n’est pas de savoir qui est Peter Kernel, mais bien qui sont-ils. Peu renommé en Europe, ce trio d’origine canadienne nous apporte ici un second album de rock sec et carré, sombre et envoûtant. Embué de mélodies low-fi, il baigne dans une nonchalance certaine, qui contribue à alléger un rythme lourd et très carré. C’est un disque au caractère hargneux, au style bien ancré dans la période New Wave dite « post punk », dont votre serviteur est friand. Peu surprenant certes… si ce n’est juste quand il le faut. Au moment pile où on commence à le trouver itératif, il se met à résonner d’airs troublants (The captain’s drunk), puis endiablés (The Peaceful), voire les deux à la fois (We’re Not Gonna Be The Same Again) qui lui ouvrent une dimension de profondeur supplémentaire, quelque part entre The XX et les Breeders. White Death Black Heart est un album cru, à la simplicité purgative et exempt de toute chafouinerie. Surtout, rappelez-vous de ne pas vous arrêter aux premières plages !

 

Tarif : 7/10

Ecoutez : Panico ! This is love

 

01/08/2012

Xiu Xiu - Always

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Jamie Stewart est l'un des artistes les plus à vif de sa génération. Deux ans après le très explicite "Dear God, I Hate Myself", son band Xiu Xiu et lui reviennent avec un nouvel opus tout aussi sombre, sobrement intitulé "Always".


On reconnait de suite ces sonorités glacées, ces multiples accroches électroniques guidées par la voix tremblante et désappointée de leur auteur. Intemporelles mais néanmoins proches de la cold wave, les compositions de Stewart provoquent l'émoi, et diffusent comme un sentiment de malaise confortable. Par rapport à son prédécesseur, "Always" se distingue par une base davantage orientée pop rock, et un format proche du "communément acceptable". Certains titres aux mélodies accrocheuses pourraient même passer sur les ondes - spécialisées, cela va sans dire, l'oeuvre de Stewart étant bien hors de portée des oreilles NRjiennes. Quiconque apprécie ce style industriel et dépressif sera profondément touché par certains titres, comme les entêtants "Joey's song" ou "Honey Suckle". Pour les curieux, l'ensemble de l'album reste relativement digeste, si ce n'est le chaotique "I Luv Abortion" où Jamie étale son mal-être sans aucune retenue. Quant à "The Oldness", c'est un petit bijou de quiétude, qui entre déprime et tendresse, sonne comme un demi-songe paradisiaque.


"Always" est le nouveau témoignage poignant d'un artiste qui vit son œuvre avec passion, là où nombre de ses collègues se contentent simplement de faire leur métier.

 


Xiu Xiu

Always

Tarif : 7,5/10


Ecoutez:

Honey Suckle

Joey's song

The Oldness