26/09/2012

Two Door Cinema Club - Beacon

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J’ai découvert Two Door Cinema Club en live, alors qu’ils assuraient la première partie de Phoenix. C’était à l’Atelier, la salle la plus conviviale de Luxembourg, et même de tout le Grand Duché, dont je pourrais devenir actionnaire s’il m’était possible d’échanger mes tickets écoulés contre des stock options. Ce dimanche de printemps 2010 fut l’un de ces –rares- concerts où l’entrée me plut davantage que le plat principal. La prestation des Versaillais ne m’avait pourtant pas laissé dubitatif, loin s’en faut. Mais la pêche imprimée par les Nord Irlandais, et surtout leur sens aiguisé du tube, m’avaient fait plus que bonne impression. La semaine suivante, je m’empressais de découvrir Tourist History, leur premier album encore tout chaud. Un disque au rock terriblement frais, débordant d’enthousiasme, jamais agressif et encore moins terne. Une suite d’implacables hymnes à la bonne humeur que je nommerais plus tard « album de l’année ». Je ne serais pas le seul à m’emballer au sujet du rouquin Alex Trimble et de sa bande. Nul n’a fait d’eux les nouveaux Rolling Stones, mais je n’ai jamais lu, ou entendu, de bémol à leur égard. Pas une ligne, ni un seul commencement de phrase. Et pour cause, comment pourrait-on résister à ce bouillonnement d’allégresse, aussi accessible qu’efficace ? Car accessible, la griffe TDCC semble bien l’être. Et l’on peut s’étonner que la planète commerciale ne se soit jamais emparée du phénomène, d’autant qu’ils sont régulièrement diffusés en télé, dans l’une ou l’autre publicité. Remercions leur discrétion, leur simplicité conversée face au succès, et leur image de jeunots sans histoire, qui n’en feront jamais des icônes stéréotypées, servant à remplir les couvertures des magazines people. La musique n’est jamais aussi bonne que lorsqu’elle reste musicale, à cent pour cent.

 

Revenons à l’actualité, et à nouveau, abordons le challenge redouté du second album, celui qui suit un début marqué par la réussite. Taillé dans la même pierre que son béni prédécesseur, Beacon finit de poser le style frais et enjoué de TDCC. Tout comme Tourist History, il alterne les ritournelles qui rentrent plus facilement dans l’oreille qu’elles ne s’en délogent, et dont aucune n’est réellement moins consistante qu’une autre. Son écoute provoque pourtant un léger hic… Il n’est pas question d’un malaise, mais d’une question qui demeure alors que la dernière plage se termine. Comme un doigt qui resterait levé, au milieu d’une classe, alors que retentit la fin du cours. Quelque chose a changé, un infime détail, qui certes ne fait pas de cet album une déception, mais qui le place un cran en dessous du précédent. Beacon est peut-être bien plus élégant, mais certainement moins percutant que Tourist History. Des chansons comme « Handshake » ou « Sleep Alone » séduisent, mais ne provoquent pas l’excitation comme « I Can Talk », « Something Good Can Work » ou « Eat that up, it’s good for you », les tubes de 2010 qui s’écoutaient et s’écoutent toujours en boucle, sans lassitude. Ici, pour se voir administrer une bonne dose de patate, on peut compter sur les titres « Someday », « Settle », et… c’est à peu près tout.

 

Avec ce fin tracé Beacon, les Two Door Cinema Club effectuent clairement un pas sur la ligne qui mène le rock à la pop. Ne jouons pas les blasés, cet album est gai, relevé, et de bon niveau. Peut-être manque-t-il simplement de potentiel addictif.

 


Two Door Cinema Club

Beacon

Tarif : 7/10

 


Ecoutez :

Handshake (live)

Settle


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