19/02/2013

Atom For Peace - Amok

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Après une poignée de concerts en 2010, dont une performance très remarquée au festival Coachella sous le sobriquet suggestif de « ?????? », peu osaient espérer qu’un jour, le super groupe de Thom Yorke aurait non seulement un nom, mais surtout un album complet. Car oui, Amok est bien le premier disque d’Atom For Peace, même si dans le fond comme dans la forme, tout porterait à croire qu’il s’agit du second album solo du charismatique leader de Radiohead. Sur l’affiche apparaissent bien les noms de Flea, légendaire bassiste des Red Hot Chili Peppers, et Joey Waroncker, batteur pour Beck ou feu R.E.M. Mais leur influence semble réellement écrasée par celle du gourou de l’expérimental, si bien que leurs fans des groupes précités ne s’y retrouveront sans doute pas.

 

Expérimental, Amok l’est parfaitement. On reconnait bien les fouilles et chemins personnels de Yorke, dans un style hybride difficile à classer et complètement indépendant de son époque. Même si cette fois, son délire apparait plus accessible que sur « The King Of Limbs », dernier album en date de son groupe super. En tendant l’oreille par delà les vagues de sons, on distingue en effet des fondations pop relativement conventionnelles, un mince filet de terre auquel accrocher nos cerveaux à la dérive. Quelques samples épars se font également entendre, notamment sur le titre « Reverse Running , une ligne de basse proche des « Guns of Brixton » des Clash.

 

Style hybride donc, où l’électronique est omniprésente, mais où se fondent pêle-mêle jazz, rock psyché, et d’autres encore car je n’ai pas tout listé, dans des boucles froides et entêtantes. Par-dessous, on gigote grâce à des percussions mécaniques et mesurées, qui épousent nos tympans, secouent autant qu’elles troublent. Et pour lier le tout, l’ensorcelante et incantante voix haut perchée de Thom Yorke. Amok est un album tendu, déstabilisant, à ne pas mélanger avec d’autres médicaments (lisez bien la notice ou parlez-en à votre disquaire). Certes, le quotient « choc auditif » est peu élevé, car qui connait l’animal sacré ne sera pas forcément surpris (et il faut le connaître pour avoir envie de l’écouter). Mais à nouveau, son cheminement artistique se dirige aux antipodes de la répétition, et lorsqu’on pense qu’il se pose, il se relève pour nous en redonner une longueur. Qu’on l’adule ou qu’on le déteste, Yorke l’artiste parvient encore une fois à affecter son troupeau, pour son plaisir le plus ébahi.

 


Atom For Peace

Amok

Note :  ♪♪♪♪



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