18/06/2013

Passenger @ Pinkpop 2013

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Habituellement, les concerts folk acoustiques nécessitent un contexte très intimiste. Scène étroite, petite audience, de préférence après le coucher de soleil. On imagine mal un soliste captiver une foule de plusieurs milliers de personnes avec ses seules voix et guitare, qui plus est sur la scène principale d’un grand festival. D’autant qu’il paraît, l’avez-vous lu aussi, que les festivaliers attachent moins d’intérêt aux concerts qu’au sexe et à l’alcool. Ce qui est totalement faux, ou alors expliquez-moi si tous les mordus qui plantent au devant de la scène dès l’ouverture du site pensent réellement que pour leur peine, on va leur fournir bières et turluttes à volonté. Refermons cette courte parenthèse, pour constater qu’en ce samedi après-midi, alors qu’un concert est sur le point de débuter, la main stage du Pinkpop est totalement vide. En ces lieux surélevés, pas d’instruments, de décors, ou de canons prêts à cracher flammes, fumée ou confettis. Rien, si ce n’est un micro et son pied. Cela augure un défi particulièrement relevé pour l’artiste qui va s’y produire d’un instant à l’autre.

 

Si les rues de la terre comptent autant de musiciens que de pavés et excréments canins réunis, peu de ces ménestrels urbains ont le potentiel pour se hisser au-dessus du lot. Ce talent, Mike Rosenberg le possède indéniablement. Durant près de dix ans, il fut cantonné à ce rôle d’artiste méconnu et incompris, s’agrippant à sa passion malgré des coups de blues à répétition et une cruelle absence d’intérêt. Il y a quelques mois, un diffuseur prit le risque de passer en radio l’un de ses titres, intituléLet her go.Cette chanson devint un tube international, et enfin, la consécration récompensa la patience.

 

A l’heure pile, celui qui à l’affiche porte le nom de Passenger grimpe sur cette immense et désertique estrade, sa guitare à la main. Dans ses premiers mots, il avoue être « fucking scared » par ce qui s’annonce comme le plus grand concert de sa carrière.« Les groupes qui se produisent en festival jouent de la musique entraînante, et moi j’arrive avec mes chansons dépressives. Je tenais à vous avertir que la prochaine heure va vous paraître terriblement misérable, veuillez par avance m’en excuser ». Par cette touche d’humour, légère, il se met déjà le public en poche, avant même de commencer à gratter ses cordes.

 

Quelques couplets lui suffisent à démontrer qu’il ne vole pas sa place sur cette scène. Maniant sa guitare comme si elle était venue au monde avec lui, il alterne accords et arpèges pour produire de mélodieuses envolées, qui nous embarquent dans son univers folk. Sa voix particulière, ornée d’un grain très léger, accompagne les ritournelles à merveille. Alors certes, la recette est simple, mais les ingrédients sont de choix, et l’ensemble se révèle être terriblement accrocheur. En plus, le garçon a de la présence, et n’a nul besoin de fioritures pour remplir la scène. Il s’adresse beaucoup à son public, son humour ne laisse pas indifférent, et il n’hésite pas à improviser quelque boutade durant ses chansons, en réaction à ce qu’il entend ou observe en provenance du public. Cette attitude, simple et spontanée, donne vie à l’instant et gonfle son capital sympathie. On finit par croire que son stress, tout comme son inexpérience des grandes scènes, sont eux aussi de vastes blagues.

 

La set list regroupe diverses créations personnelles ; certaines joyeuses, sur lesquelles  public est invité à participer, et d’autres plus mélancoliques. Il ose aussi s’adonner au jeu des reprises, dont une version personnelle du « Sound of Silence » deSimon & Garfunkel, qui scotche l’audience à un point tel qu’on entend plus une mouche voler. Ou, peu après, un surprenant « Eye of the tiger » dont il se sert pour introduire son désormais succès « Let her go ». Et plus tard encore, avant de conclure, il se fend d’une mystifiante cover de « Dancing in the dark » deBruce Springsteen.


Difficile de trouver un défaut à ce concert. Avec sa joie, son talent et sa motivation, Passenger nous aura emmenés là où, une heure auparavant, on espérait à peine se rendre. C’est pour ces moments uniques, au nombre d’une poignée sur l’été, que je me rendrai en festivals aussi longtemps que mes jambes me porteront.



Passenger, Pinkpop Festival (Main Stage)

Samedi 15 Juin 2013

Note : 

Regardez


 

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