22/07/2013

Sigur Ros - Kveikur

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Au cours de cette chronique, je vous dispenserai des habituelles éloges que je formule à l’égard de Sigur Ros. Si vous me suivez régulièrement, vous n’ignorez pas qu’ils sont pour moi le meilleur groupe de tous les temps, titre possédé en copropriété avec Joy Division. A la lecture de cette introduction, mes nouveaux lecteurs parmi vous soupireront sans doute : « pffff encore un pseudo-érudit qui se la pète avec ses goûts musicaux ». Si vous saviez, chers néophytes, qu’il m’est un jour arrivé d’attendre une heure à la sortie d’un plateau de télévision de festival, pour me faire signer un 45tours par Jean-Pierre Mader, vous ne sauriez plus que faire de ce vilain stéréotype. Bref, je ne m’égare pas plus longtemps, simplement le temps de souligner que je suis sans doute le seul chroniqueur amateur à avoir réussi à placer les noms de Joy Division et Jean-Pierre Mader dans le même paragraphe de la même chronique dont aucun n’est le sujet. Je ne pêcherai pas non plus par redondance, en affirmant une nouvelle fois que Jónsi et ses amis placent leur post-rock organique bien au-dessus de tout ce qui a déjà existé sous forme d’onde sonore.

 

Il est généralement laborieux de conserver son objectivité lorsqu’il s’agit de parler de son groupe préféré, mais les Islandais me facilitent bien la tâche. Ils sont, en effet, incapables de sortir quelque chose de mauvais. A croire que même un album de reprises de Patrick Sébastien signé par eux n’abaisserait pas le niveau de leur discographie. Cela ne fait fort heureusement pas partie de leurs nombreux projets.

 

Un an à peine après Valtari, opus paisible et dénué de réelle surprise, le quintet renverse complètement la roue. Là où son prédécesseur barbotait en eaux connues, Kveikur semble voguer vers des courants nouveaux. Certains titres, entêtants, troublent par leur potentiel d’attraction immédiate. On appelle ça plus communément des « tubes », mais auprès des Islandais, ce phénomène ferait presque peur. Ce nouvel album ne va pas jusqu’à tremper dans le tout public, mais il se présente comme plus accessible. En témoigne l’omniprésent son rock et les structures carrées sur lequel il repose. Quoique, « reposer » n’étant pas vraiment le terme adéquat ; son atmosphère orageuse en fait un disque sombre et garni d’une délectable pointe de stress.

 

Le résultat de cette surprenante tournure est saisissant. Sorti l’an dernier après 4 ans d’absence, Valtari n’était peut-être qu’un prélude à cette œuvre tumultueuse, aux racines post-rock bien palpables, et à travers laquelle on reconnait bien la griffe surnaturelle de Sigur Ros. Un groupe qui n’a de cesse d’innover, tout en restant fidèle à ce qu’il est, et dont il faut croire qu’ils ne se reposeront jamais sur aucun laurier. Avec Kveikur, Jónsi et sa troupe nous offrent un de leurs meilleurs bouts d’histoire.

 

 

 

Sigur Ros

Kveikur

Note : 



Ecoutez:

Brennisteinn


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