28/09/2013

Placebo - Loud Like Love

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Si Placebo a marqué la vie de beaucoup d’ados au siècle dernier, la question de la durée allait tôt ou tard se poser. Au-delà d’une musique rock alternant déchirements et mélancolie, la principale marque de fabrique du groupe est la voix si particulière de son leader, reconnaissable parmi mille imitations. Or, ce timbre varie peu d’un album à l’autre, voire pas du tout, et puisque l’aspect instrumental ne connait pas de réelle révolution… on peut avoir l’impression que c’est un peu toujours la même rengaine. Et ce n’est pas tout. Avec ses traits juvéniles, son physique androgyne et ses angoisses existentielles, le personnage Brian Molko ne touchait quant à lui qu’une tranche très fine de la population. Seulement voilà, le temps passe, ainsi fait le peuple, d’une tranche d’âge à l’autre. L’artiste doit alors choisir entre, soit s’adapter aux changements de son public, soit le renouveler. Mais Molko ne donne pas vraiment l’impression d’être branché marketing.

 

L’un dans l’autre, il résulte que chaque nouvel album de Placebo fait l’objet d’un véritable examen éliminatoire. Ce fut le cas de Battle For The Sun en 2009, auquel les critiques répondirent par une moue très décontenancée, mais pas si surprise que ça. Une grimace en forme de salutation prévisible, bon allez, c’était très sympa, mais il est temps de rentrer maintenant. L’an dernier, la sortie l’ep B3, aussi inachevé qu’inaperçu, confirmait cette hypothétique poussée vers le bas. Pourtant, l’un comme l’autre marquaient une évolution dans la carrière du trio, qui se confirme sur ce septième album tout frais. Album qui n’est pas mauvais du tout, pour un groupe que beaucoup prétendent fini depuis quelques années.

 

A sa première écoute, on dirait que Molko a tenté de contenter un maximum de personnes, entre  ses premiers fans, trentenaires d’aujourd’hui,  et les plus jeunes qui ont pris le bus en cours de route. Loud Like Love mélange en effet l’aspect égratigné du Placebo des débuts, et celui plus lisse des dernières compositions. Fait nouveau, il en ressort un certain enthousiasme, traduit on ne peut mieux par la plage titulaire d’ouverture, motivante et entêtante, malgré son format très pop rock. La suite ne tarit pas de peps, d’idées, et de sons variés, entre tendresse (« A million little pieces »), dynamite (« Rob the bank »), pugnacité (« Exit Wounds »), et mélancolie (« Bosco »). Chacun des dix titres de l’album possède sa propre patte, et aucun ne provoque l’ennui. Sur Loud Like Love, Placebo trouve l’équilibre presque parfait entre le rock laqué et le gothisme dépressif, sans jamais sombrer ni dans l’un, ni dans l’autre. Le tout en restant fidèle à son identité. Honnêtement, on ne pouvait que s’attendre à pire.

 


Placebo

Loud Like Love

Note :

 


Ecoutez:

Loud Like Love

Too Many Friends

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