16/11/2013

CHVRCHES - The Bones of What You Believe

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Vous pouvez toujours essayer de prononcer le « v », sinon faites comme tout le monde, dites « Churches ». La synthpop d’outre-manche n’avait plus connu telle sensation depuis La Roux, qui à force de repousser son retour, pourrait bien se faire piquer son trône par ce trio écossais qui ne paie pourtant pas de mine. Au micro, un petit bout de femme qui semble à peine sortir du lycée et derrière elle, deux types assez transparents, affairés sur des pads, claviers et autres machines électroniques. Mais parlons surtout du son, qui arrive comme un coup de poing en forme de caresse parfumée. En témoigne The Bones of What You Believe, un premier album très emballant, duquel émergent des tubes les uns après les autres.

 

La griffe CHVRCHES, c’est l’association de mélodies cent pour cent synthétiques, acerbes et cristallines, avec une voix d’ange, pleine et légèrement pinçante, qui les gonfle en émotion. S’y trouve aussi, pour couronner l’ensemble, une grosse dose de simplicité, sans doute involontairement apportée par les trois acolytes qui savent rester des personnes avant de devenir des personnages. Certes, ce n’est que de la pop, avec ses couplets, ses refrains et ses ponts, mais elle est terriblement opérante. Ici, le talent de composition tient dans l’enthousiasme et la profondeur apportée à un ensemble de sons binaires. Avec, en plus, un soupçon suffisant de post-modernité. Et ça fonctionne, pour chacun des douze titres, dont certains comme Gun ou We Sink sont tout simplement imparables. A se procurer d’urgence.

 


CHVRCHES

The Bones of What You Believe

Note :



Ecoutez:

Gun

We Sink

The Mother We Share

Recover


10/11/2013

Suivez le fil

Mogwai – Les Revenants

 

mogwai_les_revenants.jpgCeci n’est pas un album, mais une bande originale de série, ainsi qu’une façon démonstrative d’ajouter une nouvelle corde à sa mandoline. Coutumiers des longs récitals instrumentaux, les Ecossais de Mogwai dépeignent ici un thème fantastique, autour d’une orchestration minimaliste menée par un piano tantôt acoustique, tantôt électrique, à la fois candide et intrigant. Le tempo mesuré et le tapis de violon accentuent le climat dramatique qui règne en cet endroit. Les habituelles bourrasques rock de Mogwai font place à un brouillard humide, silencieux mais très présent. Difficile de ne pas s’y engouffrer tête première.


Note :

Ecoutez : Hungry Face

 

Beady Eye – Flick of the finger


2013BeadyEyeBe600G160413.jpgDeux ans après un (très) décevant premier essai sans son frérot, Liam Gallagher revient accompagné de ses potes de feu-Oasis, avec l’intention de prouver qu’ils peuvent faire de bonnes choses sans leur papa Noël. Alors oui, cette deuxième galette de Beady Eye possède des qualités que n’avait pas son ainée, entre autres profondeur, humilité, et une petite note psyché. Hélas, la lassitude est de nouveau au rendez-vous, et ce dès la seconde plage de ce disque-maison, globalement fade et uniforme. En vérité, des onze titres, seuls les trois derniers paraissent issus d’une inspiration nouvelle. Mais plus les années passent, et moins Liam semble être en mesure de renouveler la british touch.


Note :

Ecoutez : Flick of the finger



!!! - Thr!!!er


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Peut-être est-ce l’accent kitsch du genre funk qui l’empêche de revenir parmi les tendances actuelles. Pourtant, chaque album de « Tchik Tchik Tchik » (tel qu’on prononce communément !!!) démontre que le funk n’est pas qu’une affaire de paillettes, coiffures afro et pavés qui clignotent. Sur Thr !!!er, les Californiens déroulent un son groove qui reste très frais et actuel. Menées par une ligne de basse aux effets variés, les mélodies profitent d’une orchestration complète, incluant une multitude de petits sons difficilement isolables à l’oreille, mais dont l’ajout les uns sur les autres provoque une irrésistible envie de remuer de la nuque. Vocalement, c’est très pondéré ; sans en faire des tonnes, Nic Offer suit le swing sans le mener ni l’étouffer, et s’efface même souvent pour laisser les instruments s’exprimer. Léger, pondéré et entraînant, Thr !!!er ne souffre que d’une monotonie de rythme, qui pourrait poser un problème de longueur, si toutefois l’album dépassait les quarante minutes, et si la dernière plage n’avait pas rien à voir avec le reste.


Note :

Ecoutez : Even When The Water's Cold


07/11/2013

The National @ Rockhal

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Ce mercredi, The National et leur rock empoignant se produisent dans une Rockhal loin d’être remplie. A l’heure où débute le concert, initié par une vidéo sur l’écran géant qui les emmène du sortir de leur loge jusqu’à leur montée sur scène, il est encore aisé de se faufiler vers les premiers rangs. Le temple du rock d’Esch-sur-Alzette doit bien être la seule étape de leur tournée où les spectateurs ont le loisir de se décider à venir deux heures avant le début du concert. Partout ailleurs, c’est deux heures après la mise en vente des tickets qu’il faut déjà avoir fait son choix. Mais soit, ne nous attardons pas une énième fois sur la carence en enthousiasme du public luxembourgeois.

 

Peu nombreuse donc, la foule comporte toutefois son lot de fans, à en juger par l’entrain manifesté entre chaque titre. Dix-neuf pour être précis, rappel compris. Les Cincinnatiens font donc bien plus que d’assurer l’essentiel. Avec son look de prof de religion dépressif, Matt Berninger attire les attentions. D’abord immobile, voûté contre son micro auquel il s’accroche des deux mains, telle une corde d’alpiniste à son mousqueton. Après chaque chanson et un bref remerciement, il s’accroupit dos au public, pour avaler moins que discrètement quelques goulées de bière. Dix chansons plus tard, Matt est devenu un autre homme, qui crache sa pinte comme un lama et jette nonchalamment ses gobelets. Encore quelques titres et le dévergondage atteint son paroxysme, lorsqu’il se jette parmi la foule et que sa voix s’enraye au point de donner des espoirs aux casseroles de la « nouvelle star ».

 

Orbitant autour de leurs deux derniers albums, mais comprenant aussi d'anciennes perles, la playlist leur permet d’exprimer leur énergie, paradoxalement bouillonnante et cadenassée sous une apparente et trompeuse banalité. Les mélodies ont beau inspirer la tristesse, les rythmes n’en sont pas moins acérées, et les guitares orageuses. Ce sont, à leur manière, des bêtes de scène. Des bêtes amadouées, mais des bêtes tout de même, qui connaissent leur métier sur le bout des doigts. Des monsieurs-tout-le-monde qui tournent transparence en transcendance, et savent captiver une foule à la bordure de l’hypnose. Si leur musique peut sembler cafardeuse, on sort pourtant de là avec une folle envie de faire quelque chose de son existence.

 


The National @ Rockhal

Mercredi 6 novembre 2013

Note :