18/02/2014

Augustines (éponyme)

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C’est en 2011 qu’un groupe de Brooklyn nommé We Are Augustines sort son premier album. Un recueil de rock alternatif aussi torturé qu’évolué, percutant et explosant d’émotion. A la baguette, le single Chapel Song, véritable compresseur à tripes, et sans doute déjà l’une des plus belles chansons de la présente décade. Aujourd’hui, devenus Augustines tout court, le trio sort un nouvel album éponyme.

 

On y retrouve, à l’état brut et rayonnant, cette émotion positive qui, trois ans plus tôt, s’appréciait au sein d’un brassage déchiré et délectable appelé Rise Ye Sunken Ships. Cette fois, le goût des écorchures ne tient plus, quasi uniquement, qu’à la voix de son chanteur et leader, le charismatique Billy Mc Carthy. Mélodies et arrangements baignent dans un positivisme qui déborde véritablement du boîtier si, comme moi, vous écoutez encore vos albums sur support physique (quoique pour celui-ci, Spotify fut mon ami). Ce bonheur ambiant possède le défaut de son omniprésence, à savoir une envahissante monotonie menant vers une relative platitude. Relative, car l'ensemble est tout de même fort bon. C’est essentiellement une question de goût, car concrètement, cette galette a de quoi propulser ce groupe au rang de nouveaux Coldplay – de quoi spéculer sur le pourquoi de la simplification de leur nom ? Le succès de masse ne sera vraisemblablement pas pour tout de suite ; le lobbying musical ne se fait pas en un jour. Et puis, pourquoi ne pas se dire au contraire que la paix intérieure s’est révélée à Mc Carthy et ses acolytes ? Celle-ci les ayant fort logiquement inspirés pour la réalisation du présent chapitre de leur carrière.

 

Loin de valoir les oubliettes, cet album éponyme n’a cependant pas les épaules d’un disque essentiel, malgré des mélodies aussi riches en émotions que riches tout court. Souvent même trop, c’est bien là que le bas blesse, et ce ne sont pas quelques riffs accrocheurs qui lui permettront d’atteindre le niveau de son unique et formidable prédécesseur.

 

 

Augustines (éponyme)

Note: ♪ 

 

 

Ecoutez :

 

Nothing To Lose But Your Head

Suuns - Images du Futur

Suuns-Images-Du-Futur.jpg

 

A l’oreille, on définirait volontiers Suuns comme l’homologue satanique de Tame Impala. D’après le titre de ce dernier album, leur vision de futur n’est guère réjouissante, idée confirmée dès son entrée au sein d'une brume chaotique et dépressive.

 

Tout au long d’Images du Futur, les Canadiens alternent caresses et coups de griffe, avec leur Rock ténébreux au rythme lourd et aux guitares acérées. Par endroits plus docile, s’apaisant au fil de son déroulement, l’album flirte parfois avec le psychédélique, sans jamais complètement s’y envoler. Se saisissent aussi au vol d’éparses notes pop qui aèrent l’ensemble. La profondeur imprimée est saisissante, merci aux tapis discrets mais décisifs. Bémols : le flot monocorde de certaines mélodies, et cette voix nasillarde, subissant l’atmosphère plus qu’elle ne la porte, greffent au disque une certaine gêne qui l’empêche de devenir un modèle du genre.

 

 

Suuns

Images du Futur

Note : ♪ 

 

 

 

Ecoutez : 

2020

 

07/02/2014

I Break Horses - Chiaroscuro

Chiaroscuro.jpg

 

 

Chanteuse et meneuse du groupe I Break Horses, la charmante Maria Linden correspond à la définition de l’artiste autodidacte. Dans son petit village de l’arrière-pays suédois, les occupations sont aussi rares que les compétitions de beach volley. C’est donc rapidement qu’elle se tourne vers la musique, art qu’elle découvre dès l’aube de sa vie grâce à ses parents, qui lui font écouter principalement du jazz et du classique. Parmi les disques qu’elle entend, elle retient surtout ceux de Nina Simone, pour qui elle voue une intense admiration. Avec ce peu de background musical, et sans avoir jamais suivi aucun cours de chant, elle enregistre un premier album « home made », dans sa chambre, seulement aidée de son pote Fredrik Balck. « Hearts » voit le jour en 2011, et si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce que – vous vous en doutez bien, quel mauvais teaser je fais parfois – le second vient à peine de sortir.

 

Chiaroscuro, titre regroupant les sens antagonistes de « clair » et « obscur », définit parfaitement la musique qu’il recouvre. Un courant d’electro cold mesuré, à l’ambiance lourde, ornée d’une voix féminine aussi mystérieuse que sensuelle. Admettons que le style n’est pas neuf, et d’ailleurs, l’album se démarque difficilement des griffes d’autres bands comme Ladytron, The Knife ou Zola Jesus, vers lesquels il penche de manière intermittente. Le duo se distingue toutefois, en maniant avec élégance les multiples facettes émotionnelles du genre. Selon la chanson, leur musique irradie, hypnotise, ou fait simplement rêvasser, sans que jamais ne s’éteigne cette atmosphère profonde et remarquablement appuyée. Grâce à cet apparat complet, ils évitent le piège ouvert de la lassitude, tendu par une musique ainsi posée du début à la fin. Certes peu innovant, Chiaroscuro reste donc un album de très bonne facture, par sa qualité d’une part, et son déroulement varié de l’autre.

 

 

I Break Horses

Chiaroscuro

Note : 

 

 

Ecoutez:

You Burn

Faith

Disclosure