27/05/2014

Suivez le fil 2014 (2)

Mogwai – Rave Tapes

mogwai,rave tapes,post rock,drenge,rock,garage,the horrors,luminous,indie, indé,cold rock,rockTrois ans après l’orageux « Hardcore will never die… but you will », et un an après leur couverture sonore de la série « Les Revenants», les post-rockeurs de Mogwai reviennent déjà avec un huitième album studio. Son titre, Rave Tapes, pourrait suggérer une introduction de rythmes matraqués, mais il n’en est strictement rien. Une fois encore bien présente, la griffe des Ecossais y déploie une atmosphère intense et marquée, ainsi qu’une couleur à dominante mélancolique. Fait inhabituel, on retrouve des voix, parsemées avec précaution. Les mélodies sont aussi pesées que pensantes, et agrémentées d’un soupçon d’électronique parfaitement fondu dans l’ensemble. Au final, rien d’étonnant, ni de lassant.

Note :  

 

Drenge (éponyme)

mogwai,rave tapes,post rock,drenge,rock,garage,the horrors,luminous,indie, indé,cold rock,rockSur leur premier album, les frères Eoin (guitare, chant) et Rory Loveless (batterie) proposent un rock low fi appétissant comme un cornet de frites à peine sorties du panier, de celles qui reluisent encore la graisse de cuisson. Goutant plus le blues que le punk, la sauce monte dès le départ, avec une guitare qui vrombit, des caisses et cymbales maîtres de leur cadence, et une voix qui en impose sans jamais partir en vrille. Avec ses rythmes variés et ses riffs efficaces, Drenge nous offre une purge franche et directe. Plus qu’une version anglaise de Black Box Revelation, on peut y voir une mouture épurée de Queens of the Stone Age, beaucoup moins minimaliste qu’il n’y paraît.

Note :  

 

The Horrors – Luminous

 

mogwai,rave tapes,post rock,drenge,rock,garage,the horrors,luminous,indie, indé,cold rock,rockTels des nourrissons posés sur une montagne de babioles, le quintet de Southend aime toucher à tout. Après avoir tâté de multiples influences (entre autres New Wave, Rock Garage ou Shoegaze), les voilà affairés autour d’une sonorité rock pas si cold que ça - on pourrait appeler ça du « rock tiède ». Plus précisément, Luminous est trempé dans un moule de pop radieuse, comme le présage le titre de l’album, à la fois nonchalante et faussement rythmée, qui distille quelques touches psyché, tout en conservant un arrière-plan ombragé. Certes peu exacerbée, la recette est plus accessible que leurs précédentes compositions. De la palette de sonorités dévoilée, on peut pointer une multitude d’influences allant de Talk Talk aux Manic Street Preachers. Mais format pop ne signifie pas pour autant radiophonique, puisque la plupart des titres dépassent les cinq minutes. De quoi accentuer cet effet planant, léger mais persistant, dont s’orne cet album de bonne facture.

Note :  

08/05/2014

Détroit @ Rockhal

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Adolescent des années 90, j’ai grandi avec Noir Désir, sans jamais avoir été un fan. J’écoutais passer leurs standards sur les radios rock, « Aux sombres héros », « L’homme pressé », et à force j’en connaissais quelques paroles. Sans ressentir de réelle attirance, tout au juste tapais-je la mesure en l’air, avant de passer à autre chose. Des années plus tard, soit ces derniers mois, j’ai pris le soin de découvrir Détroit, le nouveau projet du revenant Cantat. Je vous fais grâce ici de mes impressions sur cet album, mais vous invite fortement à relire la chronique que j’en ai fait. C’est important pour la suite, et ça augmente mon audience.

 

Ce mardi, je m’attendais à découvrir en live les compositions de ce nouveau groupe, dans un contexte très intimiste. Par gêne ou désintérêt, aucun ami n’avait voulu m’accompagner, et je considérais cette réticence comme une généralité. En réalité, il ne fut jamais question du concert de nouveau départ que j’imaginais. Au lieu d’une poignée de motivés, c’est la foule des grands soirs qui se pressait devant la scène de la Rockhal, pour ce concert annoncé sold out depuis peu. Une foule venue pour célébrer le retour de son idole, davantage que pour découvrir ses nouvelles inspirations.

Le début du concert fait toutefois illusion. « Ma Muse », plage d’ouverture du dernier disque, plonge directement la salle dans une atmosphère tendue, où les frissons sont palpables. « Horizon » accentue ce départ aussi efficace que purgatif. Déjà, d’épars cris d’extase et d’allégresse retentissent. «Bertrand on t’aime » ; « Tu nous as manqué ! », autant de témoignages et d’autres, qui m’ouvrent les yeux sur la réelle importance du chanteur pour cette génération de fans, imprimés de son œuvre à même la chair. Sur scène, il n’en fait pourtant pas trop, vivant sa musique autant qu’il la fait partager, de sa voix écorchée. Son groupe, quatre musiciens dont Pascal Humbert, s’effacent naturellement derrière son aura, amplifiée par des années d’exil.

L’évidence se dévoile dès le troisième titre, le symbolique « A ton étoile », pioché dans le répertoire de Noir Désir comme le sera plus de la moitié de la setlist. Non, ses adeptes d’alors ne l’ont pas oublié, et pour célébrer la fin d’une si longue attente, il ne pouvait se contenter de dérouler ses derniers titres. A cet instant, Bertrand Cantat m’apparait clairement comme bien plus grand que Détroit. Partageant l’enthousiasme qu’on lui offre, il prend ses aises et se permet quelques traits de fantaisie entre les chansons. Le mélange des époques créé un ensemble vivant et cohérent ; aux titres populaires d’alors, Cantat en préfère d’autres qui lui tiennent plus à cœur, et trouvent parfaitement leur place parmi les nouveautés. Musicalement, c’est très bien rodé, seul « Droit dans le soleil », en début de rappel, souffre de précipitation et de quelques oublis de paroles. C’est après un interminable « Sa majesté », que la troupe finit en apothéose sur « Tostaky ». Histoire de clôturer la boucle par son commencement, et de contenter un public irrassasié, qui n’en peut plus de déclamer avec force : « Soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien ».

 

Détroit @ Rockhal

Mardi 6 mai 2014

 

Note :