25/10/2014

Zoot Woman - Star Climbing

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Stuart Price est un artiste aussi influent qu’hyperactif. Reconnu pour son travail avec de grandes stars (New Order, Madonna, Kylie Minogue, The Killers, etc.), cet Anglais se distingue également par ses nombreux projets personnels. Citons Les Rythmes Digitales, un concept électro-rétro qu’il dirigea en 1999 et dont, quinze ans plus tard, l’unique album Dark Dancer se révèle être un ouvrage avant-gardiste. Mais Price joue davantage de guitare qu’il ne tire à l’arc, et parmi ses multiples cordes se trouve aussi Zoot Woman. Et ça tombe bien car c’est justement le groupe dont je veux vous parler aujourd’hui – allez je vous l’avoue, je l’ai fait exprès.

 

Zoot Woman voit le jour peu après les Rythmes Digitales. Price y reste fidèle à ses influences, à savoir la vague électronique des années 80, mais il apporte davantage de dimension à son nouveau bébé. Des sons plus variés, mélangés entre réel et synthétique, mais surtout un vrai groupe, et une voix, douce, aussi charmeuse que charmante, tenant presque l’angélisme : celle de Johnny Blake. Car même si Price reste le chef d’orchestre, il laisse à ses camarades tout l’espace requis pour s’exprimer. Lors des tournées, cela se traduit par la totale absence du gourou ; seuls montent sur scène Johnny et son frère Adam Blake, ainsi que la charmante et ténébreuse bassiste Jasmin O'Meara.

 

Avec son format électro pop, Zoot Woman trouve sa place parmi les artistes du même genre, que sont alors Daft Punk, Phoenix, Benjamin Diamond, Fred Falke et Alan Braxx, etc. En 2000, un premier album « Living in a Magazine » (titre hommage aux pionniers de Kraftwerk) voit sortir le tube « It’s automatic », relayé par les radios du monde. C’est l’exemple type de chanson que vous avez déjà entendue, mais dont il vous est impossible de citer l’interprète – à présent, vous n’aurez plus d’excuse. La confirmation vient trois ans plus tard, avec un disque éponyme, unanimement salué. Et puis, comme Stuart a d’autres tranches sur sa planche à pain, il met son projet en jachère pendant plusieurs années. Ce n’est qu’en 2009 que sort, assez discrètement, le troisième album intitulé « Things are what they used to be ». L’accueil est globalement mitigé, malgré des titres à potentiel comme « Memory », « We won’t break », « Just a friend of mine » ou celui qui j’affectionne plus particulièrement, le dansant « Lonely by your side ».

 

Puis à nouveau, Zoot Woman met ses fans à rude épreuve. Cinq longues années passent avant l’avènement du quatrième album. Ce qui nous mène en 2014, et ça tombe bien, car c’est précisément l’album dont je veux vous parler aujourd’hui – là aussi c’est fait exprès, quel taquin je suis.

 

Annoncé depuis presque deux ans, Star Climbing est en fait le résultat d’un travail étalé sur plusieurs années. N’allez pas croire que ce délai soit requis par l’affinage de l’oeuvre, simplement ces gars-là travaillent à mi-temps, ou alors ils font autre chose de leurs journées, mais quoi, ça, je l’ignore. Savoir ne pas bosser trop vite est aussi une façon d’entretenir le mystère. A ce titre, il ne leur manquerait plus guère qu’un joli casque dissimulant leurs traits, pour que Pharrell Williams frappe à leur porte. Bien que je doute qu’ils aient réellement besoin de l’aide d’un mec qui se balade avec des tétines de mammouth sur la tête.

 

Mais peu importe que la tâche ait été condensée ou éparpillée, puisqu’elle apparait clairement, dans les compositions comme dans dans le mixage et le remixage. Star Climbing se dresse en oeuvre rétro-futuriste, alternant le format pop (« Coming up for air ») et le pur stimulus électronique (« Don’t tear yourself apart », « The Stars Are Bright »). Le timbre de Johnny Blake n’a pas changé, et joue à merveille son rôle de paradoxe adoucissant. C’est sans doute lui qui nous manque le plus, lors des longues périodes entre deux albums. Tout n’est cependant pas parfait ; outre le manque d’envergure de certains titres, le principal défaut de ce disque est qu’il abuse de sons qu’on dirait issus de cérémonies interstellaires, lesquels, à la longue, peuvent gratter les oreilles. Manque, sans doute aussi, une réelle bouffée d’air frais, au cœur de cette discothèque intemporelle où l’on peut se sentir à l’étroit. Mais entre les balades et les antennes digitales, chacun pourra trouver son extrait addictif.

 

 

Zoot Woman

Star Climbing

Note :  

 

 

Ecoutez:

Don't Tear Yourself Apart

 

 

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