31/03/2014

Bombay Bicycle Club - So Long, See You Tomorrow

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A l’aube de leur dixième année d’existence, la carrière des Bombay Bicycle Club semble prendre de l’ampleur. En témoigne le succès de « So Long, See You Tomorrow », le petit dernier qui outre-manche, taquine les grosses cylindrées au sommet des charts.

 

Qu’ils se soient cherchés trois albums durant, ou qu’ils aient accordé du temps à l’expérimentation, le band anglais trouve aujourd’hui sa patte dans un style pop rock empruntant à la world music des rythmes et sonorités parfumées, relents des pèlerinages musicaux du leader et unique producteur Jack Steadman. Mêlant guitares, sampling, électronique et divers instruments impromptus, la richesse musicale rayonne autant qu’elle impressionne. Cet éclatant travail créé une ambiance euphorique et ensoleillée, qui jamais ne lasse ni ne retombe. Ainsi, les Londoniens se distinguent nettement de leurs collègues,  gardent pour eux leur sincérité artistique, et évitent de se propulser au devant des stades par de la gonflette à la Coldplay, insipide et impersonnellePlus qu’une révélation, ce disque leur octroie un vrai statut de Next Big Thing. Si tel est vraiment leur destin, pourvu que le plumage ne nuise jamais à leur ramage.

 

Bombay Bicycle Club

So Long, See You Tomorrow

Note :   

 

 

Ecoutez :

Luna

Carry Me

Feel

Blood Red Shoes (éponyme)

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Les Blood Red Shoes auront laissé passer trois albums avant de proposer leur éponyme. Tournant artistique ou paresse créative, ce quatrième tome des aventures d’Ansell et Carter, qui ne porte donc rien d’autre que leur nom de scène, se présente sous la forme d’un cocoon, dans lequel l’ampoule principale projette sur les murs poussiéreux son agonie stroboscopique.

 

A l’image de son intro à la dynamite, ce disque inspire un manque. Fougue et saturation répondent toujours présentes, par le biais d’une guitare qui ronronne comme un moteur. Fraîcheur et désinvolture semblent quant à elles soufflées par une maturité qui prive leur inspiration de cette étincelle d’innocence, laquelle pouvait libérer à n’importe quel moment du disque un hymne tel que furent autrefois « Heartsink » ou « I wish I was someone better ». Loin d’être mauvais, celui-ci manque toutefois d’authenticité, se déroulant tel un moulin à eau qui frappe la porte de l’adrénaline sans jamais parvenir réellement à faire frétiller les orteils.

 

Note :  

 

Ecoutez : The Perfect Mess

 

18/03/2014

Suivez le fil 2014 (1)

Metronomy - Love Letters

 

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2014 salue le retour d’un groupe indé parmi les plus plébiscités. Et plus vaste est la place, plus la probabilité existe que certains s’y soient en fait perdus. En musique, le minimalisme induit une notion d'intensité. Réduire le nombre de pistes ne suffit pas à créer l’extase, à l’image de ce dernier album des Metronomy,au long duquel la dimension affective se fait encore attendre. Monotone, pauvre et sons, au final peu inspiré, Love Letters ressemble à une démo cheap de Supertramp, et ferait presque passer les Anglais pour des rois fainéants. Si ce n’est lors deux dernières plages, où l’émoi disparu sort le petit doigt de l’eau, cet album ne dévoile que trop peu de surprises et d’originalité.  

 

Note : 

Ecoutez : Reservoir

 

Supreme Cuts - Divine Ecstasy

 
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Duo d'orfèvres post-modernes basé à Chicago, Supreme Cuts nous propose un album en forme de panier garni. Un cocktail d'electro, de soul, et de hip hop, plein de goût et mixé sur la plage, même qu'on sent la brise nous caresser le front. Des voix qui se succèdent d'une plage à l'autre (et non des moindres), aux sons choisis sur le grill pour accentuer la sensualité de l'ensemble, cette variété musicale sert un unique mot d'ordre. La fraîcheur, intense et permanente. Celle qui permet un fil conducteur, malgré la disparité des pulsations, et qui n'a d'égale que la maestria avec laquelle ces sons se superposent.

Note :   

Ecoutez : Envision

 
 
 
Ásgeir - In The Silence
 
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A 21 ans, l'Islandais Ásgeir Trausti est déjà une star dans son pays natal. Avec sa patte folk mélodique, maniant mélancolie et légèreté à la manière de Bon Iver, il signe un album d'une rare maturité pour un artiste de cet âge. De cette seconde réalisation, la première en anglais, il est difficile de discerner une identité propre, tant les influences précitées pèsent sur ses compositions. In The Silence a beau être un disque dense et aéré, l’ombre de Justin Vernon ne lui laisse que trop peu de lumière. 

Note :  

 Ecoutez : King and Cross

 

08/03/2014

Com Truise - Wave1

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Artiste provenant de l’état de New York, Seth Haley a choisi le nom de scène de Com Truise. Si la contrepèterie ne vous saute pas aux yeux, songez donc à un acteur américain, adepte de scientologie, habitué aux blockbusters, et plus petit que ses épouses successives. Je vous autorise ensuite à exprimer votre illumination par un soufflement bruyant. Vous pouvez aussi vous dire que, quitte à faire dans le jeu de mots hollywoodien, mieux vaut choisir Com Truise plutôt que Prad Bitt ou Branlon Mardo. C’était pour l’introduction, concentrons-nous à présent sur l’aspect purement musical.

 

Seul aux commandes de son projet, Haley nous emmène dans les dédales de son inspiration, exclusivement digitale. Sons et beats, relativement homogènes, surfent entre catharsis insinuée et minimalisme pointilleux. L’ambiance se veut parfumée ; embaumé dans un futurisme composite et actualisé, on renifle l’embrun lointain des années 80 et de leur joviale désuétude. Le travail réalisé sur la structure des titres fait oublier leur carence en vocalises, ainsi que leur durée moyenne de quatre minutes trente. Si les sons peuvent parfois sembler binaires, jamais la machine ne se rouille. Avec son style coloré, à la fois entraînant et introspectif, Com Truise apporte à l’électro pure une profondeur purgée de tourment. Wave1 n’est qu’un EP, mais il est délectable.

 

Com Truise

Wave1

Note : ♪ ♪ 

 

 

 

Ecoutez :

Declination

 

18/02/2014

Augustines (éponyme)

augustines,we are augustines,rock alternatif

 

C’est en 2011 qu’un groupe de Brooklyn nommé We Are Augustines sort son premier album. Un recueil de rock alternatif aussi torturé qu’évolué, percutant et explosant d’émotion. A la baguette, le single Chapel Song, véritable compresseur à tripes, et sans doute déjà l’une des plus belles chansons de la présente décade. Aujourd’hui, devenus Augustines tout court, le trio sort un nouvel album éponyme.

 

On y retrouve, à l’état brut et rayonnant, cette émotion positive qui, trois ans plus tôt, s’appréciait au sein d’un brassage déchiré et délectable appelé Rise Ye Sunken Ships. Cette fois, le goût des écorchures ne tient plus, quasi uniquement, qu’à la voix de son chanteur et leader, le charismatique Billy Mc Carthy. Mélodies et arrangements baignent dans un positivisme qui déborde véritablement du boîtier si, comme moi, vous écoutez encore vos albums sur support physique (quoique pour celui-ci, Spotify fut mon ami). Ce bonheur ambiant possède le défaut de son omniprésence, à savoir une envahissante monotonie menant vers une relative platitude. Relative, car l'ensemble est tout de même fort bon. C’est essentiellement une question de goût, car concrètement, cette galette a de quoi propulser ce groupe au rang de nouveaux Coldplay – de quoi spéculer sur le pourquoi de la simplification de leur nom ? Le succès de masse ne sera vraisemblablement pas pour tout de suite ; le lobbying musical ne se fait pas en un jour. Et puis, pourquoi ne pas se dire au contraire que la paix intérieure s’est révélée à Mc Carthy et ses acolytes ? Celle-ci les ayant fort logiquement inspirés pour la réalisation du présent chapitre de leur carrière.

 

Loin de valoir les oubliettes, cet album éponyme n’a cependant pas les épaules d’un disque essentiel, malgré des mélodies aussi riches en émotions que riches tout court. Souvent même trop, c’est bien là que le bas blesse, et ce ne sont pas quelques riffs accrocheurs qui lui permettront d’atteindre le niveau de son unique et formidable prédécesseur.

 

 

Augustines (éponyme)

Note: ♪ 

 

 

Ecoutez :

 

Nothing To Lose But Your Head

Suuns - Images du Futur

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A l’oreille, on définirait volontiers Suuns comme l’homologue satanique de Tame Impala. D’après le titre de ce dernier album, leur vision de futur n’est guère réjouissante, idée confirmée dès son entrée au sein d'une brume chaotique et dépressive.

 

Tout au long d’Images du Futur, les Canadiens alternent caresses et coups de griffe, avec leur Rock ténébreux au rythme lourd et aux guitares acérées. Par endroits plus docile, s’apaisant au fil de son déroulement, l’album flirte parfois avec le psychédélique, sans jamais complètement s’y envoler. Se saisissent aussi au vol d’éparses notes pop qui aèrent l’ensemble. La profondeur imprimée est saisissante, merci aux tapis discrets mais décisifs. Bémols : le flot monocorde de certaines mélodies, et cette voix nasillarde, subissant l’atmosphère plus qu’elle ne la porte, greffent au disque une certaine gêne qui l’empêche de devenir un modèle du genre.

 

 

Suuns

Images du Futur

Note : ♪ 

 

 

 

Ecoutez : 

2020

 

07/02/2014

I Break Horses - Chiaroscuro

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Chanteuse et meneuse du groupe I Break Horses, la charmante Maria Linden correspond à la définition de l’artiste autodidacte. Dans son petit village de l’arrière-pays suédois, les occupations sont aussi rares que les compétitions de beach volley. C’est donc rapidement qu’elle se tourne vers la musique, art qu’elle découvre dès l’aube de sa vie grâce à ses parents, qui lui font écouter principalement du jazz et du classique. Parmi les disques qu’elle entend, elle retient surtout ceux de Nina Simone, pour qui elle voue une intense admiration. Avec ce peu de background musical, et sans avoir jamais suivi aucun cours de chant, elle enregistre un premier album « home made », dans sa chambre, seulement aidée de son pote Fredrik Balck. « Hearts » voit le jour en 2011, et si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce que – vous vous en doutez bien, quel mauvais teaser je fais parfois – le second vient à peine de sortir.

 

Chiaroscuro, titre regroupant les sens antagonistes de « clair » et « obscur », définit parfaitement la musique qu’il recouvre. Un courant d’electro cold mesuré, à l’ambiance lourde, ornée d’une voix féminine aussi mystérieuse que sensuelle. Admettons que le style n’est pas neuf, et d’ailleurs, l’album se démarque difficilement des griffes d’autres bands comme Ladytron, The Knife ou Zola Jesus, vers lesquels il penche de manière intermittente. Le duo se distingue toutefois, en maniant avec élégance les multiples facettes émotionnelles du genre. Selon la chanson, leur musique irradie, hypnotise, ou fait simplement rêvasser, sans que jamais ne s’éteigne cette atmosphère profonde et remarquablement appuyée. Grâce à cet apparat complet, ils évitent le piège ouvert de la lassitude, tendu par une musique ainsi posée du début à la fin. Certes peu innovant, Chiaroscuro reste donc un album de très bonne facture, par sa qualité d’une part, et son déroulement varié de l’autre.

 

 

I Break Horses

Chiaroscuro

Note : 

 

 

Ecoutez:

You Burn

Faith

Disclosure