01/12/2013

CocoRosie - Tales of a GrassWidow

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Les premières plages de Tales of a GrassWidow dépeignent un style moderne et étonnamment orthodoxe. Mélodies et tapis de percussion y perdent en détachement, le duo misant davantage sur des boucles vocales accrocheuses pour marquer les mémoires. Reste une ambiance « mélocaline », moins adorable qu’à l’accoutumée, plus véhémente et parfois chargée d’un soupçon de gravité. Après trois plages et une première pause atmosphérique, les sœurs enclenchent enfin la 3D, et nous parachutent dans leur monde fait de profondeur et d’espièglerie. On revit les instants magiques des albums d’antan, où l’on se sentait dorlotés comme des bébés. Les douces comptines prennent des accents World et Hip Hop, tantôt l’un, tantôt l’autre. Voire les deux en même temps, comme sur le titre « End of Time », qui pourrait marquer le retour de One T et Cool T en ballade sur la Cordillère des Andes. Hélas, à peine le temps d’en profiter, que ces instants de grâce s’éparpillent dans de nouveaux titres à l’âme moins prononcée. Ainsi se termine ce cinquième album de CocoRosie, comme il a commencé : avec un goût de trop peu.



CocoRosie

Tales of a GrassWidow

Note :



Ecoutez:

End of Time


 

16/11/2013

CHVRCHES - The Bones of What You Believe

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Vous pouvez toujours essayer de prononcer le « v », sinon faites comme tout le monde, dites « Churches ». La synthpop d’outre-manche n’avait plus connu telle sensation depuis La Roux, qui à force de repousser son retour, pourrait bien se faire piquer son trône par ce trio écossais qui ne paie pourtant pas de mine. Au micro, un petit bout de femme qui semble à peine sortir du lycée et derrière elle, deux types assez transparents, affairés sur des pads, claviers et autres machines électroniques. Mais parlons surtout du son, qui arrive comme un coup de poing en forme de caresse parfumée. En témoigne The Bones of What You Believe, un premier album très emballant, duquel émergent des tubes les uns après les autres.

 

La griffe CHVRCHES, c’est l’association de mélodies cent pour cent synthétiques, acerbes et cristallines, avec une voix d’ange, pleine et légèrement pinçante, qui les gonfle en émotion. S’y trouve aussi, pour couronner l’ensemble, une grosse dose de simplicité, sans doute involontairement apportée par les trois acolytes qui savent rester des personnes avant de devenir des personnages. Certes, ce n’est que de la pop, avec ses couplets, ses refrains et ses ponts, mais elle est terriblement opérante. Ici, le talent de composition tient dans l’enthousiasme et la profondeur apportée à un ensemble de sons binaires. Avec, en plus, un soupçon suffisant de post-modernité. Et ça fonctionne, pour chacun des douze titres, dont certains comme Gun ou We Sink sont tout simplement imparables. A se procurer d’urgence.

 


CHVRCHES

The Bones of What You Believe

Note :



Ecoutez:

Gun

We Sink

The Mother We Share

Recover


10/11/2013

Suivez le fil

Mogwai – Les Revenants

 

mogwai_les_revenants.jpgCeci n’est pas un album, mais une bande originale de série, ainsi qu’une façon démonstrative d’ajouter une nouvelle corde à sa mandoline. Coutumiers des longs récitals instrumentaux, les Ecossais de Mogwai dépeignent ici un thème fantastique, autour d’une orchestration minimaliste menée par un piano tantôt acoustique, tantôt électrique, à la fois candide et intrigant. Le tempo mesuré et le tapis de violon accentuent le climat dramatique qui règne en cet endroit. Les habituelles bourrasques rock de Mogwai font place à un brouillard humide, silencieux mais très présent. Difficile de ne pas s’y engouffrer tête première.


Note :

Ecoutez : Hungry Face

 

Beady Eye – Flick of the finger


2013BeadyEyeBe600G160413.jpgDeux ans après un (très) décevant premier essai sans son frérot, Liam Gallagher revient accompagné de ses potes de feu-Oasis, avec l’intention de prouver qu’ils peuvent faire de bonnes choses sans leur papa Noël. Alors oui, cette deuxième galette de Beady Eye possède des qualités que n’avait pas son ainée, entre autres profondeur, humilité, et une petite note psyché. Hélas, la lassitude est de nouveau au rendez-vous, et ce dès la seconde plage de ce disque-maison, globalement fade et uniforme. En vérité, des onze titres, seuls les trois derniers paraissent issus d’une inspiration nouvelle. Mais plus les années passent, et moins Liam semble être en mesure de renouveler la british touch.


Note :

Ecoutez : Flick of the finger



!!! - Thr!!!er


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Peut-être est-ce l’accent kitsch du genre funk qui l’empêche de revenir parmi les tendances actuelles. Pourtant, chaque album de « Tchik Tchik Tchik » (tel qu’on prononce communément !!!) démontre que le funk n’est pas qu’une affaire de paillettes, coiffures afro et pavés qui clignotent. Sur Thr !!!er, les Californiens déroulent un son groove qui reste très frais et actuel. Menées par une ligne de basse aux effets variés, les mélodies profitent d’une orchestration complète, incluant une multitude de petits sons difficilement isolables à l’oreille, mais dont l’ajout les uns sur les autres provoque une irrésistible envie de remuer de la nuque. Vocalement, c’est très pondéré ; sans en faire des tonnes, Nic Offer suit le swing sans le mener ni l’étouffer, et s’efface même souvent pour laisser les instruments s’exprimer. Léger, pondéré et entraînant, Thr !!!er ne souffre que d’une monotonie de rythme, qui pourrait poser un problème de longueur, si toutefois l’album dépassait les quarante minutes, et si la dernière plage n’avait pas rien à voir avec le reste.


Note :

Ecoutez : Even When The Water's Cold


28/10/2013

Girls in Hawaii - Everest

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Il y a un peu plus de trois ans, les Girls in Hawaii perdaient leur batteur, d’une façon aussi tragique que prématurée. Après une période de silence, bien légitime, ainsi qu’un remaniement d’effectif, ils trouvaient la force de revenir vers ce qu’ils font de mieux. Et plus encore, tant ce troisième album fait office de majestueuse résurrection.

 

Ce qui aurait pu servir d’exutoire dramatique révèle en fait une intense plénitude, à l’image de sa plage d’ouverture, qui ressemble à une naissance du point de vue du nouveau-né. Everest dévoile une musique rock à la fois douce et gonflée de vie. Troublant par son calme, sa profondeur et sa richesse, dissimulée derrière une apparente simplicité. Tellement vivant qu’à certaines compositions, il ne manque que la voix de Jonsí pour en faire le nouvel opus de Sigur Ros, les maîtres du genre. Les mélodies semblent s’évader des grillages de leur partition, pour s’envoler vers ce toit du monde, où rien n’a d’importance ni de gravité.

 

Pour faire simple, les Girls in Hawaii en 2013, c’est encore mieux qu’avant. On pourrait chercher une raison à cette évolution, mais cela pourrait amener à de douteux rapports de cause à conséquence. Contentons-nous donc de cet album, pour autant que « contenter » soit le verbe adéquat, tant Everest touche à la perfection.

 

 

Girls in Hawaii

Everest

Note :

 


Ecoutez:

Misses

Not Dead

 

17/10/2013

Biffy Clyro - Opposites

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Si l’on rechigne à creuser, on pourrait de prime abord classer Biffy Clyro dans la catégorie « tatouages désordonnés et autres cheveux négligemment crasseux ». En tendant l’oreille, on remarquera un point de différence non négligeable, qui consiste en une touche très affectueuse. Derrière une batterie agitée et des guitares assassines, se glisse dans leur rock une candeur certaine, nappée par la voix inhabituellement mielleuse de leur chanteur Simon Neil. Ainsi, la musique de ces Ecossais fait l’effet d’une séance de crowd surfing couché sur un transat de plage. Deux choix s’offrent alors à vous, entre crier à l’exception ou soupirer de frustration. Les amateurs de rock mélodique apprécieront peut-être, tandis que les fans d’adrénaline pure resteront sur leur faim, attendant vainement « la » déflagration.

 


Bien qu’il commence plutôt mal (la plage d’ouverture « Different People » fait l’effet d’une fusion entre les One Direction et Blink 182), ce sixième album de Biffy Clyro dispose de quelques chouettes cartes musicales, telles « Opposite », l’affriolant « The joke’s on us », ou encore « Victory over the sun », qui alterne nostalgie et allégresse. Globalement, ils ont tout de même un rôle à jouer, malgré l’étiquette à moitié bien méritée de « déjà tout entendu ». Le lissage trop net ne permet hélas pas à l'ensemble de réellement prendre aux tripes.

 



Biffy Clyro

Opposites

Note :

 


Ecoutez :

Opposite


16/10/2013

Suivez le fil

 

Dans Dans – I/II


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L’OVNI de l’année vient peut-être bien de se poser dans la campagne flamande. I/II du trio Dans Dans voyage au sein d’un blues instrumental, mené par une guitare au son brûlant qui s’empare du rôle des vocalises. Alternant les humeurs féline et diabolique, elle mène une orchestration basse-batterie classique et suffisante, et emmène l’auditeur dans la spirale de l’inattendu. Car le principe du blues, ici à tendance rock et psyché, c’est qu’on ne sait véritablement pas à quoi s’attendre d’une mesure à l’autre. Il y a de la sorcellerie dans ces plages interminables et leurs surprenants changements de cadence. Dans les instants les plus intimes, on imagine parfois que surgisse la voix de Chris Isaak… avant de se dire qu’au final, elle n’est même pas nécessaire. A d’autres instants, le rythme s’emporte, se fait plus diffus, mais s’accroche au fil de la construction musicale. Cet album nous transporte, à la manière d’un Melody Nelson, mais sans forcément raconter une histoire. Sans conteste un des « must » de 2013.

 

Note :

 

 

Au Revoir Simone – Move in Spectrums

 

Au-Revoir-Simone-Move-In-Spectrums.jpgLes trois petites bourgeoises new-yorkaises d’Au Revoir Simone ajoutent quelques Beaufort à leur brise électronique, pour un résultat au départ surprenant. Sons plus profonds, percussions plus … percutantes, pour des voix qui restent aussi lisses et sensuelles. La mutation est réussie, puisque la plage d’ouverture « More Than » nous fait imaginer une association peu probable entre The Do et les Chemical Brothers. La seconde, « The Lead is Galloping », esquisse un pendant féminin de The Big Pink. Quant à la troisième, « Crazy », elle et sa basse virevoltante diffusent un jubilatoire parfum de « New Order ». Mais chassez le digital, il revient au galop. Par la suite, les binaires reprennent le pouvoir sur les compositions, qui n’en restent pas moins charmantes, mais avec beaucoup moins d’impact. L’album s’allège ainsi jusqu’à « Love You Don’t Know Me », plage minimaliste qui semble inspirée du « Eye in the sky » d’Alan Parson. Au final, la sulfureuse métamorphose n’aura duré que trois chansons, et Move in Spectrums nous laisse un goût de trop peu. Dommage, car le début était bigrement alléchant.

 

Note : 

Ecoutez : Crazy




Bonobo – The North Borders

 

bonobo.jpgBonobo fait partie de ces artistes dont la découverte fait surgir la question : « et merde, pourquoi est-ce que je ne l’ai jamais écouté avant ? ». Simon Green, de son vrai nom, est un pro du downtempo, un style mêlant chillout, groove, ambient et trip hop. Concrètement, c’est de l’électro hybride, faite à la fois de sons synthétiques et de vrais instruments (violon ou saxophone, selon l’inspiration de l’artiste), sur laquelle ricochent des beats courts et désynchronisés. The North Borders, le cinquième album du producteur et DJ de Brighton, en est une parfaite représentation. Les sons séduisent, et les samples vocaux envoutent comme chants de sirène. Mais ce qui donne à cet album tout son côté sexy, ce sont les percussions. Multiples et vicieusement feutrées, elles s’assimilent à des bruits connus ; on imagine des coups de cuillers sur des verres en cristal, des boules de billard qui s’entrechoquent, ou des doigts ornés de bagues rythmant le tempo sur des bouteilles vides. L’ensemble nous rince les tympans mieux que des brumisateurs. L’effet enivrant et dépaysant est immédiat. En tendant l’oreille, on perçoit presque le bruit des vagues venant lécher le sable. Addictif, irrésistible, et terriblement frais.

 

Note :

Ecoutez : Cirrus


12/10/2013

Kings of Leon - Mechanical Bull

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Ce sixième album de la famille Followill marque un retour aux sources, vers un genre « roots » à la fois moderne et bien américain. Exit les tubes formatés pour les stades, et autres balades à reprendre parmi des centaines de milliers de chœurs. Mechanical Bull présente 11 titres (13 sur l’édition Deluxe) taillés dans un rock aux influences country, tantôt décapants (« Don’t Matter »), tantôt mélancoliques (« Tonight »). Menées par des guitares incisives, les mélodies montrent un sens de l’accroche des plus efficaces ;  ni le rythme, ni l’intensité ne s’essoufflent, malgré un style riche mais relativement uniforme.

 

On imagine cet album comme le fruit du mal du pays qui les ronge lorsqu’ils sont en tournée, à des millions de miles de leur cher Tennessee. Sauf que cette fois, les Kings of Leon parviennent à nous transporter jusqu’à eux. Il s’assimile davantage aux deux premiers du groupe, Youth & Young Manhood et Aha Shake Heartbreak, sortis à l’époque déjà lointaine où leur popularité était encore à l’état de fœtus. A cette exception près, que le capital engrangé depuis vient gonfler la production. Mais dans le fond, ils s’offrent un réel plaisir, ainsi qu’à leurs premiers fans, et un peu moins à ceux de « Use somebody ». Le virage est donc couronné de réussite, et ce ne sera pas le dernier ; on pourrait l’oublier, mais ils ont à peine la trentaine.

 


Kings of Leon

Mechanical Bull

Note :

 


Ecoutez:

Supersoaker

Wait for me

Don't Matter