09/11/2009

Mes albums Cultes - Depeche Mode - Songs of Faith and Devotion

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Je ne pouvais pas commencer ce blog sans vous parler de mon album préféré de tous les temps. Avec, je l’avoue, un soupçon de subjectivité, puisque je suis fan du trio de Basildon depuis des années.

J’ai jadis découvert Depeche Mode avec leurs tubes des années 80, mais nous sommes ici en 1993, dans la période post-Violator du groupe. Au passage, celui-là même qui reste leur plus grand succès. Difficile donc de lui trouver une suite qui tienne la route. Pourtant …

Depeche Mode choisit de donner un nouvel élan à leur histoire. Moins de sons électroniques pour plus de guitares, avec dans l’ensemble des textes et des mélodies plus noires, plus profondes. Cela donne le terrible « Songs of Faith and Devotion ».

Tantôt doux et mélancolique, tantôt puissant et hurlant, Depeche Mode y mêle l’electronique et le rock sombre avec brio.  L’album débute par les crissements d’ampli de « I Feel You » et jamais l’intensité ne baissera jusqu’à la fin de l’écoute. Les trois premiers titres en sont les trois premiers singles, mais force est de constater qu’aucun des dix morceaux n’est plus faible qu’un autre. Passée la sulfureuse plage d’ouverture, l’auditeur s’aventure ensuite dans les limbes, les pensées les plus noires que le groupe n’ait jamais eu. « Walking in my shoes » raisonne comme le plus beau des aveux de faiblesse, « Condemnation » la plus tendre des confessions. Une fois ces trois-là terminées, le sol disparaît. Depeche Mode vous accueille alors dans un univers terriblement génial, qu’ils n’auront créé qu’une seule fois durant leur histoire.


« Mercy in You » se dessine dans la même veine que « Walking in my shoes », tout en imprimant parfaitement son style propre. Vient ensuite, tel une interlude, « Judas », une mélodie douce et baignée par la voix de Martin Gore. Nombre d’auditeurs dont je fais partie seront d’ailleurs  baignés par les textes, qui relatent une peur, une requête envers l’Autre avec un grand « A ». Le désespoir amoureux semble être le fil conducteur de l’album ; « In your room » en est la plus belle preuve, en paroles et en musique. Cette version, différente du single qui sortait sur les ondes en hiver 1994, est plus majestueuse, plus complète. Tout simplement géniale.


Nouvelle pause avec « Get right with me », nouveau rush d’énergie avec … « Rush ». Le rythme est parfaitement calculé. Avec « One caress », Martin Gore signe une de ses plus belles prestations vocales avec DM. Musicalement, il ne s’agit que d’une orchestration de violons, mais elle parvient pourtant à prolonger l’atmosphère douteuse et envoûtante qui règne sur cet album. Album qui se termine par le magnifique « Higher Love », comme une lueur d’espoir.


Voilà une création tout à fait magistrale, et selon moi trop souvent dénigrée par rapport à d’autres albums du groupe. La voix de Dave Gahan n’a jamais été aussi « grave » ni interpellante, on y sent ronronner tous les chats noirs qui le hantaient alors – c’est à cette époque qu’il faillit mourir d’overdose. C’est également le dernier album du groupe en tant que quatuor, Alan Wilder décidant de quitter le navire en 1995.


Navire qui n’a pourtant jamais pris l’eau, puisqu’il continue de voguer 15 ans plus tard. Avec, reconnaissons-le, des albums de moindre couture en ce troisième millénaire. Mais ce sera pour un autre jour !