04/09/2014

Public Service Broadcasting - Inform-Educate-Entertain

 

 

 

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Public Service Broadcasting tire son nom de son concept musical atypique, qui consiste à utiliser comme pistes vocales des extraits d’enregistrements d’archive, films de propagande et d’information publique. Leur musique, sorte d’allégorie futuriste du passé, développe cette idée grâce à l’usage de multiples cordes, du banjo à la guitare, mais aussi à coups de sons électroniques qui empruntent beaucoup à Kraftwerk et Anne Clark. Un concept qui n’est pas sans rappeler un One Hit Wonder de l’année 1985, le fameux « 19 » de Paul Hardcastle. Ou encore, mais dans la série « Là tu vas chercher loin quand même », le tube « Writer’s Block » de Just Jack, qui comprenait des bribes d’interview de l’athlète Mary Rand lors des JO de Tokyo en 1964. Bref ; pas si original que ça, mais tout de même très intéressant.

 

 

En variant sensiblement la musicalité d’un titre à l’autre, le duo londonien donne vie à son album, crée une ambiance intense et planante qui transforme l’auditeur en explorateur de cette autre dimension. Un monde que l’on écoute en noir et blanc, rempli d’espoir propre et de technologies désuètes. Le risque est évidemment que cette  impressionnante abstraction ne s’essouffle au bout de ce seul et unique opus… A moins que Willgoose et Wrigglesworth, les artistes associés dans ce projet, ne révèlent leur génie, en nous emmenant plus loin encore. Car il faut leur reconnaître un talent artistique réel, qu’ils expriment sur scène par de vrais concerts en live, batterie, banjo et machine à l’appui. Une performance bien digne,  à une époque où se pointer sur scène avec un simple laptop semble, hélas, ne plus déranger personne.

 

 

 

Public Service Broadcasting

Inform – Educate – Entertain

Note : ♪ ♪ 

 

Ecoutez:

Spitfire

Everest

London Can Take It

 

08/03/2014

Com Truise - Wave1

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Artiste provenant de l’état de New York, Seth Haley a choisi le nom de scène de Com Truise. Si la contrepèterie ne vous saute pas aux yeux, songez donc à un acteur américain, adepte de scientologie, habitué aux blockbusters, et plus petit que ses épouses successives. Je vous autorise ensuite à exprimer votre illumination par un soufflement bruyant. Vous pouvez aussi vous dire que, quitte à faire dans le jeu de mots hollywoodien, mieux vaut choisir Com Truise plutôt que Prad Bitt ou Branlon Mardo. C’était pour l’introduction, concentrons-nous à présent sur l’aspect purement musical.

 

Seul aux commandes de son projet, Haley nous emmène dans les dédales de son inspiration, exclusivement digitale. Sons et beats, relativement homogènes, surfent entre catharsis insinuée et minimalisme pointilleux. L’ambiance se veut parfumée ; embaumé dans un futurisme composite et actualisé, on renifle l’embrun lointain des années 80 et de leur joviale désuétude. Le travail réalisé sur la structure des titres fait oublier leur carence en vocalises, ainsi que leur durée moyenne de quatre minutes trente. Si les sons peuvent parfois sembler binaires, jamais la machine ne se rouille. Avec son style coloré, à la fois entraînant et introspectif, Com Truise apporte à l’électro pure une profondeur purgée de tourment. Wave1 n’est qu’un EP, mais il est délectable.

 

Com Truise

Wave1

Note : ♪ ♪ 

 

 

 

Ecoutez :

Declination

 

07/02/2014

I Break Horses - Chiaroscuro

Chiaroscuro.jpg

 

 

Chanteuse et meneuse du groupe I Break Horses, la charmante Maria Linden correspond à la définition de l’artiste autodidacte. Dans son petit village de l’arrière-pays suédois, les occupations sont aussi rares que les compétitions de beach volley. C’est donc rapidement qu’elle se tourne vers la musique, art qu’elle découvre dès l’aube de sa vie grâce à ses parents, qui lui font écouter principalement du jazz et du classique. Parmi les disques qu’elle entend, elle retient surtout ceux de Nina Simone, pour qui elle voue une intense admiration. Avec ce peu de background musical, et sans avoir jamais suivi aucun cours de chant, elle enregistre un premier album « home made », dans sa chambre, seulement aidée de son pote Fredrik Balck. « Hearts » voit le jour en 2011, et si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce que – vous vous en doutez bien, quel mauvais teaser je fais parfois – le second vient à peine de sortir.

 

Chiaroscuro, titre regroupant les sens antagonistes de « clair » et « obscur », définit parfaitement la musique qu’il recouvre. Un courant d’electro cold mesuré, à l’ambiance lourde, ornée d’une voix féminine aussi mystérieuse que sensuelle. Admettons que le style n’est pas neuf, et d’ailleurs, l’album se démarque difficilement des griffes d’autres bands comme Ladytron, The Knife ou Zola Jesus, vers lesquels il penche de manière intermittente. Le duo se distingue toutefois, en maniant avec élégance les multiples facettes émotionnelles du genre. Selon la chanson, leur musique irradie, hypnotise, ou fait simplement rêvasser, sans que jamais ne s’éteigne cette atmosphère profonde et remarquablement appuyée. Grâce à cet apparat complet, ils évitent le piège ouvert de la lassitude, tendu par une musique ainsi posée du début à la fin. Certes peu innovant, Chiaroscuro reste donc un album de très bonne facture, par sa qualité d’une part, et son déroulement varié de l’autre.

 

 

I Break Horses

Chiaroscuro

Note : 

 

 

Ecoutez:

You Burn

Faith

Disclosure

18/12/2013

Pet Shop Boys - Electric

Pet Shop Boys Electric.jpg

 

Parmi les groupes qui ont fait les beaux jours de l’electro pop des années 80. peu ont pu s’adapter aux changements imposés par les décennies suivantes. Si des formations comme OMD, Human League ou Pet Shop Boys existent toujours, elles se sont trop peu renouvelées depuis, en tout cas pas assez que pour marquer les esprits, et ainsi parvenir à extraire leur image de la décennie aux boucles d’oreille losangiques.


Les Pet Shop Boys disposent pourtant d’un fameux palmarès. Premier single… pardon, « 45tours » intitulé West End Girls, et premier gros carton international. C’était en 1985. D’autres numéros 1 suivront, It’s a sin, Always on my mind, Heart jusqu’à Go West en 1993, tube dont l’accent kitsch dépareille déjà, à l’époque où la techno et le grunge prennent les rennes du marché. A titre de comparaison, aucune chanson de Depeche Mode n’a jamais atteint le top des charts anglais. Mais en 2013, ceux sont eux qui remplissent des stades. Quant aux Pet Shop Boys, ils sont passés dans l’ombre, parce qu’ils n’ont pu, ou voulu, se renouveler, prendre des risques, ou qui sait, décevoir leurs premiers fans. Sorti cette année, leur dernier album n’est toutefois pas dénué d’intérêt. On y trouve des sons différents, certes pas innovateurs, mais qui témoignent d’une légère modernisation de leur patte.


Ces instants qui tiltent doivent se mériter. On passe d’abord par Axis, plage d’ouverture dont la fraicheur tient plus de la trance des années nonante que du dubstep actuel – on imagine mal Neil Tennant quitter son costume trois pièces pour un look à la Skrillex, cela dit. Suivent Bolshy, aussi lassante que du Kraftwerk contrefait, période « Pocket Calculator », et Love is a Bourgeois Construct, air léger, typiquement tamponné « PSB », dodelinant, mais vite agaçant.


La suite, bigrement plus intéressante, ne laisse plus rien transparaître de cette légendaire allégresse.  Basses et percus abandonnent leur usuelle gentillesse, sans pour autant exploser. Fluorescent intrigue comme du Visage et marque comme du Hot Chip. Le rythmé Inside a Dream, armé de sa sauce club, dégourdit comme du Simian et s’invite volontiers en tête. Quant au punchy Shouting in the evening, il se libère de l’éternelle emprise du groupe. C’est peut-être bien la première fois qu’on ne reconnait plus les Pet Shop Boys sur une de leurs chansons. Jusque la fin de l’album, seul Thursday brise la mouvance, ramenant cette impression de « déjà entendu » qui nous hante à chaque album du duo londonien -  ce titre étant, comme un pied de nez, produit avec Example, un de leurs descendants sur la scène anglaise.


A l’écoute d’Electric, on peut, légitimement ou pas, percevoir un message de Tennant et Lowe, nous disant que oui, ils sont capables de suivre le rythme, et de moderniser leurs compositions. Mais qu’ils n’en ont, peut-être, pas envie, préférant toujours le léger au profond, le festif à la conscience. Qu’ils s’en foutent pas mal de passer pour des ringards auprès du grand public, pour ceux qui savent encore qui ils sont, tandis que Depeche Mode rameute de nouvelles générations, et que New Order fait déjà partie de l’histoire de la musique. Ou bien s’agit-il simplement d’un album de musique électronique, venant d’un groupe qui, soit-dit en passant, s’apprête à fêter ses trente ans d’existence, sans que cela n’y transparaisse fatalement.

 

Pet Shop Boys

Electric

Note :



Ecoutez:

Fluorescent

Inside a dream


02/12/2013

Suivez le fil

Dirty Beaches – Drifter / Love is the devil

 

dirty-beaches-drifters-love-is-the-devil.jpgLa musique du Canadien Alex Hungtai ne respire pas la joie de vivre. Un son shoegaze et low-fi, bricolé sur du matériel tout collé de bière renversée, et dépressif à en sentir des cafards ramper sous les vêtements. Le genre à vous imprimer en tête migraine et idées noires. Pourquoi dès lors, ne pas éjecter cet album crasseux de sa platine après le premier morceau, le second pour les plus conciliants d’entre nous ? A cause de son atmosphère lourde, entêtante et envahissante. Peut-être aussi parce qu’il rappelle quelque soirée passée, aussi mystique qu’embuée.

 

Note :

Ecoutez : Casino Lisboa

 

 

Mikal Cronin - MCII

 

Mikal-Cronin-MCII.jpgBien qu’il officie au sein de plusieurs formations, Mikal Cronin, compositeur aux cheveux longs, trouve le temps de faire des albums en solo. MCII, le second, libère un rock zen, naturel et intemporel. A vrai dire, tellement aéré qu’il ne fait que passer en coup de vent. Rempli de béatitude, inspirant la détente, ce disque manque toutefois d’une vraie personnalité, d’un caractère propre, apte à marquer les esprits. D’un point de vue ambiance, c’est gai comme une plaine de festival ensoleillée. Mais musicalement, ce n’est pas vraiment authentique, ni hors du commun. On se retourne une fois ou deux, avant de passer à autre chose.

Note : 

Ecoutez : Change


 

Karl Hyde – Edgeland

 

Karl_Hyde_-_Edgeland_2013.jpgQuand le chanteur d’Underworld taille la route seul, il emprunte les départementales fleuries. Suffit les beats ravageurs de Born Slippy ou Push Upstairs. Sur son album solo, Karl Hyde (dont les traits rappellent autant Eric Zemour que Christophe Hondelatte) batifole gaiment dans un champ de pâquerettes, en caressant des petits lapins aux yeux de manga. Edgeland comprend neuf chansons, longues même quand elles ne le sont pas. De sa voix coulante et monotone, il nappe des mélodies platoniques et répétitives, gentillettes mais pas vraiment tendres ni intenses. Sympatoche, mais pas vraiment indispensable.

 

Note : 

Ecoutez : Cut Cloud

 

16/11/2013

CHVRCHES - The Bones of What You Believe

CHVRCHES.jpg

 

 

 


Vous pouvez toujours essayer de prononcer le « v », sinon faites comme tout le monde, dites « Churches ». La synthpop d’outre-manche n’avait plus connu telle sensation depuis La Roux, qui à force de repousser son retour, pourrait bien se faire piquer son trône par ce trio écossais qui ne paie pourtant pas de mine. Au micro, un petit bout de femme qui semble à peine sortir du lycée et derrière elle, deux types assez transparents, affairés sur des pads, claviers et autres machines électroniques. Mais parlons surtout du son, qui arrive comme un coup de poing en forme de caresse parfumée. En témoigne The Bones of What You Believe, un premier album très emballant, duquel émergent des tubes les uns après les autres.

 

La griffe CHVRCHES, c’est l’association de mélodies cent pour cent synthétiques, acerbes et cristallines, avec une voix d’ange, pleine et légèrement pinçante, qui les gonfle en émotion. S’y trouve aussi, pour couronner l’ensemble, une grosse dose de simplicité, sans doute involontairement apportée par les trois acolytes qui savent rester des personnes avant de devenir des personnages. Certes, ce n’est que de la pop, avec ses couplets, ses refrains et ses ponts, mais elle est terriblement opérante. Ici, le talent de composition tient dans l’enthousiasme et la profondeur apportée à un ensemble de sons binaires. Avec, en plus, un soupçon suffisant de post-modernité. Et ça fonctionne, pour chacun des douze titres, dont certains comme Gun ou We Sink sont tout simplement imparables. A se procurer d’urgence.

 


CHVRCHES

The Bones of What You Believe

Note :



Ecoutez:

Gun

We Sink

The Mother We Share

Recover


16/10/2013

Suivez le fil

 

Dans Dans – I/II


dans_dans.jpg

L’OVNI de l’année vient peut-être bien de se poser dans la campagne flamande. I/II du trio Dans Dans voyage au sein d’un blues instrumental, mené par une guitare au son brûlant qui s’empare du rôle des vocalises. Alternant les humeurs féline et diabolique, elle mène une orchestration basse-batterie classique et suffisante, et emmène l’auditeur dans la spirale de l’inattendu. Car le principe du blues, ici à tendance rock et psyché, c’est qu’on ne sait véritablement pas à quoi s’attendre d’une mesure à l’autre. Il y a de la sorcellerie dans ces plages interminables et leurs surprenants changements de cadence. Dans les instants les plus intimes, on imagine parfois que surgisse la voix de Chris Isaak… avant de se dire qu’au final, elle n’est même pas nécessaire. A d’autres instants, le rythme s’emporte, se fait plus diffus, mais s’accroche au fil de la construction musicale. Cet album nous transporte, à la manière d’un Melody Nelson, mais sans forcément raconter une histoire. Sans conteste un des « must » de 2013.

 

Note :

 

 

Au Revoir Simone – Move in Spectrums

 

Au-Revoir-Simone-Move-In-Spectrums.jpgLes trois petites bourgeoises new-yorkaises d’Au Revoir Simone ajoutent quelques Beaufort à leur brise électronique, pour un résultat au départ surprenant. Sons plus profonds, percussions plus … percutantes, pour des voix qui restent aussi lisses et sensuelles. La mutation est réussie, puisque la plage d’ouverture « More Than » nous fait imaginer une association peu probable entre The Do et les Chemical Brothers. La seconde, « The Lead is Galloping », esquisse un pendant féminin de The Big Pink. Quant à la troisième, « Crazy », elle et sa basse virevoltante diffusent un jubilatoire parfum de « New Order ». Mais chassez le digital, il revient au galop. Par la suite, les binaires reprennent le pouvoir sur les compositions, qui n’en restent pas moins charmantes, mais avec beaucoup moins d’impact. L’album s’allège ainsi jusqu’à « Love You Don’t Know Me », plage minimaliste qui semble inspirée du « Eye in the sky » d’Alan Parson. Au final, la sulfureuse métamorphose n’aura duré que trois chansons, et Move in Spectrums nous laisse un goût de trop peu. Dommage, car le début était bigrement alléchant.

 

Note : 

Ecoutez : Crazy




Bonobo – The North Borders

 

bonobo.jpgBonobo fait partie de ces artistes dont la découverte fait surgir la question : « et merde, pourquoi est-ce que je ne l’ai jamais écouté avant ? ». Simon Green, de son vrai nom, est un pro du downtempo, un style mêlant chillout, groove, ambient et trip hop. Concrètement, c’est de l’électro hybride, faite à la fois de sons synthétiques et de vrais instruments (violon ou saxophone, selon l’inspiration de l’artiste), sur laquelle ricochent des beats courts et désynchronisés. The North Borders, le cinquième album du producteur et DJ de Brighton, en est une parfaite représentation. Les sons séduisent, et les samples vocaux envoutent comme chants de sirène. Mais ce qui donne à cet album tout son côté sexy, ce sont les percussions. Multiples et vicieusement feutrées, elles s’assimilent à des bruits connus ; on imagine des coups de cuillers sur des verres en cristal, des boules de billard qui s’entrechoquent, ou des doigts ornés de bagues rythmant le tempo sur des bouteilles vides. L’ensemble nous rince les tympans mieux que des brumisateurs. L’effet enivrant et dépaysant est immédiat. En tendant l’oreille, on perçoit presque le bruit des vagues venant lécher le sable. Addictif, irrésistible, et terriblement frais.

 

Note :

Ecoutez : Cirrus