19/09/2011

Hundreds (album éponyme)

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On pourrait hésiter, mais non, le nom de la formation anglaise UB40 ne vient pas du fait qu'elle compte effectivement 40 musiciens (n'osez pas douter que je puisse vous en expliquer la véritable origine, ce n'est simplement pas l'objet de cette chronique). Pareillement, Hundreds ne compte pas 100 membres, puisqu'il s'agit en réalité d'un duo. Un jour, elle lui a expliqué un rêve, où elle s'était vue, avec lui, au milieu de cent alter-egos. Il lui répondit qu'il voyait là un nom parfait pour leur groupe.

 

Lui, c'est Philip Milner, 36 ans, compositeur dans l'ombre. Elle, c'est Eva, sa soeur cadette qui fête ses 30 ans cette année. Une chanteuse au timbre proche de celui de Dido, moins chaleureux, mais plus envoûtant. Tous deux viennent d'Hambourg, et font de la musique ensemble depuis des années. Ce n'est qu'en 2008 qu'ils enregistrent les bases de leur premier album, sorti cet été en Europe. Je les avais découverts sur scène en décembre dernier, lors du concert de leurs compatriotes de Get Well Soon, dont ils assuraient la première partie devant un parterre à moitié vide. Ils m'étaient alors inconnus, mais leur set long d'une heure m'avait fortement séduit.

 

Cet album éponyme dégage une ambiance froide et pénétrante, calque parfait de l'univers de la fratrie Milner. Mélangeant électro et organique, leur musique est agrémentée d'une myriade de sons inhabituels. Ces bruits harmonisés entourent un piano omniprésent de la première à la dernière plage. La plage, on en est d'ailleurs fort loin ! Au contraire, ce disque nous emmène dans des recoins sombres et isolés, de ceux où il vaut mieux emmener sa doudoune, plutôt que son maillot de bain.

 

Cet album possède un côté captivant, innovant d'un certain point de vue. Son seul bémol est sa progression, trop régulière, puisqu'il ne compte réellement qu'un seul titre remuant. Rythmé par des clappements, des boucles vocales et des accords de piano posés à contretemps, "Song for a Sailor" est à ce point réussi, qu'il est dommage qu'il soit le seul dans cette veine. Hormis celui-là, "Hundreds" reste un album relativement placide, qui surprend davantage dans sa découverte que lors de son déroulement. Un déroulement qui n'en est pas moins très agréable à suivre.

 

 

Hundreds

Album éponyme

Tarif : 7.5/10

 

 

Ecoutez:

Solace

Song for a Sailor

Let's write the streets (live)

 

15/01/2010

Concert - Où Est Le Swimming Pool, Atelier Luxembourg, jeudi 14 janvier 2010.

OELSP

 

Mais où est donc passé le Swimming Pool ?


C'est précisément la question que se sont posée les quelques résidents de l'Atelier présents ce jeudi soir, durant une bonne heure. Une petite heure de concert à peine, de fait, ça respire le jeune groupe à peine éclos, à juste titre. Ce band au nom pour le moins original est originaire d'Angleterre. Je ne vous réciterai pas leur biographie, ni ne vous donnerai la raison pour laquelle ils ont choisi ce patronyme peu commun, puisque je l'ignore moi-même - mais une rapide recherche sur un moteur du même qualificatif devrait vous apporter la réponse.

Sur laser, la musique proposée par ce quatuor se regroupe parmi d'autres bands electro pop tel La Roux ou Simian Mobile Disco. Veillez cependant à ajouter une dose conséquente d'influences eighties. Les mélodies synthétiques et répétitives, l'intonation des voix lors des couplets et refrains, mais aussi et surtout le look de leur claviériste  moustachu, tout droit sorti d'un épisode de l'inspecteur Derrick ... tout cela sent bon le Pet Shop Boys, l'Ultravox, le Heaven17, plus généralement la bonne electro pop du middle 80, ayant à peine dépassé la période New Wave d'un orteil. C'est assez paradoxal, compte tenu du look des deux chanteurs. Le premier, blondinet à la longue mèche ondulée par dessus son front, habillé par une chemise à carreaux délavée, fait plutôt songer à un chanteur de groupe rock teenage dans le style Blink 182 ou Sum 41. Le second, légèrement basané, mais pour le moins effeminé, au t-shirt moulant orné d'un décolleté plongeant sur ses côtes, semble quant à lui sortir d'un Pop Boys Band comme The Script ou ... The Script. Bref, s'il n'y avait le claviériste vieilli de quinze ans par les poils ornant le dessous de son nez, ce groupe n'aurait de vintage que sa musique.

Parlons-en, du clavier. Parlons également du second clavier posé à sa gauche. Et c'en sera tout de l'instrumentalisation. Cela sent le préparé à plein nez, et manque cruellement de spontanéité, mais c'est tellement commun auprès des groupes electro évoluant en live que cela en devient pardonnable. Hormis leur hochement de tête régulier, qu'ils stoppent évidemment entre chaque titre, les claviéristes sont pour le moins statiques. Le jeu de scène est donc la responsabilité des deux leaders vocaux, mais là, ça manque cruellement de structure. Ca se balade à gauche, à droite, ça chante sur une seule tonalité - lorsque ça chante réellement. On croirait réellement voir un groupe de lycéens à peine formé, oeuvrer devant ses camarades de classe lors d'un bal de fin d'année. La musique est entraînante, certes, mais simpliste et répétitive. Dans ce cadre, rien de tel pour ravir le public que de créér un univers au groupe, et d'en exposer les reflets de par des éclairages spéciaux, ou des moutures de décor fantasques et authentiques. Mais que d'alle... les jeux de spot sont on ne peut plus communs, et quant au décor, il est inexistant, et c'est vraiment dommage.

Tout cela part d'un bon sentiment. Les bandes studio sont plaisantes, bien que le groupe ne dispose réellement que de deux tubes accrocheurs. Par contre, la scène est à étoffer au plus vite. L'optimiste se dira qu'il s'agit là d'une conséquence de leur jeunesse et inexpérience, et c'est pour ces raisons que je vous invite tout de même à découvrir leurs compositions. Après tout, ils ne peuvent que progresser.

 

Où Est Le Swimming Pool

Jeudi 14 Janvier 2010, Atelier - Luxembourg.

Ecoutez


Dance the way I feel

These new knights