20/06/2012

Sigur Rós - Valtari

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Il aura fallu attendre quatre ans pour que Sigur Rós, groupe phare du mouvement post rock, sorte un nouvel album. Quatre années durant lesquelles Jonsí, son leader à la sensibilité hors du commun, n'a pas chômé.

 
Il y a d'abord eu « Riceboy Sleeps », un disque instrumental, libellé à son nom et celui de son partenaire Alex Somers. Ensuite, Jon Birgisson a sorti son album solo, sobrement intitulé « Go », une somptueuse galette enveloppée de joie et d'optimisme. S'en est suivi une tournée internationale des salles et festivals, et comme si ça ne suffisait pas, il enchaîna sur la composition d'une bande originale pour le film « We bought a zoo ». Je vous passe la liste complète de ses participations éphémères, et autres éclairs de génie isolés comme cette bouleversante reprise de « Time to pretend » de MGMT qui ferait croire Dieu.

 

L'Islandais n'arrête jamais, à se demander s'il lui arrive simplement de dormir. Et le plus incroyable, c'est que cette suractivité ne déprécie nullement la qualité de son œuvre. La preuve avec Valtari, nouvel opus étiqueté Sigur Rós, qui démontre que Jonsí est décidément incapable de sortir quelque chose de mauvais ou d'inachevé.

 

Si l'avant-dernière œuvre de Sigur Rós, « Með suð í eyrum við spilum endalaust », s'orientait davantage vers un format radiophonique, Valtari s'en éloigne sensiblement, pour revenir vers leurs premiers amours. Entendez  de longues aubades sans tempo véritable, alternant les mélodies organiques, majestueuses ou simplement tendres, sur lesquelles Ruissèlent des notes récitées en Vonlenska, la langue imaginaire inventée par Jonsí.

 

Cet album ne réserve aucune surprise aux fans invétérés, mais il se caractérise avant tout par une douceur intense et enveloppante, déchirée une seule fois par un passage orageux. Les trois derniers titres sont même d'un calme profond, pour ainsi dire redondant. Valtari s'absout donc de tout hymne à la joie, tels que ceux qui ouvraient « Með suð í eyrum við spilum endalaust » et « Go ». Il n'en est pas moins troublant et, à sa manière, réchauffant. C'est, à nouveau, de l’art acoustique à l'état naturel, qui démontre la capacité de son auteur à greffer une toute autre dimension au mot musique. Mais ça, on le savait déjà.

 

 

Sigur Rós

Valtari

Tarif: 8/10



Ecoutez:

Varúð

 

04/02/2012

The Maccabees - Given to the wild

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Après deux albums barbotant dans l'indie rock plus ordinaire, mais non moins appréciable, The Maccabees passent à l'étape supérieure, celle du communément appelé "album de la maturité". Par rapport à ses ainés, Given to the wild se distingue par une accroche non singulière, et une impressionnante consistance. Le style est toujours basé sur le rock anglo-saxon classique, mais on sent un désir évident de tendre vers le post rock. En témoignent cette atmosphère sombre et profonde, où les tirades de guitare se succèdent au chant fin et velouté d'Orland Weeks. Un timbre de voix qui, au passage, n'est jamais paru aussi contextuel.

 

Ce troisième opus des Londoniens est réellement surprenant, dans sa forme comme dans son déroulement. On ne sait jamais prévoir ce que la prochaine mesure nous réserve. Outre les ingrédients courants du rock, des cuivres peuvent surgir à n'importe quelle reprise. Le disque alterne le mélancolique et l'envolé, et devient même orageux quand, au bout de huit chansons, on croit avoir tout entendu, et que se déroulent les poignants "Unknown" et "Slowly". Les Maccabees réussissent le pari d'allier technique et émotion, ou d'étaler sur tout un album les troubles déclenchés par le "So here we are" de Bloc Party. Pour citer d'autres références, "Given to the wild" apparaît comme un mix peaufiné des meilleurs moments d'inspiration des Smiths et d'Archive. On tient déjà un des albums de l'année.

 


The Maccabees

Given to the wild

Tarif: 8/10

 

 

Ecoutez:

Pelican

Unknown