17/09/2013

White Lies - Big TV

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En 2009, les White Lies explosaient à la face du monde grâce à « To lose my life », un album au rock sombre et juste, dépeignant parfaitement un univers fait à la fois de trouble et d’euphorie. Suite à cet impeccable premier essai (probablement l’un des meilleurs albums du siècle présent), ils furent catalogués dans le registre « Indie rock », dossier « cold wave », parmi des références du style comme Interpol ou Editors. Aujourd’hui, au contraire des premiers (qui campent sur leurs positions), et des seconds (qui s’en éloignent dangereusement), le trio emmené par Harry Mc Veigh réussit parfaitement son évolution.


Sur ce troisième volet de leur jeune et brillante carrière, les Londoniens sortent la tête des limbes. Sujet récurrent de leurs deux premiers opus, la mort rentre dans l’ombre, au profit de l’amour dans ce qu’il a de plus exact. Au-delà des textes, cette embellie se traduit par des mélodies plus riches, et des envolées bien vivantes. On sent même poindre par moments une once de romantisme, merci au violon, et au piano (sublime sur la plage "Change"). Ces instants de plénitude feront taire l’intelligencia indé voyant en eux des héritiers deJoy Division. Mc Veigh admet lui-même ne pas être influencé par l’œuvre deJoy Division, préférant leurs contemporains deTalking Heads. Et ici, cette inspiration avérée est plus claire que sur les deux premiers opus. Mais voilà, on ne changera jamais le fait que certains crient à la résurrection deIan Curtis dès qu’ils entendent une voix grave sur une ligne de basse. D’ailleurs si vous voulez mon avis (et vous le voulez, car vous êtes sur mon blog), c’est àMarian Gold, leader d’Alphaville que le chant deMc Veigh me fait le plus penser, parmi la grande famille des 80s. Une époque que lesWhite Lies parviennent à se réapproprier, pour alimenter leur rock fougueux et, au-delà de toute influence, de plus en plus authentique.


Big TV démontre une envie de se renouveler, sans pour autant trahir leur son d’origine. Un pari relevé, mais plus que réussi, là où certains de leurs éminents collègues se sont dernièrement cassés les dents.



White Lies

Big TV

Note :   

 


Ecoutez:

There goes our love again

Getting Even

Change

 


Redécouvrez:

Death

Bigger Than Us

03/09/2013

Suivez le fil

 

Vampire Weekend – Modern Vampires of the city

 

vw.jpgMême si leur son afropop ensoleillé reste séduisant, ce nouvel opus des New-Yorkais apporte peu de fraicheur en regard du précédent. Certains titres comme Ya Hey incitent à la jigue, mais auraient déjà eu leur place sur l’excellent Contra. Pour les autres, le peps n’est pas vraiment permanent. Il manque à Modern Vampires of the cities une réelle authenticité pour atteindre le même niveau. Trois albums et ils ne prennent déjà plus de risque ?

 

 

 

Note : 

 

 

Yeah Yeah Yeahs – Mosquito

 

yyy.jpgCe n’est pas qu’on trouvait le temps long, mais on commençait à se demander où ils étaient passés… Quatre ans après le très convaincant « It’s blitz », Karen O et ses potes reviennent avec, comme de coutume, un OVNI alternatif. Mosquito reste fidèle à leur griffe, cocktail Punk-pop insouciant et explosif, enrobé d’une couche d’électro et remarquable par sa spontanéité – on ne sait réellement pas à quoi s’attendre d’un titre à l’autre. Seul bémol : quelques tranches de douceur, un poil trop longues à mon goût.

 

 

Note : 

 

 

Allah-Las (éponyme)

 

AllahLas.jpgDans la série « On avait déjà entendu ça… mais ça faisait longtemps », le premier album des Californiens d’Allah-Las trempe dans le bon vieux rock rétro. Voix, guitares et production low fi nous replongent quarante ans en arrière, à l’époque de l’apogée de la pilosité masculine. Ce disque éponyme évite la lourdeur de la nostalgie, en proposant de nouvelles compositions colorées, d’un style rock plus dépaysant que réellement poussiéreux. C’est si réussi qu’on pourrait confondre avec un vieil album des Kinks ou des Animals.

 

Note : 

 

 

Miles Kane - Don’t Forget Who You Are

 

Miles-Kane.jpgDeux ans après un debut album mené par deux singles, le fringant Miles Kane revient avec une copie plus relevée. Sur Don’t Forget Who You Are, l’ancien leader des Rascals ne laisse aucune seconde de répit, assumant l’héritage de ses aïeuls grâce à un britrock pétillant. Parmi les 11 titres au format de poche se trouvent quelques tubes imparables, tels « Taking Over », plage d’ouverture irrésistiblement convaincante, ou la plage titulaire qui suit. Tellement frais, british et jubilatoire, ce disque donne au pote d’Alex Turner une carrure plus imposante encore. Ce jeunot, risque fort de marquer les prochaines années de son empreinte.

 

Note : 

 

28/08/2013

Suede - Bloodsports

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A l’instar des Cranberries et des Smashing Pumpkins, Suede a connu son heure de gloire dans les années 90, avant de disparaître à l’aube du nouveau millénaire, pour mieux se reformer quelques années plus tard. Ceux qui, comme moi, ont eu la (mal)chance d’assister à un concert de la clique à Billy Corgan ces deux dernières années, émettront une réserve quant à l’utilisation du mot « mieux » dans la phrase précédente. Mais inutile de tirer sur le corbillard, ceci n’est qu’un aparté dans la présente chronique.

 

Le quintet londonien mené par Brett Anderson, chanteur-lover au nom bien … suédois, goutait alors au succès international, certes, mais ne provoquait pas tant l’hystérie des fans que les deux précités. Seuls quelques singles tels "Animal Nitrate", "So Young", "Beautiful Ones", raisonnent à l’oreille des trentenaires d’aujourd’hui, comme un rappel de leur insouciante jeunesse.

 

Ce premier album post-reformation débute plutôt pas mal, par "Barriers" et "Snowblind", deux titres « coup de poing » à la carrure de single. La suite, quelque peu moins emballante, barbotte dans un pop rock romantique un tantinet trop formaté. Sur la fin du disque, trop placide, l’ennui commence à se faire ressentir. On se sent bien rajeunir, bercés par la voix pinçante et si particulière d’Anderson, mais c’est bien là la principale satisfaction ressentie. A un autre band, on reprocherait de vouloir faire du neuf avec du vieux. Loin d’être mauvais, Bloodsports manque toutefois d’une sérieuse prise de risque, et de ce peps vivant et insouciant, qui nous gardait alors devant MTV, lors des après-midi pluvieux.

 


Suede

Bloodsports

Tarif :



Ecoutez:

Barriers


11/08/2013

Editors - The Weight Of Your Love

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Cela fait maintenant deux albums que Tom Smith et ses ouailles se cherchent une nouvelle identité. Après s’être essayés à l’électro sur « In This Light and on this Evening », avec plus de satisfaction que de réelle distinction, voilà maintenant qu’ils s’engagent sur la route, que dis-je, sur l’autoroute de la facilité. Une chose est sûre : ils appuient tant et plus sur ce trait tiré sur un post-punk qui leur convenait pourtant si bien.

 

En témoigne un nouvel opus 100% pop rock, fidèle à leur nouvelle image de groupe plus si alternatif que ça, mais si lourdaud qui aurait pu s’appeler « The Weight » tout court. Entre faux tubes peu convaincants et moments confidentiels plus désolants que déchirants, ce disque sonne comme du U2 période Joshua Tree, mais de seconde catégorie. Seule réminiscence de la belle époque New New Wave de leurs débuts : la voix sombre de Smith, qui ne colle pas vraiment avec ce style nouveau. Un timbre qui, durant les titres voulus intimistes, s’envole de façon gênante et peu naturelle. The Weight of your love est le nouveau chapitre d’un groupe en mutation, qui souhaite s’ouvrir les portes de la grande foule, mais qui à coup sûr provoquera le rejet de quelques premiers fans.


 

Editors

The Weight Of Your Love

Note : 


Ecoutez:

Formaldehyde


 

28/07/2013

Queens of the Stone Age - ... Like Clockworks

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… ou comment démontrer, non par « A + B » mais bien par « A » tout court, que le rock ne donne pas mal à la tête. Pour écrire le dernier chapitre (en date, je vous rassure) de son groupe-phare, Josh Homme est allé puiser son inspiration à la racine. En résulte Like Clockwork, un album orienté blues électrique, nuageux mais jamais vraiment énervé. On pourrait même dire qu’il apaise, grâce à un son gras et cool à la fois, véritable vaccin anti prise de tête. Aucun titre ne suinte l’adrénaline, mais certains comme If I had a tail ou le single My god is the Sun se logent facilement en tête.

 

Cette production à fort potentiel addictif se distingue également par la participation discrète (et donc sans finalité publicitaire) de certains noms ronflants ; Dave Grohl (on s’en serait douté), Alex Turner, Mark Lanegan et plus surprenant, Sir Elton John, venu tripoter du clavier et pousser la chansonnette. C’est que malgré son air parfois bourru, Josh reste un artiste très people. Ceci dit, on s’en cogne un peu de savoir qui agite le tambourin sur la plage 4, tant que la chanson, et l’album entier, est bon. Et celui-ci est un très bon cru.

 

 


Queens of the Stone Age

... Like Clockworks

Note : 



Ecoutez:

My god is the sun

 

12/07/2013

Rock Werchter 2013

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Durant ces quatre jours dans la plus belle plaine au monde, j’ai pu assister, de très près comme de très loin, à de nombreux concerts. Voici quelques mots sur ceux qui ont retenu mon attention. Pour les autres, soit je n’y étais pas, soit je n’étais pas en état d’émettre un jugement objectif …

 

 

Bloc Party – The Barn, jeudi 21h10

 

Peu en faisaient un must see du week-end. Et pourtant, sur scène, Bloc Party reste une valeur sûre, malgré une baisse de notoriété et des rumeurs persistantes de séparation. Emmenés par un Kele Okereke charismatique et omniprésent, les Anglais ont livré un show propre mais punchy et sans fausse note. A se repasser la set list en tête … Hunting For Witches, Flux, Banquet, This Modern Love, Helicopter … Tout cela valait largement une main stage.

 

 

Sigur Ros – The Barn, jeudi 23h10

 

Un festival fait la part belle à l’ambiance musicale et à l’ambiance tout court. Entre bières et décibels, libre à chacun de choisir son propre cocktail. Jusqu’à ce que surgissent Sigur Ros et leurs magiques ritournelles. Un groupe que le succès tardif n’empêche pas de se redéfinir à chaque sortie. Je me pensais immunisé,  je craignais d’être lassé, et les Islandais m’ont une nouvelle fois mis à terre. Quand Sigur Ros est sur scène, tout le reste n’a plus vraiment de sens.

 

 

The Bots – Main Stage, vendredi 13h45

 

Rien de tel qu’un concert punk pour commencer la journée. Hélas, celui-là sentait l’improvisation. L’énergie dégagée durant les titres au format de poche fut annihilée par de trop longs silences de transition. Descendre dans la fosse, remonter avec un paquet de Choco Prince et une fan hystérique sous le bras, tout cela est fort sympathique, sauf quand ca dure des plombes… La scène principale était sans doute trop grande pour The Bots, puisque la sauce ne monta guère plus loin que la première barrière.

 

 

Two Door Cinema Club – Main Stage, vendredi 15h20

 

Les Nords Irlandais semblent se délecter de leur ascension, si l’on en juge par leur nouveau look : bijoux bien apparents et costumes impeccablement repassés. Ils n’ont, en apparence, plus rien des pop-rockeurs bourgeonnants qu’ils étaient encore il y a trois ans. Heureusement, leur style explosif et leur ribambelle de tubes font toujours mouche. Y compris les titres issus de « Beacon », leur second album légèrement plus soft. Mission accomplie, donc, pour ces ex-gamins que le succès n’a pas encore transformés en nouveaux Coldplay, et merci bien.

 

 

Kings of Leon – Main Stage, vendredi 22h00

 

Partis en tournée sans nouvel album, les frères et cousins Followill semblent fouiller dans le vide à la recherche de leur motivation d’antan. C’était certes gagné d’avance, grâce à une set list du feu de Dieu, en forme de best of. Mais l’ambiance que l’on souhaitait enflammée fut tempérée par une prestation en roue libre, sans réelle passion, et alourdie par de longues pauses entre chaque chanson. On a connus les Kings bien plus fringants ; ce vendredi, ils sont simplement venus faire leur travail, et assurer le minimum syndical.

 

 

Blur – Main Stage, vendredi 00h10

 

Au vu l’hyperactivité de son leader, on n’espérait plus voir Blur revenir au premier plan. Damon Albarn a montré qu’il restait fidèle à lui-même, et à ses premiers amours. Vu la taille de son CV, il a pourtant de quoi se la péter bien plus que certains de ses compatriotes (et surtout ce type assez crasseux, coiffé comme un âne, avec une énervante voix nasillarde, qui chantait avec son frère dans un groupe au nom d’une boisson fruitée… comme s’appelle-t-il déjà ??). Sur la Main Stage, ces grands représentants de la pop anglaise ont aligné leurs nombreux hymnes sans chichis, ni ego surdimensionné. A commencer par Boys and Girls, histoire qu’on se rappelle bien qui ils sont. Au final, c’est une immense vague de bonne humeur qui a déferlé sur la plaine. Simple, efficace, et à aucune moment ennuyeux.

 

 

Django Django – The Barn, samedi 18h05

 

Django Django is unchained ! Comme Hot Chip ou M83, les Londoniens font partie de ces groupes dont la musique prend une toute autre dimension sur scène. Tenant un rythme soutenu, alternant montées et apogées, harmonies vocales et passages instrumentaux, ils ont entraîné la Barn dans une intense spirale festive, pour ce qui fut au final l’une des plus emballantes prestations du week-end. Impossible de sortir de là sans sourire aux lèvres et fourmis dans les jambes.

 

 

James Blake – Klub C, samedi 20h55

 

Face aux monstres de Volbeat qui se déchainaient sur la main stage, l’electro minimaliste de James Blake n’a pas failli. Installant sans attendre un niveau d’intensité élevé, via des sons hypnotiques, et des basses percutantes qui ont fait vibrer plus d’un diaphragme, le beau gosse a en outre joué de sa voix aux vertus narcotiques, pour plonger dans son monde un public très jeune. La prestation, nappée d’une forte aura sensuelle, a emballé la Klub C malgré le statisme radical des musiciens, demeurant assis du début à la fin. Éblouissant pour un artiste de 24 ans à peine.

 

 

Rammstein – Main Stage, samedi 23h25

 

Rammstein en tournée, c’est une trentaine de camions et des hectolitres de carburant. Derrière leur apparence de psychopathes, ce sont aussi de vrais pros, tous diplômés en pyrotechnique. De fait, ce show potentiellement dangereux (on aurait tendance à l’oublier) demande une précision millimétrée. Alors même si le spectacle ne laisse aucune place à l’improvisation musicale, il vaut la peine d’être vu de près. N’y emmenez cependant pas vos enfants ; certaines scènes à caractère sexuel sont très réalistes, et pas du meilleur goût.

 

 

Depeche Mode – Main Stage, dimanche 21h15

 

On a écrit un peu tout et n’importe quoi sur ce concert, dont le seul défaut fut qu’il était sans doute davantage destiné aux fans parmi les festivaliers, qu’à la plaine entière. Malgré tout, il s’agit d’une des meilleures représentations du week-end. Après une ouverture en mode Delta Machine, Walking in my shoes met tout le monde d’accord. Les tubes de toute époque se succèdent, Precious, Policy of Truth, A question of time. Comme à chaque fois, Martin Gore prend le micro au survolté Dave Gahan le temps de deux titres confidentiels, le subjuguant Home en piano-voix, et un Higher Love, judicieusement sorti du placard. Comme de coutume, ils clôturent la première partie sur l’enchainement Enjoy the Silence - Personal Jesus. En rappel, Just can’t get enough pour les moins mélomanes et autres amateurs de farandoles, avant l’habituelle apothéose sur Never let me down again. Peu de surprises, mais c’est carré, efficace, et terriblement frais. Une nouvelle démonstration de la part de ces quinquagénaires plus en forme que certains néophytes.

 

 

Editors – Main stage, dimanche 23h35

 

Il paraitrait qu’en Flandre, le succès de masse d’Editors justifie le fait de les voir clôturer le festival pour la seconde fois en deux ans. Je me souviens, moi, d’un concert à l’atelier (Luxembourg) en 2009 devant moins de mille personnes, qui m’avait complètement retourné. Il est probable que cela n’arrivera plus jamais. Car leur carrière semble aujourd’hui emprunter la route qui mène droit aux stades, et à un statut de U2 nouvelle génération. Bye bye explosivité et promiscuité, qui leur convenaient si bien. Mais après tout, s’ils préfèrent se perdre dans des albums destinés à l’Ultratop, ou des BO de films pour ados en fleur… il nous reste encore Interpol et White Lies, pour ne citer que ceux-là. Quant à ce concert de clôture, il n’était pas intrinsèquement mauvais. Juste carrément hors-contexte, surtout accompagné de feux d’artifice distillés un peu n’importe quand. Et de la part d’Editors, j’ai déjà vu beaucoup, beaucoup mieux que cette compilation des chansons les plus passe-partout de leur répertoire.




Rock Werchter 2013

4, 5, 6, 7 Juillet 2013



24/03/2013

David Bowie - The Next Day

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Avec ce nouvel album studio, sorti 46 ans après le premier, David Bowie signe un exploit impensable. La prouesse n’est pas l’album en lui-même ; même s’il approche la septantaine, force est de constater que le mythique Ziggy Stardust a encore de l’énergie à revendre. Le fait est que ce retour aurait pu être le plus attendu de l’année, si toutefois quelqu’un l’avait attendu … car à l’époque de la turbocommunication, Bowie est parvenu à surprendre son monde. Les dizaines de médias spécialisés, les centaines de médias moins spécialisés, les milliers de twittos dans le monde … personne n’était au courant que cette légende vivante du rock allait sortir un nouvel album, dix ans après ses derniers faits d’armes. Et pas un best of, ni une compil de faces B ; un album bien original, et bien vivant. Notons, pour la parenthèse, que la taille de l’exploit va de pair avec la popularité de l’artiste. Si personne n’a parlé du dernier album de Didier Barbelivien, sorti il y a deux semaines, c’est parce que tout le monde s’en fout (et c’est bien légitime).

 

Revenons à la musique, avec The Next Day, qui rien que par sa condition, mérite déjà sa nomination au titre d’OVNI de l’année. Bien qu’il n’ait plus rien à prouver depuis longtemps, le Major Tom n’a pas pris les choses par-dessus la jambe. Tout d’abord, ce disque ne contient ni plus ni moins que 17 titres ; hormis Philippe Katerine et ce pour des raisons propres à son style, qui, aujourd’hui, sort encore des albums avec 17 chansons ? On préférera bien souvent maquiller l’œuvre en « double album » avec 9 chansons sur un CD et 8 sur l’autre (avec pour compléter, une version symphonique, ou simplement instrumentale). Bowie, lui, ose mettre 17 titres sur un seul CD, et ce alors qu’on ne lui demande même pas un single.

 

A force d’étonnement, on oublierait presque de parler contenu. Sur The Next Day, Bowie nous revient avec un rock brut et énergique. Ne cherchez pas l’expérimentation, ce n’est pas à ce vieux singe qu’on va demander de nouvelles grimaces. C’est dans sa propre cour qu’il se refait une jeunesse, et ce qui saute aux oreilles, c’est qu’il se fait rudement plaisir. Et lorsqu’un artiste de cette trempe se lâche, l’effet est automatiquement contagieux. Alors certes, les 17 chansons sont cantonnées à un style pop rock devant beaucoup aux 70s (on ne va tout de même pas le lui reprocher, au vu de son énorme contribution à la musique de cette époque, il ne fait que reprendre ce qui lui appartient). Mais elles se suivent sans forcément se ressembler, ce qui greffe à l’ensemble du disque un large panorama. Mieux : une éloquente richesse.

 

The Next Day est une représentation fraîche d’un style musical mur, mais immortel. On l’écoute une première fois parce que c’est Bowie. On le réécoute tout simplement parce qu’il est bon.

 


David Bowie

The Next Day

Note :



Ecoutez:

Where Are We Now