08/05/2014

Détroit @ Rockhal

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Adolescent des années 90, j’ai grandi avec Noir Désir, sans jamais avoir été un fan. J’écoutais passer leurs standards sur les radios rock, « Aux sombres héros », « L’homme pressé », et à force j’en connaissais quelques paroles. Sans ressentir de réelle attirance, tout au juste tapais-je la mesure en l’air, avant de passer à autre chose. Des années plus tard, soit ces derniers mois, j’ai pris le soin de découvrir Détroit, le nouveau projet du revenant Cantat. Je vous fais grâce ici de mes impressions sur cet album, mais vous invite fortement à relire la chronique que j’en ai fait. C’est important pour la suite, et ça augmente mon audience.

 

Ce mardi, je m’attendais à découvrir en live les compositions de ce nouveau groupe, dans un contexte très intimiste. Par gêne ou désintérêt, aucun ami n’avait voulu m’accompagner, et je considérais cette réticence comme une généralité. En réalité, il ne fut jamais question du concert de nouveau départ que j’imaginais. Au lieu d’une poignée de motivés, c’est la foule des grands soirs qui se pressait devant la scène de la Rockhal, pour ce concert annoncé sold out depuis peu. Une foule venue pour célébrer le retour de son idole, davantage que pour découvrir ses nouvelles inspirations.

Le début du concert fait toutefois illusion. « Ma Muse », plage d’ouverture du dernier disque, plonge directement la salle dans une atmosphère tendue, où les frissons sont palpables. « Horizon » accentue ce départ aussi efficace que purgatif. Déjà, d’épars cris d’extase et d’allégresse retentissent. «Bertrand on t’aime » ; « Tu nous as manqué ! », autant de témoignages et d’autres, qui m’ouvrent les yeux sur la réelle importance du chanteur pour cette génération de fans, imprimés de son œuvre à même la chair. Sur scène, il n’en fait pourtant pas trop, vivant sa musique autant qu’il la fait partager, de sa voix écorchée. Son groupe, quatre musiciens dont Pascal Humbert, s’effacent naturellement derrière son aura, amplifiée par des années d’exil.

L’évidence se dévoile dès le troisième titre, le symbolique « A ton étoile », pioché dans le répertoire de Noir Désir comme le sera plus de la moitié de la setlist. Non, ses adeptes d’alors ne l’ont pas oublié, et pour célébrer la fin d’une si longue attente, il ne pouvait se contenter de dérouler ses derniers titres. A cet instant, Bertrand Cantat m’apparait clairement comme bien plus grand que Détroit. Partageant l’enthousiasme qu’on lui offre, il prend ses aises et se permet quelques traits de fantaisie entre les chansons. Le mélange des époques créé un ensemble vivant et cohérent ; aux titres populaires d’alors, Cantat en préfère d’autres qui lui tiennent plus à cœur, et trouvent parfaitement leur place parmi les nouveautés. Musicalement, c’est très bien rodé, seul « Droit dans le soleil », en début de rappel, souffre de précipitation et de quelques oublis de paroles. C’est après un interminable « Sa majesté », que la troupe finit en apothéose sur « Tostaky ». Histoire de clôturer la boucle par son commencement, et de contenter un public irrassasié, qui n’en peut plus de déclamer avec force : « Soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien ».

 

Détroit @ Rockhal

Mardi 6 mai 2014

 

Note :   

02/12/2013

White Lies @ Ancienne Belgique

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Sur scène, les White Lies me laissaient le souvenir de dernières prestations un cran en dessous de mes attentes. La faute à une apparente fragilité qui, sans les paralyser, empêchait ces trois gamins de s’éclater réellement sous plusieurs milliers de regards simultanés. En conséquence de cette motivation plafonnée, il leur arrivait de ne pas pouvoir tenir un rythme, et pire, à Harry McVeigh de perdre la justesse de son chant. Mais après leurs passage et repassage de ce week-end à l’Ancienne Belgique, on peut affirmer qu’ils assument de mieux en mieux leur notoriété.

 

On sent que malgré leur succès, les anglais désirent rester simples, entiers et accessibles. En témoigne leur look négligé, t-shirt au rabais contre barbe de plusieurs semaines, ainsi que leur immobilité relative. Alors puisqu’ils ne vont pas vers le « show », c’est ce dernier qui les rejoint sur scène. Résultat : la performance s’accompagne d’aveuglants jets de laser, partie d’un show lumineux nébuleusement riche, à rendre Jean-Michel Jarre malade de jalousie. Un attirail si exubérant que par moments, on pouvait réellement croire qu’une soucoupe volante était entrain de se poser sur scène. Ce plumage du 3e type ne s’accordait absolument pas avec le ramage musical proposé, qui était lui de très bonne facture. Avec la richesse de leurs trois albums, les Londoniens ne peuvent que dérouler une set list qui a de la gueule, qui commence d’entrée par deux gros tubes, se clôture par autant, et qui en garde encore pour le trou normand. A noter, peu avant les rappels, une pause dans cette démonstration de puissance, avec une reprise minimaliste de « I would die 4 U » de Prince – peut-être une piste sur l’évolution future de leur carrière ? Quant à la qualité du set, on aura déjà vu pire. McVeigh affirme ses épaules de chanteur, et les quelques cassures de rythme semblent cette fois bien contrôlées, comme pour mieux rebalancer la sauce dès la prochaine mesure.

 

Sans jamais se donner un genre, les White Lies apprennent à murir avec leur succès. Une heure et demie après leur montée sur scène, ils terminent leur unique et court rappel par un explosif « Bigger than Us », qui encore plus que le reste, laisse un goût de trop peu ; si on avait pu, on leur en aurait encore demandées quelques-unes.

 


White Lies

Ancienne Belgique , Bruxelles

Samedi 30 novembre 2013

Note :


07/11/2013

The National @ Rockhal

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Ce mercredi, The National et leur rock empoignant se produisent dans une Rockhal loin d’être remplie. A l’heure où débute le concert, initié par une vidéo sur l’écran géant qui les emmène du sortir de leur loge jusqu’à leur montée sur scène, il est encore aisé de se faufiler vers les premiers rangs. Le temple du rock d’Esch-sur-Alzette doit bien être la seule étape de leur tournée où les spectateurs ont le loisir de se décider à venir deux heures avant le début du concert. Partout ailleurs, c’est deux heures après la mise en vente des tickets qu’il faut déjà avoir fait son choix. Mais soit, ne nous attardons pas une énième fois sur la carence en enthousiasme du public luxembourgeois.

 

Peu nombreuse donc, la foule comporte toutefois son lot de fans, à en juger par l’entrain manifesté entre chaque titre. Dix-neuf pour être précis, rappel compris. Les Cincinnatiens font donc bien plus que d’assurer l’essentiel. Avec son look de prof de religion dépressif, Matt Berninger attire les attentions. D’abord immobile, voûté contre son micro auquel il s’accroche des deux mains, telle une corde d’alpiniste à son mousqueton. Après chaque chanson et un bref remerciement, il s’accroupit dos au public, pour avaler moins que discrètement quelques goulées de bière. Dix chansons plus tard, Matt est devenu un autre homme, qui crache sa pinte comme un lama et jette nonchalamment ses gobelets. Encore quelques titres et le dévergondage atteint son paroxysme, lorsqu’il se jette parmi la foule et que sa voix s’enraye au point de donner des espoirs aux casseroles de la « nouvelle star ».

 

Orbitant autour de leurs deux derniers albums, mais comprenant aussi d'anciennes perles, la playlist leur permet d’exprimer leur énergie, paradoxalement bouillonnante et cadenassée sous une apparente et trompeuse banalité. Les mélodies ont beau inspirer la tristesse, les rythmes n’en sont pas moins acérées, et les guitares orageuses. Ce sont, à leur manière, des bêtes de scène. Des bêtes amadouées, mais des bêtes tout de même, qui connaissent leur métier sur le bout des doigts. Des monsieurs-tout-le-monde qui tournent transparence en transcendance, et savent captiver une foule à la bordure de l’hypnose. Si leur musique peut sembler cafardeuse, on sort pourtant de là avec une folle envie de faire quelque chose de son existence.

 


The National @ Rockhal

Mercredi 6 novembre 2013

Note : 


 

12/07/2013

Rock Werchter 2013

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Durant ces quatre jours dans la plus belle plaine au monde, j’ai pu assister, de très près comme de très loin, à de nombreux concerts. Voici quelques mots sur ceux qui ont retenu mon attention. Pour les autres, soit je n’y étais pas, soit je n’étais pas en état d’émettre un jugement objectif …

 

 

Bloc Party – The Barn, jeudi 21h10

 

Peu en faisaient un must see du week-end. Et pourtant, sur scène, Bloc Party reste une valeur sûre, malgré une baisse de notoriété et des rumeurs persistantes de séparation. Emmenés par un Kele Okereke charismatique et omniprésent, les Anglais ont livré un show propre mais punchy et sans fausse note. A se repasser la set list en tête … Hunting For Witches, Flux, Banquet, This Modern Love, Helicopter … Tout cela valait largement une main stage.

 

 

Sigur Ros – The Barn, jeudi 23h10

 

Un festival fait la part belle à l’ambiance musicale et à l’ambiance tout court. Entre bières et décibels, libre à chacun de choisir son propre cocktail. Jusqu’à ce que surgissent Sigur Ros et leurs magiques ritournelles. Un groupe que le succès tardif n’empêche pas de se redéfinir à chaque sortie. Je me pensais immunisé,  je craignais d’être lassé, et les Islandais m’ont une nouvelle fois mis à terre. Quand Sigur Ros est sur scène, tout le reste n’a plus vraiment de sens.

 

 

The Bots – Main Stage, vendredi 13h45

 

Rien de tel qu’un concert punk pour commencer la journée. Hélas, celui-là sentait l’improvisation. L’énergie dégagée durant les titres au format de poche fut annihilée par de trop longs silences de transition. Descendre dans la fosse, remonter avec un paquet de Choco Prince et une fan hystérique sous le bras, tout cela est fort sympathique, sauf quand ca dure des plombes… La scène principale était sans doute trop grande pour The Bots, puisque la sauce ne monta guère plus loin que la première barrière.

 

 

Two Door Cinema Club – Main Stage, vendredi 15h20

 

Les Nords Irlandais semblent se délecter de leur ascension, si l’on en juge par leur nouveau look : bijoux bien apparents et costumes impeccablement repassés. Ils n’ont, en apparence, plus rien des pop-rockeurs bourgeonnants qu’ils étaient encore il y a trois ans. Heureusement, leur style explosif et leur ribambelle de tubes font toujours mouche. Y compris les titres issus de « Beacon », leur second album légèrement plus soft. Mission accomplie, donc, pour ces ex-gamins que le succès n’a pas encore transformés en nouveaux Coldplay, et merci bien.

 

 

Kings of Leon – Main Stage, vendredi 22h00

 

Partis en tournée sans nouvel album, les frères et cousins Followill semblent fouiller dans le vide à la recherche de leur motivation d’antan. C’était certes gagné d’avance, grâce à une set list du feu de Dieu, en forme de best of. Mais l’ambiance que l’on souhaitait enflammée fut tempérée par une prestation en roue libre, sans réelle passion, et alourdie par de longues pauses entre chaque chanson. On a connus les Kings bien plus fringants ; ce vendredi, ils sont simplement venus faire leur travail, et assurer le minimum syndical.

 

 

Blur – Main Stage, vendredi 00h10

 

Au vu l’hyperactivité de son leader, on n’espérait plus voir Blur revenir au premier plan. Damon Albarn a montré qu’il restait fidèle à lui-même, et à ses premiers amours. Vu la taille de son CV, il a pourtant de quoi se la péter bien plus que certains de ses compatriotes (et surtout ce type assez crasseux, coiffé comme un âne, avec une énervante voix nasillarde, qui chantait avec son frère dans un groupe au nom d’une boisson fruitée… comme s’appelle-t-il déjà ??). Sur la Main Stage, ces grands représentants de la pop anglaise ont aligné leurs nombreux hymnes sans chichis, ni ego surdimensionné. A commencer par Boys and Girls, histoire qu’on se rappelle bien qui ils sont. Au final, c’est une immense vague de bonne humeur qui a déferlé sur la plaine. Simple, efficace, et à aucune moment ennuyeux.

 

 

Django Django – The Barn, samedi 18h05

 

Django Django is unchained ! Comme Hot Chip ou M83, les Londoniens font partie de ces groupes dont la musique prend une toute autre dimension sur scène. Tenant un rythme soutenu, alternant montées et apogées, harmonies vocales et passages instrumentaux, ils ont entraîné la Barn dans une intense spirale festive, pour ce qui fut au final l’une des plus emballantes prestations du week-end. Impossible de sortir de là sans sourire aux lèvres et fourmis dans les jambes.

 

 

James Blake – Klub C, samedi 20h55

 

Face aux monstres de Volbeat qui se déchainaient sur la main stage, l’electro minimaliste de James Blake n’a pas failli. Installant sans attendre un niveau d’intensité élevé, via des sons hypnotiques, et des basses percutantes qui ont fait vibrer plus d’un diaphragme, le beau gosse a en outre joué de sa voix aux vertus narcotiques, pour plonger dans son monde un public très jeune. La prestation, nappée d’une forte aura sensuelle, a emballé la Klub C malgré le statisme radical des musiciens, demeurant assis du début à la fin. Éblouissant pour un artiste de 24 ans à peine.

 

 

Rammstein – Main Stage, samedi 23h25

 

Rammstein en tournée, c’est une trentaine de camions et des hectolitres de carburant. Derrière leur apparence de psychopathes, ce sont aussi de vrais pros, tous diplômés en pyrotechnique. De fait, ce show potentiellement dangereux (on aurait tendance à l’oublier) demande une précision millimétrée. Alors même si le spectacle ne laisse aucune place à l’improvisation musicale, il vaut la peine d’être vu de près. N’y emmenez cependant pas vos enfants ; certaines scènes à caractère sexuel sont très réalistes, et pas du meilleur goût.

 

 

Depeche Mode – Main Stage, dimanche 21h15

 

On a écrit un peu tout et n’importe quoi sur ce concert, dont le seul défaut fut qu’il était sans doute davantage destiné aux fans parmi les festivaliers, qu’à la plaine entière. Malgré tout, il s’agit d’une des meilleures représentations du week-end. Après une ouverture en mode Delta Machine, Walking in my shoes met tout le monde d’accord. Les tubes de toute époque se succèdent, Precious, Policy of Truth, A question of time. Comme à chaque fois, Martin Gore prend le micro au survolté Dave Gahan le temps de deux titres confidentiels, le subjuguant Home en piano-voix, et un Higher Love, judicieusement sorti du placard. Comme de coutume, ils clôturent la première partie sur l’enchainement Enjoy the Silence - Personal Jesus. En rappel, Just can’t get enough pour les moins mélomanes et autres amateurs de farandoles, avant l’habituelle apothéose sur Never let me down again. Peu de surprises, mais c’est carré, efficace, et terriblement frais. Une nouvelle démonstration de la part de ces quinquagénaires plus en forme que certains néophytes.

 

 

Editors – Main stage, dimanche 23h35

 

Il paraitrait qu’en Flandre, le succès de masse d’Editors justifie le fait de les voir clôturer le festival pour la seconde fois en deux ans. Je me souviens, moi, d’un concert à l’atelier (Luxembourg) en 2009 devant moins de mille personnes, qui m’avait complètement retourné. Il est probable que cela n’arrivera plus jamais. Car leur carrière semble aujourd’hui emprunter la route qui mène droit aux stades, et à un statut de U2 nouvelle génération. Bye bye explosivité et promiscuité, qui leur convenaient si bien. Mais après tout, s’ils préfèrent se perdre dans des albums destinés à l’Ultratop, ou des BO de films pour ados en fleur… il nous reste encore Interpol et White Lies, pour ne citer que ceux-là. Quant à ce concert de clôture, il n’était pas intrinsèquement mauvais. Juste carrément hors-contexte, surtout accompagné de feux d’artifice distillés un peu n’importe quand. Et de la part d’Editors, j’ai déjà vu beaucoup, beaucoup mieux que cette compilation des chansons les plus passe-partout de leur répertoire.




Rock Werchter 2013

4, 5, 6, 7 Juillet 2013



20/06/2013

Alt-J @ Pinkpop & Rockhal

 

 

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Pour remplir des salles de concert, il n’y a pas 36 solutions. La plus directe est l’omniprésence médiatique ; choisir un bon manager qui convaincra les radios de diffuser votre musique, ou un bon conseiller en communication, qui vous expliquera comment réussir un buzz. Les Anglais d’Alt-J ont choisi une autre option, plus fine mais également moins accessible : la vraie qualité musicale ;  mélange d’accroche, de surprise et d’innovation. Sorti l’an passé, leur premier album a véritablement enflammé les critiques, et bien que leur notoriété reste toute relative, cette grande réussite leur permet de bien garnir les lieux de concert qu’ils visitent au cours de leur tournée.

 

En parlant de critiques, toutes ne sont pas avisées. Ainsi, j’avoue moi-même avoir mal jugé ce premier opus – ceci est le second « mea culpa » de l’année. « An awesome Wave » n’est pas simplement bon ; c’est un extra-terrestre, dangereusement addictif.  Depuis le temps qu’il squatte mes écouteurs, je suis impatient de découvrir ce qu’il vaut en live. Aujourd’hui, ma curiosité est doublement satisfaite, puisque j’ai eu l’occasion de les voir deux fois en quatre jours. Dimanche dernier au Pinkpop Festival de Landgraaf, et ce mercredi à la Rockhal d’Esch-sur-Alzette.

 

Sur scène, on retrouve bien cette grande qualité musicale. Le quatuor déroule sa « vague géniale » en usant seulement d’un soupçon de sampling, lors de moments épars. Commençant par l’introduction et terminant par la fin, ils mélangent cependant les titres au milieu. C’est, hélas, un des seuls points sur lequel leur prestation se démarque d’une simple écoute sur platine. On sait d’eux qu’ils sont très minutieux, puisqu’ils avouent avoir passé près de 7 ans à préparer ce premier opus. En live, ils le jouent sans filet, et c’est tout à leur honneur. Mais cette envie de trop bien faire les rend statiques et prévisibles. Aucune spontanéité, peu d’explosivité, si ce n’est pendant « Fitzpleasure », « Breezeblocks » et « Taro ». Au final, le concert entier se déroule comme du papier à musique. L’écoute reste plaisante, mais le show manque cruellement de surprise, et d’une réelle apogée. Et nous laisse sur notre faim, au moment où les lumières se rallument.

 

Si la scène leur permet de démontrer leur énorme potentiel, il leur reste encore à exprimer leur passion. Ou alors, Alt-J ne sera jamais un groupe de scène ; on en a malheureusement vu d’autres.

 

Alt-J

Pinkpop Festival, dimanche 16 juin 2013

Rockhal, mercredi 19 juin 2013


Note : 


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18/06/2013

Passenger @ Pinkpop 2013

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Habituellement, les concerts folk acoustiques nécessitent un contexte très intimiste. Scène étroite, petite audience, de préférence après le coucher de soleil. On imagine mal un soliste captiver une foule de plusieurs milliers de personnes avec ses seules voix et guitare, qui plus est sur la scène principale d’un grand festival. D’autant qu’il paraît, l’avez-vous lu aussi, que les festivaliers attachent moins d’intérêt aux concerts qu’au sexe et à l’alcool. Ce qui est totalement faux, ou alors expliquez-moi si tous les mordus qui plantent au devant de la scène dès l’ouverture du site pensent réellement que pour leur peine, on va leur fournir bières et turluttes à volonté. Refermons cette courte parenthèse, pour constater qu’en ce samedi après-midi, alors qu’un concert est sur le point de débuter, la main stage du Pinkpop est totalement vide. En ces lieux surélevés, pas d’instruments, de décors, ou de canons prêts à cracher flammes, fumée ou confettis. Rien, si ce n’est un micro et son pied. Cela augure un défi particulièrement relevé pour l’artiste qui va s’y produire d’un instant à l’autre.

 

Si les rues de la terre comptent autant de musiciens que de pavés et excréments canins réunis, peu de ces ménestrels urbains ont le potentiel pour se hisser au-dessus du lot. Ce talent, Mike Rosenberg le possède indéniablement. Durant près de dix ans, il fut cantonné à ce rôle d’artiste méconnu et incompris, s’agrippant à sa passion malgré des coups de blues à répétition et une cruelle absence d’intérêt. Il y a quelques mois, un diffuseur prit le risque de passer en radio l’un de ses titres, intituléLet her go.Cette chanson devint un tube international, et enfin, la consécration récompensa la patience.

 

A l’heure pile, celui qui à l’affiche porte le nom de Passenger grimpe sur cette immense et désertique estrade, sa guitare à la main. Dans ses premiers mots, il avoue être « fucking scared » par ce qui s’annonce comme le plus grand concert de sa carrière.« Les groupes qui se produisent en festival jouent de la musique entraînante, et moi j’arrive avec mes chansons dépressives. Je tenais à vous avertir que la prochaine heure va vous paraître terriblement misérable, veuillez par avance m’en excuser ». Par cette touche d’humour, légère, il se met déjà le public en poche, avant même de commencer à gratter ses cordes.

 

Quelques couplets lui suffisent à démontrer qu’il ne vole pas sa place sur cette scène. Maniant sa guitare comme si elle était venue au monde avec lui, il alterne accords et arpèges pour produire de mélodieuses envolées, qui nous embarquent dans son univers folk. Sa voix particulière, ornée d’un grain très léger, accompagne les ritournelles à merveille. Alors certes, la recette est simple, mais les ingrédients sont de choix, et l’ensemble se révèle être terriblement accrocheur. En plus, le garçon a de la présence, et n’a nul besoin de fioritures pour remplir la scène. Il s’adresse beaucoup à son public, son humour ne laisse pas indifférent, et il n’hésite pas à improviser quelque boutade durant ses chansons, en réaction à ce qu’il entend ou observe en provenance du public. Cette attitude, simple et spontanée, donne vie à l’instant et gonfle son capital sympathie. On finit par croire que son stress, tout comme son inexpérience des grandes scènes, sont eux aussi de vastes blagues.

 

La set list regroupe diverses créations personnelles ; certaines joyeuses, sur lesquelles  public est invité à participer, et d’autres plus mélancoliques. Il ose aussi s’adonner au jeu des reprises, dont une version personnelle du « Sound of Silence » deSimon & Garfunkel, qui scotche l’audience à un point tel qu’on entend plus une mouche voler. Ou, peu après, un surprenant « Eye of the tiger » dont il se sert pour introduire son désormais succès « Let her go ». Et plus tard encore, avant de conclure, il se fend d’une mystifiante cover de « Dancing in the dark » deBruce Springsteen.


Difficile de trouver un défaut à ce concert. Avec sa joie, son talent et sa motivation, Passenger nous aura emmenés là où, une heure auparavant, on espérait à peine se rendre. C’est pour ces moments uniques, au nombre d’une poignée sur l’été, que je me rendrai en festivals aussi longtemps que mes jambes me porteront.



Passenger, Pinkpop Festival (Main Stage)

Samedi 15 Juin 2013

Note : 

Regardez


 

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13/05/2013

Sexy Sushi @ Nuits Botanique

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Sexy Sushi, c'est l'alternatif de l'alternatif. On peut aussi les considérer comme l’art du grand n’importe quoi, ou l’art par le grand n’importe quoi. Difficile de savoir si ces deux énergumènes cherchent à choquer, contester, ou simplement prendre du bon temps sans se soucier du « pour toi, public ». Difficile de décrire leurs shows par une série de tableaux, tellement le tout paraît surréaliste.

 

Sur scène, il n’est question d’aucune prouesse musicale. Les sons sortent tous du laptop de Mitch Silver, et on en a fustigés d’autres pour moins que ça, pas plus tard que la semaine dernière. Mais le duo se démarque, et comment, par une prestation complètement anarchique. Personne ici ne vous demandera de taper dans les mains, ou de sauter au compte de trois. Par contre, on vous propose un tatouage en direct, et on vous traite de "pédale" si vous refusez. Aguicheuses demoiselles au bonnet rempli d'arguments, on vous invite à rejoindre la scène, en laissant votre soutien-gorge faire du crowdsurfing sans vous. Et au public agglutiné, on jette gros sel par poignées, et miches de pain fraîches du jour. Ne cherchez là ni sens ni raison, il n’y en a aucun, et c’est bien ça qu’on aime. Ce spectacle déjanté colle parfaitement à leur musique au rythme effréné, soulevée par la voix chargée d’écho de Rebeka Warrior. Cette année, celle qui a participé au dernier album de Vitalic a troqué ses lunettes noires et son épaisse choucroute factice pour un masque d’un bleu très épais, ne laissant rien deviner de plus de son éventuelle beauté. A force de vouloir se cacher, on va finir par croire qu’elle est plus « sushi » que réellement « sexy ».

 

Alors que la chafouine persiste à dissimuler son vrai visage, celui du groupe semble se révéler … le message Sexy Sushi est aujourd’hui plus engagé, supporté par de nouveaux textes et quelques scénettes fustigeant la société, et plus clairement l’oppression religieuse. On pense à cette introduction de concert où les protagonistes, à genoux, miment des prières devant une grande croix de frigolite. Laquelle croix finira en morceaux, après avoir été lancée en pâture dans les premiers rangs. Voilà une touche de gravité inattendue, qui certes, reste impalpable au milieu du déluge de décibels. Le problème, c’est qu’elle ajoute un quota de prise de tête à un show qui en est généralement dépourvu. L’ambiance s’alourdit, et en fin de compte, nuit au défoulement par l’absurde, qui reste la marque de fabrique numéro un des Nantais. On n’en est pas encore au point de quitter le chapiteau en fredonnant la ritournelle du « c’était mieux avant », mais il ne faudrait pas que ces deux-là commencent à se prendre trop au sérieux. En attendant et cette fois encore, ils nous ont bien éclatés, merci à eux.



Sexy Sushi,

Nuits Botanique, samedi 11 mai 2013

Note: 



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