01/02/2013

The Joy Formidable @ Atelier

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Pour leur première venue au Luxembourg, The Joy Formidable n’ont pas failli à leur réputation. C’est une véritable tempête de décibels qui s’est abattue entre les murs de l’atelier, ce jeudi soir.


D’emblée, on est frappé par leur envie. Leur prestation dégage une énergie vivifiante, rarement observée chez un trio. Ritzy Bryan, chanteuse guitariste blonde et menue, ne tient jamais en place. Elle sautille, manœuvrant sa guitare comme un bucheron sa tronçonneuse, en se mordillant la lèvre inférieure. Puis elle lève la tête et observe l'audience d’un regard écarquillé, en ne clignant jamais des yeux. A croire qu'en tournée, elle se nourrit exclusivement de caféine, par intraveineuse. Et lorsque la chanson se termine, la douceur regagne ses traits. Retrouvant son sourire de petite fille espiègle, elle se perd en remerciements envers une foule qui n’est pourtant pas venue en nombre.


Côté set list, ça balance du lourd dès le début. Après l’exaltant Austere, vient déjà le dernier single This ladder is ours, tout aussi piquant. On pense qu’ils ont grillé leurs meilleurs cartouches après dix minutes. C’est mal connaître leur répertoire, rempli de titres accrocheurs, qu’ils enchaînent pendant plus d’une heure sans laisser à l’adrénaline le temps de sécher. Si ce n’est, en milieu de set, une petite séquence « tendre et sentimentale » car oui, les spécialistes vous le diront, il faut toujours garder une petite chanson douce sous le coude. Plus tard, comme pour se rattraper, ils termineront l’unique mais conséquent rappel par un Whirring aussi jouissif qu’assourdissant.


J’en entends déjà me dire qu’il ne faut pas crier à la révélation, qu’on a déjà tout entendu. Soit, le rock existe depuis soixante ans, et personne aujourd’hui ne peut affirmer pouvoir le révolutionner. Mais ces jeunes Gallois possèdent néanmoins un talent peu ordinaire : celui de provoquer et d’optimiser l’excitation, sans jamais tomber dans la luxure. Maniant la puissance de leur jeu, ils en restent maîtres, et savent exulter en évitant de sombrer dans le trash metal anarchique, là où la frontière entre bruit et musique deviendrait très mince. Avec eux, le hard rock deviendrait presque accessible.



The Joy Formidable @ Atelier, Luxembourg

Jeudi 31 janvier 2013



 

joy formidable,atelier,rock

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19/07/2012

Bon Iver @ Abbaye de Neumunster, Luxembourg

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C’est l’histoire d’un homme meurtri, au bout de sa vie, qui s’isole dans une cabane et en ressort trois mois plus tard avec un disque qui va changer son existence. Un homme très décontracté, taquin avec son public, qui de loin et vu sur scène, a de petits airs de Biff Tannen. Un homme naturel et reconnaissant, qui se perd en remerciements au fil des applaudissements dont il fait l’objet. Un homme qui, pour beaucoup, porte le flambeau du mouvement indé.

 

C’est une scène esquissant une représentation de la mélancolie. De mornes rideaux, déchirés, suspendus en l’air, sur lesquelles défilent ombres et aurores. Une rangée de lampes à huile, dressées sur de longs et fins chandeliers de fortune, complètent l’ambiance automnale. C’est un groupe éclectique, quatre vents, trois cordes et deux percussionnistes, qui entourent Justin Vernon, mieux connu sous le nom de Bon Iver.

 

C’est un spectacle au climat paisible, une intimité renforcée par le décor de l’Abbaye de Neumunster, en plein cœur du vieux Luxembourg. Un concert musicalement relevé, pas aussi dépressif qu’on pourrait le penser, mais qui pince dès la première seconde, et les accords magiques de la chanson Perth, qui ouvre le second album de Bon Iver. Un concert à la musicalité pure, à peu près vierge de toute électronique, où s’enchainent les mélodies troublantes. Elles ne tiennent parfois que sur un fil de guitare, une pincée de violon, ou un souffle de saxophone, avant d’amorcer leur envol, soulevées alors par la rangée de cuivres. Avant d’applaudir, le public attend studieusement que s’éteigne le dernier soupçon de note, s’offrant par là même de scintillants et délectables instants de silence.

 

L’ambiance intimiste atteint son paroxysme lorsque Vernon s’offre un solo poignant, seul face au public, sa Gypson en main. Il n’en oublie pas pour autant de nous emmener dans ses valises, au cours de voyage vers la campagne de son Wisconsin natal, et cette fameuse cabane où tout a commencé. En rappel, il ose puiser dans le répertoire de Bjork, fendant la brumaille par une teinte plus jazzy, avant de s’en aller sous une acclamation vibrante et méritée, non sans répéter pour la énième fois : « Thanks so much for listening ».

 

 

Bon Iver @ Abbaye de Neumunster, Luxembourg

Mardi 17 juillet 2012

 

20/03/2012

The Big Pink @ Atelier, lundi 12 mars 2012

 

the big pink,atelier


Ce lundi, l'Atelier n'accueille pas l'affluence des grands soirs. En se baladant rue de Hollerich, on peut même douter qu'un concert a lieu. Le groupe qui se produit ne démérite pourtant pas, mais le peu de mediatisation dont il bénéficie est sans doute à l'origine du vide que les quelques dizaines de spectateurs découvrent en débarquant dans la salle Luxembourgeoise.


Sur papier, The Big Pink est un duo, formé du musicien arrangeur Milo Cordell, et du chanteur Robbie Furze, qui titille un peu de guitare à l'occasion. Sur scène, il devient un quatuor, au sein duquel ce dernier prend toute la place. Mal rasé, fringues de ville, des yeux que l'on devine plissés derrière des bouts de mèches chaotiques, Furze gratifie ses fans d'une prestation hachée de riffs de guitare et de sautillements irréguliers. Son chant est calqué sur les versions studio de ses chansons, et entre celles-ci, les échangent avec le public se limitent à l'essentiel. Certes, il rappelle que leur dernier album est sorti il y a peu. Il remercie, aussi, la poignée de braves présents ce soir, positivant sur leur nombre en affirmant qu'il est toujours plus agréable de jouer devant un parterre de vrais fans (...). Mais globalement, ses interventions se comptent sur une seule main. Quant aux autres membres du groupe, ils sont aussi discrets que des étagères vides. On devine néanmoins une forte complicité entre Furze et sa batteuse, un garçon manqué à la poigne assurée. Les nombreuses oeillades de son leader, et ses réponses en forme de sourires étoilés, témoignent que ces deux-là doivent fricoter allègrement en back stage



Musicalement, qui dispose des deux albums du groupe ne sera pas surpris. Hormis deux ou trois morceaux, rallongés pour dépasser les 60 minutes de concert, la set list se présente comme un best of version singles. On regrette que des chansons puissantes comme Stay Gold, Rubberneckin, Velvet ou Dominos ne soient pas exploitées à leur potentiel.La patte electro rock lancinante de Furze & cie est pourtant bien propice à la lévitation des semelles, mais ajoutée au peu de partage avec le public, l'interprétation trop carrée manque d'une réelle intensité. Malgré cette copie satisfaisante, The Big Pink reste un groupe au potentiel élevé, à suivre de près dans les années à venir.





The Big Pink @ Atelier Luxembourg, lundi 12 mars 2012.

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02/02/2012

Lamb @ Atelier, lundi 30 Janvier 2012

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A l'heure où l'electro rock remplit les play lists d'I-pod et les line-up de festivals, alors que les représentants de ce style se multiplient, et titillent les critiques avisés, ou les autres, qui veulent simplement paraître dans le vent ... il n'est pas trop tard pour se tourner vers les artistes qui furent la source d'inspiration de ce mouvement. Lamb fut un des premiers bands à adoucir la drum n'base industrielle, et à gommer le rap du trip hop, pour lui greffer une voix féminine, douce et sensuelle. A leur sauce, les mancuniens faisaient déjà du dub step, quinze ans avant la généralisation de ce terme.

 

En ce lundi glacial, l'Atelier n'affiche pas complet. Mais la foule présente ne masque pas son enthousiasme. A se demander si la présence de deux groupes en première partie esst vraiment nécessaire pour chauffer le public. Peu avant 22 heures, les lumières s'éteignent. Andy Barlow débarque le premier sur scène, excité comme un puceron. Une certaine adrénaline émane de son regard, son poing serré, et sa gueule revancharde. Son attitude emprunte celle d'un joueur de foot fêtant le but de la victoire. Arrive alors la pâle et chaleureuse Lou Rhodes, dos nu, vêtue d'une longue robe éclatante, à la manière de la "dame blanche" décrite dans les légendes urbaines. Ce qui sur papier, reste un simple duo, devient trio une fois sur scène, avec la présence d'un troisième larron entre deux âges, qui ne fait qu'effleurer les cordes de sa contrebasse électrique en se dandinant discrètement.

 

Avec Barlow aux machines, le concert prend une dimension peu commune. L'orchestration s'en trouve minimisée, mais le résultat en vaut la peine. Les premiers titres suffisent à nous faire quitter l'Atelier, happés par un vortex de basses et d'électronique, à la poursuite de la voix sulfureuse de l'ange Rhodes. Les basses soulèvent, les beats percutent, et la voix envoûte. En quinze années de carrière, la griffe Lamb n'a rien perdu de son tranchant. Les titres d'hier restent frais, sonnent terriblement actuels. Alternant les anciens et les nouveaux (le groupe a sorti son 5e album l'an dernier, dans une certaine indifférence), le set file à une vitesse folle, et déjà, ils quittent la scène après un somptueux "Gorecki". Pas le temps de laisser la clameur se tasser que les revoilà, armés d'une guitare acoustique pour un détonnant "What sound". Le rappel se poursuite dans la même ferveur, le public ne tempérant son ardeur qu'en début de chaque morceau, comme pour mieux s'en imprégner.

 

Lamb fait partie de ces groupes qui traversent les années sans faire de bruit, mais sans s'amenuiser, et toujours avec autant de classe.

 

 

Lamb, Atelier - Luxembourg,

Lundi 30 janvier 2012

05/10/2011

Tori Amos @ Atelier, mardi 4 octobre 2011

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Tori Amos sur scène, c'est tout un personnage, mais qui n'en est pas moins sincère et spontané.

 

Au clavier, elle est impressionnante, jouant comme on lasse ses chaussures, ou comme on boutonne sa chemise. Installée entre un imposant piano à queue et un piano électrique, elle jongle entre les deux claviers sans même regarder ses mains. Ce numéro aussi sobre que fascinant donne au spectateur une impression de facilité. Alors que pour atteindre un tel niveau de perfection, il faudrait s'entraîner 22 heures par jour, durant 150 ans au moins. Et la flamboyante rousse ne s'arrête pas là, puisqu'elle chante aussi, superbement bien de surcroît.

 

C'est toute son attitude qui est hors norme. On la prend par la main pour la conduire sur scène. En équilibre sur son tabouret, elle prend des poses cocasses, parfois peu gracieuses. Entre ses phrases au micro, sans que ses doigts ne cessent de polir les blanches et les noires, elle relève vivement la tête, et jette une oeillade perçante à un certain endroit du public. Comme si elle s'adressait à quelqu'un en particulier, d'un air de lui signifier quelque chose comme "Tu vois ... !". A la fin d'une chanson, elle salue les applaudissements d'une fine courbette, à la manière d'une fillette terminant une déclamation devant ses professeurs. Si cette virtuose approche déjà la cinquantaine, son comportement sur scène garde quelque chose d'enfantin.

 

Ce mardi, elle parle beaucoup au public, davantage que lors de son dernier passage, il y a deux ans. Cette fois, elle n'est accompagnée que d'un quatuor classique, trois violonistes et un violoncelliste, tous polonais, auxquels elle semble très attachée. Elle les présente avec enthousiaste, encourage le public à les applaudir, et leur permet même de jouer une de leurs compositions en début de rappel, sans elle. En contrepartie, elle s'octroie huit chansons en solo, dont une reprise détonante de "Personal Jesus" de Depeche Mode. Elle vit sa musique, et son jeu au piano, à la frontière entre technique et magie, désarçonne l'audience qui en reste coite. C'est un véritable récital d'art pop de deux heures, orné d'une touche de classique, à l'image de son récent album studio "Night of Hunters", dont elle interprète ce soir six des quatorze titres. Elle quitte finalement la scène en fin de deuxième rappel, sous les acclamations de son public.

 

 

Tori Amos

Atelier - Luxembourg, mardi 4 octobre 2011

 

 

 

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29/12/2010

Mes meilleurs concerts de 2010

 

Propice à la mélancolie, la fin d'année est la période idéale pour jeter un oeil dans le rétroviseur, et classer les souvenirs par ordre croissant sur une échelle d'appréciation. Au cours des douze derniers mois, j'ai bourlingué d'une salle de concert à l'autre, en visitant parfois plusieurs dans la même semaine. Alternant les assistances d'une centaine de braves et des publics de plusieurs milliers. Mélangeant les styles, folk, pop, rock, électro, etc. En tout et pour tout, et sans compter les festivals d'été, j'ai assisté à 53 concerts. Certains magistraux, d'autres simplement bons, et aussi hélas quelques déceptions.

De cette cinquantaine, j'en ai retenu 8, ceux qui m'ont le plus marqué. Je vous les offre en lecture, voici donc mon Top 8 des concerts de l'années 2010.

 

8. Coco Rosie @ Kulturfabrik, mercredi 19 mai


Une attente interminable, un départ précipité après deux chansons et un beat boxer qui meuble tant bien que mal durant de longues minutes. Ce début de concert chaotique, les soeurs Casady le rattrapent de belle manière, dès leur retour (inespéré) sur scène. Tout est mis en place pour plonger l'audience dans un état de rêverie complet. Une orchestration variée, alliant des instruments classiques à des objets du quotidien nonchalamment posés sur une table. Les voix des deux soeurs, l'une douce l'autre envolée, aussi différentes que complémentaires. Un décor tamisé, où les silhouettes se fondent dans les images recoupées d'une vidéo intimiste, diffusée sur un grand écran en fond de scène. Leurs robes de nuit et leur état second complétant le tableau d'un concert aux effets narcotiques, parfois apaisant, et fiévreux par moments.

 

7. The Temper Trap @ Atelier, mercredi 23 juin

Emmené par son charismatique chanteur, le quatuor australien livre une prestation gonflée d'énergie positive. Plus impressionnante encore que sur laser, la voix de Dougy Mandagi envole l'audience dans une bourrasque rock, emportée par des tubes plus accrocheurs les uns que les autres. Aucun répit n'est accordé, ni au public ni au groupe, le sympathique Dougy improvisant même une séance d'autographes après le concert, à la sortie de la salle. Du jamais vu et, espérons-le, à revoir bientôt.

 

6. Xiu Xiu @ Exit07, vendredi 19 novembre

Intense, touchant, poignant,... tels sont les qualificatifs désignant au mieux ce concert peu commun. Si l'électro pop expérimentale du duo californien suffit à plaire, le cadre intimiste et le tragique de la prestation finalisent la dramaturge. Assis derrière ses accessoires, Jamie Stewart est bouleversant dans son interprétation. Quant à sa comparse, peu expressive, elle n'en dégage pas moins un charme certain. La complémentarité agit, et le spectacle opère, rendant l'audience à fleur de peau. C'était la claque de l'année.

 


5. Two Door Cinema Club @ Botanique, mardi 23 novembre

Jeunes novices, ces Irlandais du nord ont encore le regard scintillant du début de carrière, et le visage qui s'émerveille sous les acclamations du public. Leur inexpérience ne les trahit pourtant pas, puisqu'ils maîtrisent déjà parfaitement leur art. Punchy, acéré, vivifiant, leur rock alternatif fait montre d'un talent hors pair, et d'une griffe qui ne demande qu'à se développer davantage. Ne leur manque qu'un répertoire conséquent, qui rallongerait leurs prestations d'une bonne demi-heure au moins, confirmant par la même leur statut de révélation de l'année.



4. Hot Chip @ Ancienne Belgique, dimanche 7 mars

Allègre et enjouée, la musique de Hot Chip monte en puissance une fois le quintet sur scène. La batterie résonne, guitares et synthés palpitent, transformant la soirée en véritable liesse électro rock. Micro en main, sautillant en permanence, le freluquet Alexis Taylor démontre que la moustache ne fait pas le geek. L'ambiance tourne rapidement à l'ivresse. De quoi se booster le moral pour toute la semaine.

 


3. Jónsi @ Ancienne Belgique, samedi 29 mai

Il est de ces magiciens qui transportent l'audience vers un autre monde. Quand il chante pianissimo, effleurant du bout des doigts les cordes de sa guitare acoustique, il règne au sein du public un silence religieux. Lorsqu'il explose, on se sent tournoyer dans une tempête comme s'il pleuvait réellement à l'intérieur de la salle. Le concert prend alors une dimension organique, qui va bien au-delà du simple aspect musical. L'Islandais a plus que du talent, c'est un génie.

 

2. Tom Mc Rae @ Ancienne Belgique, lundi 11 octobre

Si son style se veut mélancolique, les prestations du Britannique n'ont pourtant rien de déprimant. Tom use de son flegme, plaisante beaucoup, que ce soit avec son public ou ses musiciens. La richesse de son répertoire et la mise au point musicale peaufinent le travail émotionnel, et donnent à l'instant une contenance affective très intense. C'est un de ces concerts qui nous font vivre l'essentiel, et dont on ressort humainement plus riche.

 

1. Depeche Mode @ Paris Bercy, mercredi 20 janvier

Trente ans après leur premier album, les vieux ados de Basildon en ont encore dans le ventre. Dave Gahan est un infatigable show man, Martin Gore est époustouflant au chant, Anfrew Fletcher est ... Andrew Fletcher. Musiciens virtuoses, Christian Eigner et Peter Gordeno complètent à merveille le trio de base. Le spectacle est étincelant, et l'orchestration parfaitement rodée. Musicalement, la play list s'équilibre entre le neuf, le mythique et certains titres oubliés. Les fans frissonnent de plaisir, et même les sceptiques se laissent convaincre par cette prestation qui mérite la grande distinction. De Grands monsieurs !

 

 

24/11/2010

Orchestral Manoeuvres in the Dark @ Atelier, Dimanche 21 Novembre 2010

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Trente ans après, que reste-t-il de la New Wave ? L'écransante majorité des groupes éclos après les vagues punk et disco des seventies se sont logiquement éteints. Une poignée de formations, Depeche Mode en tête, sont toujours au top. Puis il y a ceux qui, bien que toujours actifs, semblent ne jamais avoir trouvé la porte de sortie des années 80. Telle image pourrait s'appliquer à O.M.D. Omniprésents dans les charts dès 1980, la notoriété de ces Anglais pâlit à l'aube des années 90. S'en suivit une longue pause, sans doute forcée par le manque d'inspiration. Ainsi rangea-t-on les manoeuvres orchestrales dans le noir, au fond du tiroir à souvenirs. Ce tiroir poussiéreux se rouvrit soudainement à leur reformation, il y a une paire d'années, et une nouvelle tournée les conduisait à l'Atelier ce dimanche 21 Novembre. Est-ce l'annonce d'un nouvel album à paraître, 14 ans après le dernier ? Ou le fait que jamais en 32 ans de carrière, O.M.D n'avait mis les pieds sur une scène luxembourgeoise ? Quoi qu'il en soit, le concert affichait soldout, et rarement l'Atelier avait atteint un tel niveau d'exaltation.

 

La modernité de la prestation fait s'envoler les préjugés restant. Présentée sur deux niveaux, la scène fut le théâtre d'un lightshow complet et millimétré. Aux deux synthétiseurs s'ajoutent une batterie au son très pur, ainsi que la voix intacte du chanteur Andy McCluskey. C'est lui qui s'occupe de faire le show, fourmis dans les mollets et masque de sueur sur le visage. Mais plus que la transpiration, il dégage le naturel, souriant sans cesse, se baissant pour serrer des mains et allant même caresser le crâne rasé du chargé de la sécurité. Musicalement, si le public comptait se voir transporter trente ans en arrière, c'est le contraire qui se produit. Le groupe fait venir à 2010 ses tubes de jadis, qui n'ont soudain plus grand chose de désuet. Mise à jour, l'électropop d'O.M.D a même un sacré goût de fraicheur. Le public apprécie, et le groupe aussi, puisqu'entre chaque chanson, ils prennent quelques secondes pour profiter de l'ovation qui leur est réservée, certes inopinée, mais sûrement pas volée.

 

Si ce concert ne m'a pas conduit dans les méandres les plus reculés de la musique alternative, il ne m'en a pas moins donné une sacrée pêche. J'ai donc, à mon tour, retiré O.M.D du tiroir de l'oubli, pour les placer dans celui des bonnes surprises de l'année.

 

 

Orchestral Manoeuvres in the Dark

Atelier - Luxembourg, Dimanche 21 Novembre 2010.

 

 

 

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