16/10/2013

Suivez le fil

 

Dans Dans – I/II


dans_dans.jpg

L’OVNI de l’année vient peut-être bien de se poser dans la campagne flamande. I/II du trio Dans Dans voyage au sein d’un blues instrumental, mené par une guitare au son brûlant qui s’empare du rôle des vocalises. Alternant les humeurs féline et diabolique, elle mène une orchestration basse-batterie classique et suffisante, et emmène l’auditeur dans la spirale de l’inattendu. Car le principe du blues, ici à tendance rock et psyché, c’est qu’on ne sait véritablement pas à quoi s’attendre d’une mesure à l’autre. Il y a de la sorcellerie dans ces plages interminables et leurs surprenants changements de cadence. Dans les instants les plus intimes, on imagine parfois que surgisse la voix de Chris Isaak… avant de se dire qu’au final, elle n’est même pas nécessaire. A d’autres instants, le rythme s’emporte, se fait plus diffus, mais s’accroche au fil de la construction musicale. Cet album nous transporte, à la manière d’un Melody Nelson, mais sans forcément raconter une histoire. Sans conteste un des « must » de 2013.

 

Note :

 

 

Au Revoir Simone – Move in Spectrums

 

Au-Revoir-Simone-Move-In-Spectrums.jpgLes trois petites bourgeoises new-yorkaises d’Au Revoir Simone ajoutent quelques Beaufort à leur brise électronique, pour un résultat au départ surprenant. Sons plus profonds, percussions plus … percutantes, pour des voix qui restent aussi lisses et sensuelles. La mutation est réussie, puisque la plage d’ouverture « More Than » nous fait imaginer une association peu probable entre The Do et les Chemical Brothers. La seconde, « The Lead is Galloping », esquisse un pendant féminin de The Big Pink. Quant à la troisième, « Crazy », elle et sa basse virevoltante diffusent un jubilatoire parfum de « New Order ». Mais chassez le digital, il revient au galop. Par la suite, les binaires reprennent le pouvoir sur les compositions, qui n’en restent pas moins charmantes, mais avec beaucoup moins d’impact. L’album s’allège ainsi jusqu’à « Love You Don’t Know Me », plage minimaliste qui semble inspirée du « Eye in the sky » d’Alan Parson. Au final, la sulfureuse métamorphose n’aura duré que trois chansons, et Move in Spectrums nous laisse un goût de trop peu. Dommage, car le début était bigrement alléchant.

 

Note : 

Ecoutez : Crazy




Bonobo – The North Borders

 

bonobo.jpgBonobo fait partie de ces artistes dont la découverte fait surgir la question : « et merde, pourquoi est-ce que je ne l’ai jamais écouté avant ? ». Simon Green, de son vrai nom, est un pro du downtempo, un style mêlant chillout, groove, ambient et trip hop. Concrètement, c’est de l’électro hybride, faite à la fois de sons synthétiques et de vrais instruments (violon ou saxophone, selon l’inspiration de l’artiste), sur laquelle ricochent des beats courts et désynchronisés. The North Borders, le cinquième album du producteur et DJ de Brighton, en est une parfaite représentation. Les sons séduisent, et les samples vocaux envoutent comme chants de sirène. Mais ce qui donne à cet album tout son côté sexy, ce sont les percussions. Multiples et vicieusement feutrées, elles s’assimilent à des bruits connus ; on imagine des coups de cuillers sur des verres en cristal, des boules de billard qui s’entrechoquent, ou des doigts ornés de bagues rythmant le tempo sur des bouteilles vides. L’ensemble nous rince les tympans mieux que des brumisateurs. L’effet enivrant et dépaysant est immédiat. En tendant l’oreille, on perçoit presque le bruit des vagues venant lécher le sable. Addictif, irrésistible, et terriblement frais.

 

Note :

Ecoutez : Cirrus


28/11/2009

Dernières écoutes - Au Revoir Simone - Still Night, Still Light

still-night-still-light



En entendant ce nom bien français pour la première fois, j'ai cru avoir affaire à une espèce de "Bande à Basile" du 3e millénaire... mais il en est tout autre, puisque "Au Revoir Simone" est en fait un trio féminin new-yorkais. Elles font de la pop indie, exclusivement composée sur des machines électroniques. Aucun rôle ne semble prédéfini au sein du groupe ; toutes les trois chantent, programment la boîte à rythmes et tapottent sur leur synthétiseur. N'y voyez cependant aucun rapprochement avec Underworld ou Jean-Michel Jarre. De fait, leurs créations sont excessivement douces ; ça glisse dans l'oreille comme de la brise. Et même lorsqu'elles s'y mettent en choeur, ça dépasse rarement les 80 décibels.

 

Ces trois demoiselles toutes mignonnes carburent au rythme d'un album tous les deux ans. Sorti cette année, "Still night, still light" est leur troisième, et de par son style léger et relaxant, c'est le CD parfait à écouter dans son bain ! Il débute comme une berceuse, par "Another likely story", dont l'introduction peut faire songer au célèbre "Child in time" de Deep Purple. En version allégée, puisque la mélodie est bénigne et les voix presque sussurantes. L'allure augmente quelque peu sur la deuxième chanson, "Shadows", qui pourrait porter le titre de "tube" de l'album. La basse fait son apparition et les percussions prennent deux ou trois dragées. De même, certains autres titres sont également empreints d'une certaine rapidité, toute relative puisque l'ensemble reste toujours très doux.

Le principal défaut de cet album est en fait propre au style du groupe : la palette de sons est très réduite, ainsi les douze chansons se suivent et se ressemblent. Mais encore une fois, c'est inhérent au style, qui bien que simple, n'en reste pas moins très cordial, confortable et élégant. D'autres trouveront ça mou et fade... mais il ne tient qu'à chacun d'être dénué d'un minimum de sensibilité.


Ce disque est à apprécier dans un contexte de relaxation. Evitez de l'écouter sur l'autoroute, ou lorsque vous passez l'aspirateur. Non pas que c'est inadéquat, mais vous n'entendrez pas grand chose.

 


Au Revoir Simone

Still Night, Still Light

Tarif : 6/10

 

Ecoutez

Shadows

All Or Nothing

Anywhere you looked