16/09/2011

Beirut @ Ancienne Belgique, mercredi 14 septembre 2011

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Pour beaucoup, le nom de Beirut évoque la mélancolie, exprimée par un auteur déchiré, qui puise ses mélodies désolées de diverses influences internationales. Mais le bignou ne fait pas toujours le Breton, et ceux qui étaient venus pour user des Kleenex ont du ravaler leurs larmes. Car le concert fut d'une gaité presque insolite.

 

Devant un fond de scène argenté, et sous un éclairage doux et varié, la troupe de Zach Condon s'est présentée sous son meilleur jour ; les 4 instruments à vent en première ligne, et en retrait, un batteur et un contrebassiste des plus discrets. Trompette à la main, mandoline attachée dans le dos, le leader affichait un enthousiasme peu banal pour un neurasthénique présumé. Sourire permanent aux lèvres, il se perdait en mille et un remerciements, dès que l'occasionse présentait. Car le public de l'AB n'était pas avare d'applaudissements, malgré quelqu'autre défaut que je vous narrerai dans le paragraphe suivant. Pour l'heure, Beirut et ses six membres ont offert un récital remarquablement orchestré, au sein duquel se trouvait un "Nantes" version Bossa Nove, voire même légèrement twisté. On pourrait, mais à peine, reprocher au natif de Santa Fe de n'avoir accompagné son ambition du geste, affichant une certaine retenue tout du long. Si sur album, Beirut possède le don de nous emmener dans des contrées lointaines, le bus de ce mercredi manquait d'essence pour un si long voyage.

 

Le style de Beirut attire une large palette de spectateurs, des jeunes bohèmes à l'esprit léger, aux petits bobos à la rechercher d'un paraître dans le vent du moment. En passant par ceux qui viennent pour raconter leur vie. Pendant tout le concert. A voix haute. Vous empêchant, indirectement, de plonger dans la brise harmonique qui émane de la scène. Ces gens, qui méritent leur place sur le podium des "personnes que l'on giflerait allègrement si l'on manquait de retenue" étaient hélàs venus en nombre. Impossible, donc, de s'imprégner totalement des ritournelles de Zach. Et frustration, à l'heure de quitter la salle. Je leur signalerai qu'à gauche du devant de scène se trouve deux portes battantes, derrière lesquelles un bar les attend, ainsi qu'un somptueux et confortable canapé circulaire. En plus, on y entend très bien le concert. Et ne me remerciez pas !

 

 

Beirut

Ancienne Belgique, Bruxelles

Mercredi 14 septembre 2011.

09/09/2011

Beirut - The Rip Tide

beirut,the rip tide

 

 

Zoom sur un square forestier, au sol envahi de feuilles mortes rougies par l'automne. Au centre de la place, un kiosque accueille une fanfare, qui parfume l'air de mélodies mélangeant le folk américain et le folklore tzigane. Simples et touchantes à la fois, ces ritournelles farfouillent notre coeur à la recherche de nostalgie. Tant d'émotion nous fascine et nous paralyse. Véritablement mis à nu, on s'assied sur un banc, et on écoute, sans bruit ni mouvement.

 

A 25 ans à peine, le chef d'orchestre Zach Condon affiche une impressionnante maturité. Peu nombreux sont les artistes qui, comme lui, parviennent à insuffler de la vie dans leur musique. Au creux de ses mains, la musicalité prend une dimension qui va bien au delà du refrain qui rassemble, ou du rythme qui fait taper du pied. Là où d'autres nous emballent, Beirut nous absorbe.

 

La premières mesures de The Rip Tide ne trompent pas. L'orchestration variée, où chaque instrument est parfaitement dosé, correspond au souvenir laissé par The Flying Club Cup il y a 4 ans. Une contrebasse en retrait, une caisse claire qui résonne, un accordéon et une mandoline pour fredonner les couplets, alors que tubas et trompettes s'imposent sur les refrains. Quant au piano et aux violons, patience, ils ne tarderont pas à arriver. On retrouve aussi cette voix chargée de mélancolie, capable à elle seule de nous confiner l'estomac. Ici, une certaine dynamique est présente. Outre les aubades affectives bien typiques,certains titres adoptent une tournure plus légère, davantage "pop". C'est notamment le cas du single East Harlem, de Vagabond, ou de Santa Fe, duquel émane comme une odeur de sampling. Cette touche de fantaisie positive apporte un certain éclat à ce troisième album, dont seule la courte durée (33 minutes) ternit l'aboutissement.

 

 

Beirut

The Rip Tide

Tarif: 8.5/10

 

 

Ecoutez:

Santa Fe

Goshen

The Rip Tide