28/10/2013

Girls in Hawaii - Everest

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Il y a un peu plus de trois ans, les Girls in Hawaii perdaient leur batteur, d’une façon aussi tragique que prématurée. Après une période de silence, bien légitime, ainsi qu’un remaniement d’effectif, ils trouvaient la force de revenir vers ce qu’ils font de mieux. Et plus encore, tant ce troisième album fait office de majestueuse résurrection.

 

Ce qui aurait pu servir d’exutoire dramatique révèle en fait une intense plénitude, à l’image de sa plage d’ouverture, qui ressemble à une naissance du point de vue du nouveau-né. Everest dévoile une musique rock à la fois douce et gonflée de vie. Troublant par son calme, sa profondeur et sa richesse, dissimulée derrière une apparente simplicité. Tellement vivant qu’à certaines compositions, il ne manque que la voix de Jonsí pour en faire le nouvel opus de Sigur Ros, les maîtres du genre. Les mélodies semblent s’évader des grillages de leur partition, pour s’envoler vers ce toit du monde, où rien n’a d’importance ni de gravité.

 

Pour faire simple, les Girls in Hawaii en 2013, c’est encore mieux qu’avant. On pourrait chercher une raison à cette évolution, mais cela pourrait amener à de douteux rapports de cause à conséquence. Contentons-nous donc de cet album, pour autant que « contenter » soit le verbe adéquat, tant Everest touche à la perfection.

 

 

Girls in Hawaii

Everest

Note :

 


Ecoutez:

Misses

Not Dead

 

27/10/2012

Roscoe @ Orangerie du Botanique

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Ce qui frappe chez Roscoe, c’est cette distance entre leur assurance d’une part, et de l’autre leur grande simplicité. Si ce n’est l’ordre de la playlist, rien dans le déroulement du set ne semble calculé ; ils en oublient même d’apporter leur merchandising, ou d’annoncer des invités sur scène. Ils prennent en tout cas beaucoup de plaisir à y être. Et musicalement, tout est rodé, au poil, et c’est bien là le principal.


Devant un public venu en nombre, le quintet liégeois ne peut dissimuler sa motivation. Ils livrent à l’Orangerie un concert bien trempé, empreint d’une puissance parfaitement maîtrisée. Leur prestation revisite leur album « Cracks », et s’agrémente de l’une ou l’autre nouvelle ou ancienne composition. Les rythmes s’alternent sans cesse ; le public est bringuebalé entre des orages énergiques, et d’autres passages plus paisibles, voire quelque peu intimistes, que seul le sempiternel « brouhaha du fond », typique de cette Orangerie, vient en partie gâcher. Ainsi, leur style s’approche d’un post rock contrôlé, tout en restant accessible aux oreilles moins sourcilleuses.


Musicalement, professionnellement, cette révélation belge de l’année s’aguerrit, et semble bien prêt à franchir un palier supplémentaire. Ils ont en tout cas le potentiel pour remplir de plus grandes salles. On se demande même comment ça n’est pas encore le cas.



Roscoe, Orangerie du Botanique

Vendredi 26 septembre 2012.

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11/10/2011

Customs - Harlequins of love

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Customs est un groupe de rock alternatif néerlandophone. Malgré des textes en anglais, leur renommée peine à dépasser les frontières linguistiques du plat pays. Au-delà, aucune radio ne les diffuse ; le seul moyen de les connaître serait de les voir sur la scène de l'un ou l'autre festival sur terre flamande, où ils se produisent généralement en début de journée. Leur bio ne se dégotte pas facilement en ligne, et le nombre de fans recensés sur les réseaux sociaux ne remplirait pas Forest National. En voilà une formation pour le moins discrète.

 

Le quatuor dispose pourtant de dossiers convaincants. Leur allure raffinée, leur style musical froid mais dynamique, démontre toute l'influence de la période post punk sur leurs compositions. Les basse et guitare ne sont pas prépondérantes, et les mélodies du piano électrique, simples mais très efficaces, se montrent persuasives. En termes d'inspiration, cette touche pop les rapproche davantage des Stranglers que de Joy Division. L'inspiration, c'est le bémol de taille qui se dresse sur la partition des Customs. Elle est bien trop évidente que pour ne pas y songer. Impossible d'apprécier leur oeuvre sans connaître tous ceux qui les ont précédés sur cette voie. Impossible d'écouter cet album sans émettre de comparaison avec Interpol, Editors, White Lies et j'en passe. Difficile, dès lors, de trouver sa place, d'imposer son identité, au milieu de ceux-là.

 

D'un point de vue purement musical, Harlequins of love est loin d'être désagréable. Certes très court (10 titres, 36 minutes au total), et moins percutant que l'un ou l'autre album de leurs cousins anglais. Mais si la profondeur n'en est pas un trait, cet album a le mérite de dicter un certain rythme, et de ne jamais être ennuyeux. Quelques titres formatés comme de potentiels singles valent même largement le détour. C'est parmi ce qu'on a fait de mieux dans le genre en Belgique depuis Front 242.

 

 

Customs

Harlequins of Love

Tarif: 6.5/10

 

 

Ecoutez:

Onwards & Upwards

Harlequins of love

Toupee