31/03/2014

Blood Red Shoes (éponyme)

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Les Blood Red Shoes auront laissé passer trois albums avant de proposer leur éponyme. Tournant artistique ou paresse créative, ce quatrième tome des aventures d’Ansell et Carter, qui ne porte donc rien d’autre que leur nom de scène, se présente sous la forme d’un cocoon, dans lequel l’ampoule principale projette sur les murs poussiéreux son agonie stroboscopique.

 

A l’image de son intro à la dynamite, ce disque inspire un manque. Fougue et saturation répondent toujours présentes, par le biais d’une guitare qui ronronne comme un moteur. Fraîcheur et désinvolture semblent quant à elles soufflées par une maturité qui prive leur inspiration de cette étincelle d’innocence, laquelle pouvait libérer à n’importe quel moment du disque un hymne tel que furent autrefois « Heartsink » ou « I wish I was someone better ». Loin d’être mauvais, celui-ci manque toutefois d’authenticité, se déroulant tel un moulin à eau qui frappe la porte de l’adrénaline sans jamais parvenir réellement à faire frétiller les orteils.

 

Note :  

 

Ecoutez : The Perfect Mess

 

27/10/2012

Blood Red Shoes @ Soulkitchen, mardi 23 octobre 2012

 

 

blood red shoes,rock,garage,soulkitchenDiscrètement jouxté à l’Atelier, le Soulkitchen est une salle de « café-concert » guère plus large qu’une remorque de camion. L’endroit tamisé n’accueille pas plus de 150 personnes, et si les premiers rangs tendent le bras, ils peuvent presque toucher les musiciens sur scène. Ce contexte intimiste réduit à zéro la distance entre artistes et public, et maximalise le partage des premiers envers les seconds.blood red shoes,rock,garage,soulkitchen

 

Si les Blood Red Shoes peuvent de prime abord se sentir « punis » de ne pouvoir jouer dans la salle principale, ils doivent au contraire s’en sentir privilégiés. Ils offrent ainsi une prestation à nu, une esquisse de ce que devaient être leurs premiers concerts, voire leurs premières répétitions. Lui, baguettes en main et rage

blood red shoes,rock,garage,soulkitchen à la gorge, le visage entièrement recouvert de transpiration. Elle, comme à son habitude introvertie, concentrée sur sa guitare et ses paroles, son seul jeu de scène consistant à se retourner vers son comparse. Quelques mots glissés entre chaque titre, entre eux ou à l’attention des spectateurs, peaufine cette impression d’avoir face à nous deux de nos meilleurs potes. Cette représentation crue et carabinée révise le meilleur de leurs troisblood red shoes,rock,garage,soulkitchen albums studio. Une occasion de montrer leur efficacité ; les Blood Red Shoes ne sont pas de ces groupes dont le public attend « la » chanson, puisque chaque titre dispose de sa propre attraction. Et juste après, ils se baladent dans le café, au milieu de tous. Lui n’est pas avare de discuter avec ses « fans », prenant alors aussi peu de distance que celle offerte par la scène du soir. Une scène qui leur convenait donc au mieux, sans doute plus qu’à quiconque. Photos © Jérémy Monin

 


Blood Red Shoes, Soulkitchen, Luxembourg

Mardi 23 octobre 2012

10/05/2012

Blood Red Shoes - In Time To Voices

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Les Blood Red Shoes reviennent avec l’album de la maturité. Troisième du nom, In Time To Voices se veut plus réfléchi que ses prédécesseurs. Dans une atmosphère aussi embrumée que la pochette du disque, Ansell et Carter distillent un rock toujours aussi gras, mais légèrement plus sombre. Le duo affine le caractère de sa musique, bien trempée, puissante et lourde, au rythme mesuré, se retenant de tomber dans une espèce de rock trop speedé, dont l’écoute dans les maisons du 3e âge augmenterait la mortalité bien plus qu’une vague de canicule. Si ce n’est le défoulant « Je me perds », en français dans le texte, ne se trouve sur cette nouvelle galette aucun hymne réellement purgatif, tels qu’étaient « Don’t ask » ou « Heartsink » sur la précédente. Le calme (relatif) est même de mise sur des titres comme « Two Dead Minutes », « Silence and the drones » ou le surprenant « Night Light », pour lequel la frétillante Laura Mary se fait aussi douce que son minois, troquant sa massive huit cordes contre une guitare acoustique au son presqu’impur.

 

De tout cela, il résulte un album rock certes terne, mais écoutable par tous, au long duquel aucune plage ne préjudicie l’ensemble. Bien sûr, puisqu’on ne peut demander à un duo d’étaler une orchestration large et variée, In Time To Voices est desservi par un léger aspect répétitif, mais qui se dissipera si l’on prête bien attention à la suite des plages qui défilent sur la platine.


Blood Red Shoes

In Time To Voices

Tarif: 6.5/10


Ecoutez:

Cold
Stop Kicking


01/09/2010

Blood Red Shoes - Fire like this

 

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C'est fou ce qu'on peut faire avec simplement une guitare et une batterie... et deux paires de bras pour manier le tout, pour peu que ces bras appartiennent à deux bêtes du rock. Les membres de Blood Red Shoes par exemple.
 
 
Même si la guitare 8 cordes de Laura Mary Carter fait également office de basse, cet album prouve qu'un groupe de rock ne doit pas forcément se composer de 6 ou 12 membres pour sortir du bon son. On n'en dirait pas autant pour un reggae band, il suffit de voir combien sont les UB40... A croire qu'ils ne tournent plus car aucune scène n'est assez grande que pour tous les accueillir.
 
 
Mais revenons à nos moutons. Fire Like This propose un rock speedé, qui, le matin, vaut trois bonnes tasses de café serré. C'est à ce point enjoué qu'on a parfois l'impression que le batteur a 4 bras... Pour autant, cet album résulte d'un équilibre parfait entre énergie et sobriété. Sans produire le moindre hurlement vocal, ni solo de guitare démesuré, les Blood Red Shoes font du rock pour faire du rock, et certainement pas pour évacuer des frustrations d'adolescents. La comparaison avec des groupes comme Blink 182 ou Sum41 s'arrête donc aux bases, simples et rapides. Ce rock, ils le font très bien, puisqu'une fois en tête, chaque titre s'y installe pertinemment. Il en va de même pour les titres plus lents, comme "When we wake", également empreint d'une certaine assuétude.
 
 
Fire Like This est un album très addictif, qui ne se délogera pas facilement de votre platine. En plus, Laura Mary est vraiment trop choucarde, ce qui ne gâche rien...
 
 
   
Blood Red Shoes
 
Fire Like This
 
Tarif : 7/10
 
 
Ecoutez:

 
 

 

01/04/2010

Concert - Blood Red Shoes, Atelier (Luxembourg), mardi 30 mars 2010

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En ce début de soirée, au vu de l'ambiance tamisée et du peu de personnes présentes, l'Atelier semble accueillir une fête d'anniversaire privée plutôt qu'un concert de rock.


Au milieu de cette salle, dans l'indifférence générale, une petite brune à la silhouette frêle tranche la foule éparse de sa démarche vive. Le passage lui est soudainement barré par trois garçon armés d'un appareil photo. Malgré son allure pressée et son air peu commode, Laura Mary Carter sourit et accepte de prendre la pause quelques secondes. Elle s'en va ensuite rejoindre Steven Ansell, son compère de Blood Red Shoes, qui boit une pinte devant la scène en attendant le début des festivités.


Pendant la première partie, comme tout quidam ayant payé sa place, le duo à l'affiche du soir profite du côté intimiste offert par l'Atelier pour se payer un bon concert en tant que spectateurs lambda. C'est qu'avec leur apparence ado-scolaire, ils passeraient presque inaperçus. De temps à autre, apostrophés par des fans, ils se prêtent volontiers au jeu de la célébrité en signant l'un ou l'autre t-shirt ou ticket de concert.


Si, en dehors des spots, leur simplicité témoigne en leur faveur, il en va de même sur scène. Une guitare, une batterie, et deux micros, les Blood Red Shoes n'ont pas besoin de plus pour énergiser la foule. Le contexte paraît simpliste, mais ne vous fiez pas aux apparences. Leur rock garage est bien envolé, et il s'en détache certaines mélodies accrocheuses qui rendent leur prestation terriblement efficace.


Laissant tomber son masque de jouvenceau, Ansell matraque sa batterie comme un diable tout en maintenant un rythme très soutenu du début à la fin. Quant à la jolie Carter, qu'on aurait bien dragué au coin du bar une heure plus tôt, elle fait preuve d'une présence impressionnante. Regard froid, sourire espiègle, avec dans les bras une guitare de prime abord bien volumineuse, elle donne tout son sens à la rengaine patriarche qui dit que l'habit ne fait pas le moine. Car en effet, quelques minutes de concert suffisent pour s'apercevoir qu'elle n'a rien d'une gamine, et encore moins d'une amatrice.


Charmeuse et flegmatique, son style s'impose immédiatement aux rétines spectactrices. Pas un mouvement n'est plus ample qu'un autre, son jeu de scène se limitant à de courts allers-retours entre son pied de micro et la batterie de son compère. L'énergie engendrée par leur musique est parfaitement canalisée, et se répercute sur un Atelier au public restreint, mais tout aussi bruyant que lorsqu'il est rempli.


A ce public conquis, le duo offrira une petite heure de show, temps suffisant pour faire tourner leurs deux albums. S'en suivra un rappel réclamé à plein poumons. Puis Steve et Laura Mary descendront de scène, terminant ainsi leur tournée, non sans s'arrêter sur le passage des loges pour signer les derniers autographes alors que, sur scène, la guitare de Carter crachera ses derniers rugissements.

 

 

Blood Red Shoes

Mardi 30 Mars 2010, Atelier - Luxembourg.