31/03/2014

Bombay Bicycle Club - So Long, See You Tomorrow

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A l’aube de leur dixième année d’existence, la carrière des Bombay Bicycle Club semble prendre de l’ampleur. En témoigne le succès de « So Long, See You Tomorrow », le petit dernier qui outre-manche, taquine les grosses cylindrées au sommet des charts.

 

Qu’ils se soient cherchés trois albums durant, ou qu’ils aient accordé du temps à l’expérimentation, le band anglais trouve aujourd’hui sa patte dans un style pop rock empruntant à la world music des rythmes et sonorités parfumées, relents des pèlerinages musicaux du leader et unique producteur Jack Steadman. Mêlant guitares, sampling, électronique et divers instruments impromptus, la richesse musicale rayonne autant qu’elle impressionne. Cet éclatant travail créé une ambiance euphorique et ensoleillée, qui jamais ne lasse ni ne retombe. Ainsi, les Londoniens se distinguent nettement de leurs collègues,  gardent pour eux leur sincérité artistique, et évitent de se propulser au devant des stades par de la gonflette à la Coldplay, insipide et impersonnellePlus qu’une révélation, ce disque leur octroie un vrai statut de Next Big Thing. Si tel est vraiment leur destin, pourvu que le plumage ne nuise jamais à leur ramage.

 

Bombay Bicycle Club

So Long, See You Tomorrow

Note :   

 

 

Ecoutez :

Luna

Carry Me

Feel

21/12/2011

Suivez le fil - Kurt Vile, Bombay Bicycle Club, Evaline

La fin de l'année approche, et avec elle l'écoute, certes un peu tardive, d'albums à côté desquels je ne pouvais passer cette année. En voici trois, dont j'estime qu'ils valaient la peine de s'y intéresser un peu, beaucoup.



Kurt Vile - Smoke ring for my halo

 

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"Smoke ring for my halo" a tout d'un album ennuyeux. Une voix flegmatique, une orchestration peu variée, un rythme qui ne décolle pas. C'est l'exemple typique du disque à raser le peuple, mais qui ravit les puristes incompris, dont beaucoup ne comprennent pas pourquoi ils aiment. Peut-être parce que les créations de Kurt Vile diffusent comme une odeur sacrée, celle de Bob Dylan, dont le jeune guitariste à longue chevelure ne cache pas s'inspirer. Si ce rock franc et sans artifice nous caresse doucement sans toujours nous atteindre en profondeur, il en émane aussi un certain charme, comme d'une oeuvre où son auteur se met à nu. Le quatrième album de ce natif de Philadelphie sera d'autant plus agréable à écouter dans un contexte de silence absolu, sans aucune interférence.

 

 

Tarif : 6/10

Ecoutez : Jesus Fever

 

 

 

Bombay Bicycle Club - A Different Kind of Fix

 

kurt vile,bombay bicycle club,evaline,rock,indie,alternatifFidèles à l'indie rock depuis leurs débuts, les Londoniens de Bombay Bicycle Club n'en sont pas les représentants les plus renommés. A suivre leur évolution, ils ne déméritent pourtant pas. Musicalement plus fourni que le précédent, ce troisième album allie la sobriété à l'efficacité, dans un style rock folk grisant et aéré. Tout en respectant une atmosphère d'ensemble, les chansons qui le composent ne sont pas de celles qui se répètent. Que le rythme soit vif ou pondéré, avec plus ou moins de présence guitaristique, chaque titre possède son potentiel de séduction. Ce qui ne change pas, c'est la voix, sincère et affective, de Jack Steadman, qui distille des émotions sans toutefois en faire de trop. A different kind of fix est un album entêtant comme on les aime. Nul besoin de se le repasser dix fois pour l'apprivoiser ; les mélodies trottent en tête, et les refrains vous accrochent, dès la première écoute.

 

Tarif : 7.5/10

Ecoutez : Lights Out, Words Gone

 

 

 

 

Evaline - Woven Material

 

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Ne vous fiez pas à ce nom digne d'un bracelet entourant le poignet d'un nourrisson. Si les Californiens d'Evaline ont bien la fraicheur du nouveau né, leur style se tourne davantage vers le rock alternatif. Dont acte, Woven Material n'a rien d'un recueil de berceuses. Envolé, orageux, parfois poussif mais sans pour autant se révéler agressif, il est de ces disques dont l'écoute dépoussière les tympans. Le genre qui, en concert, dégage une puissance incomparable, hélas quelque peu limitée sur CD. D'un titre à l'autre, les sons de guitares se diversifient, mais restent omniprésents. La batterie inflige un rythme rapide mais agile, qu'il soit carré, en frisé, avec ou sans contretemps. Des structures imprévisibles, accompagnées d'efficaces changements de rythme, qui ne sont pas sans rappeler Muse à ses débuts. La puissance de cet album, calculée adéquatement pour ne jamais nous taper sur les nerfs, ne s'affaisse pas du début à la fin, à l'image d'une voix incisive et prenante qui s'impose sans avoir besoin de hurler. Woven Material est sans conteste une des excellentes surprise de l'année.

 

Tarif : 7.5/10

Ecoutez : Picking it up

 

30/11/2010

Suivez le fil

 

N'ayant pas trouvé à cet article une digne introduction, sujette à vous laisser pantois, voici donc tout simplement quelques lignes à propos des derniers albums passés par mon lecteur mp3.

 

Tame Impala - Inner Speaker


tame impala.jpgDes vagues de guitares, un incessant effet planant, quelques sons qui crachent, et l'écho d'une voix au timbre proche de John Lennon. Avec ces ingrédients et d'autres, le groupe australien Tame Impala nous plonge en plein coeur du rock psyché. Plus qu'intemporel, Inner Speaker nous fait également perdre la notion du temps. Chaque chanson est dressée comme si elle durait 20 minutes, et l'album pourrait en soi passer pour une seule grosse chanson alternant les nuances. Quoi qu'il en soit, cette ambiance colorée ne tarit pas de la première à la dernière seconde. Faites toutefois attention à ne pas vous noyer dans ce côté répétitif, bien accentué par la boucle qui termine la dernière plage "I don't really mind".

Tarif : 6.5/10

Ecoutez : Solitude is bliss

 

 

Maximilian Hecker - I Am Nothing But Emotion, No Human Being, No Son, Never Again Son


max hecker.jpg2010 est l'année où ce songwriter allemand et pianiste de talent s'est offert un nouveau look, et de nouvelles inspirations. Sur cet album tout frais, c'est un Max retrouvé qui nous ouvre l'antre de son cortex. Si la mélancolie est toujours au rendez-vous, ses captivantes mélodies d'antan font place à des compositions plus profondes. L'émotion est intense, mais hélas trop évasive. De fait, cette projection intérieure a quelque chose de gênant, et surtout de trop personnel. Pris avec le recul nécessaire, et d'un point de vue purement musical, cet album paraît monotone, et répétitif. Seul un fan contemplatif pourra réellement en saisir l'essence.

Tarif : 6/10

Ecoutez : Nana

 

 

Xiu Xiu - Dear God, I Hate Myself

 

xiu xiu dear god i hate myself.jpgCe titre relate à lui seul tout le ressenti que provoque cet album. Composées à partir de réelles percussions et de sons électroniques disparates, les chansons du Californien Jamie Stewart sont cruellement poignantes. Tremblante et à vif, sa voix se fond parfaitement dans cette osmose mélancolique. En résulte un album très touchant, dont la musicalité expérimentale fait part d'une style unique, vierge de toute influence. "Dear God, I Hate Myself" est la preuve que la musique studio contemporaine peut exprimer un réel sentiment artistique. A découvrir pour les mélomanes explorateurs, et autres amateurs d'émotions intenses.

 

Tarif : 7.5/10

Ecoutez : Chocolate makes you happy

 

 

John Grant - Queen of Denmark

 

johngrant.jpgSur scène, où il gère actuellement les premières parties de Midlake, John Grant est époustouflant. Son album séduit également, mais dans une moindre mesure. Ses chansons sont belles, douces et inspirées, mais elles ont aussi un arrière goût de seventies trop prononcé. D'un avis personnel, il manque à cet album un soupçon de fraîcheur, et à certains titres une dose d'émotion que la voix de Grant, trop canalisée, ne parvient pas à soutenir. Il plaira cependant beaucoup aux nostalgiques de John Miles et de Supertramp, pour ne citer que ceux-là.

 

 

Tarif : 6/10

Ecoutez : I Wanna go to Marz

 

 

Bombay Bicycle Club - Flaws

 

bombay-bicycle-club-flaws.jpeg Entièrement construit autour d'une guitare acoustique, Flaws est un album très intimiste. La voix du chanteur Jack Steadman, douce et tremblante, y ajoute une pointe d'émotion. L'ensemble est toutefois un tantinet monotone, et manque légèrement de vie. Le côté relaxant, inhérent à ce style romantique, est enfoui sous une certaine tension qui masque l'arôme désiré et attendu. l'ensemble n'en reste pas moins plaisant, sans toutefois être exceptionnel.

 

 

 

Tarif : 6/10

Ecoutez : Flaws

 

 


Curry & Coco - We Are Beauty

 

curry coco.jpgDirectement inspiré par la synthpop des années 80, cet assortiment de mélodies électroniques simplistes peut de prime abord ressembler à une blague du genre "Pop! Goes my heart" - je vous laisse ici à vos références cinématographiques. Il s'agit avant tout d'un album très fun, d'un duo se donnant l'allure musicale d'un Boys Band asexué. Deux ados qui s'éclatent sans prétention sur un dancefloor de cartoons japonais. Toutefois, de par sa simplicité, la fraîcheur du concept s'essoufle au bout de quelques titres, malgré le coup de fouet apporté par les premières plages.

 

Tarif : 5.5/10

Ecoutez : Sex is fashion