09/10/2013

Johnny Marr - The Messenger

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A presque 50 ans (il les aura le 31 octobre prochain), Johnny Marr a bringuebalé sa guitare au sein de nombreuses formations. Tout d’abord The Smiths, groupe référence du mouvement rock anglais, dont il fut un membre permanent du début à la fin de leur courte histoire. Ensuite, Marr a navigué d’un groupe à l’autre ; citons The The, Electronic, Modest Mouse et plus récemment The Cribs. Il a pu aussi partager quelque scène avec des noms parmi les plus ronflants, de Paul Mc Cartney à Oasis. De l’ombre à la lumière, ce musicien influent lance cette année son tout premier projet solo.

 

Le résultat, pour un vieux briscard comme lui, est étonnement frais. Un pop rock insouciant, bien vivant, qu’on situe facilement outre-manche, armé d’une myriade d’accroches, et qui pénètre l’oreille avec une facilité déconcertante. Absoutes de toute forme de ride ou de nostalgie, les compositions de Johnny Marr n’envient ni fougue ni jeunesse à celles de ses descendants actuels. De « The Right Thing Right » à la plage titulaire « The Messenger », en passant par le mordant « I want the heartbeat », le potentiel addictif et radiophonique est énorme. Seule manque « la » prise de risque, la chanson profonde ou psyché qui à la fois dénoterait mais prodiguerait davantage de puissance à ce disque. Une sorte de « How soon is now » du 21e siècle. Mais soit, pour le premier album solo d’une éternelle main forte, The Messenger titille la hauteur des attentes les plus intransigeantes. L’ancien compère de Morrissey ne réinvente pas ce style séculaire, mais il y apporte son énième touche, la plus personnelle, et peut-être aussi la plus percutante.

 

 

Johnny Marr

The Messenger

Note :

 



Ecoutez:

The Messenger

New Town Velocity

 

24/09/2011

Miles Kane - Colour of the trap

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Des Beatles à Oasis, en passant par les Stone Roses, Miles Kane est le digne descendant d'une lignée de rockeurs anglo-saxons. A seulement 25 ans, et ce même si son look lui en fait paraître 40, il peut déjà se targuer de trois expériences en groupe, toutes couronnées de succès : The Little Flames, The Rascals, et plus récemment son duo avec Alex Turner, sous le nom de Last Shadow Puppets. On retrouve d'ailleurs un peu de cet esprit dans son premier album solo, en plus d'un accent très british commun au leader des Arctic Monkeys.

 

Colour of the Trap commence très bien. Come Closer, plage d'ouverture tranchée et rythmée comme un pendule, aurait pu être écrite par Jack White. Rearrange est plus aérée. Mais déjà, la variation des styles fait mouche. On apprécie la très légère touche psychédélique ; il n'y a pas de quoi planer, simplement se laisser glisser gentiment, comme un hovercraft en inertie sur l'eau. Cette gentillesse est d'ailleurs le défaut principal de cet album. En dehors des deux premières plages, peu de titres se collent aux tympans. Certains trempent quelque peu dans l'oisiveté, comme "Mr Fantasy", qui sonne comme ce que John Lennon a fait de plus gnangnan. Miles Kane ne manque certainement pas de talent, ses compositions suintent de maturité, et font d'une patte déjà très ferme. Mais globablement, "Colour of the trap" manque d'un brin de pêche.

 

 

Miles Kane

Colour of the Trap

Tarif : 6/10

 

 

Ecoutez:

Come Closer

Rearrange