03/09/2013

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Vampire Weekend – Modern Vampires of the city

 

vw.jpgMême si leur son afropop ensoleillé reste séduisant, ce nouvel opus des New-Yorkais apporte peu de fraicheur en regard du précédent. Certains titres comme Ya Hey incitent à la jigue, mais auraient déjà eu leur place sur l’excellent Contra. Pour les autres, le peps n’est pas vraiment permanent. Il manque à Modern Vampires of the cities une réelle authenticité pour atteindre le même niveau. Trois albums et ils ne prennent déjà plus de risque ?

 

 

 

Note : 

 

 

Yeah Yeah Yeahs – Mosquito

 

yyy.jpgCe n’est pas qu’on trouvait le temps long, mais on commençait à se demander où ils étaient passés… Quatre ans après le très convaincant « It’s blitz », Karen O et ses potes reviennent avec, comme de coutume, un OVNI alternatif. Mosquito reste fidèle à leur griffe, cocktail Punk-pop insouciant et explosif, enrobé d’une couche d’électro et remarquable par sa spontanéité – on ne sait réellement pas à quoi s’attendre d’un titre à l’autre. Seul bémol : quelques tranches de douceur, un poil trop longues à mon goût.

 

 

Note : 

 

 

Allah-Las (éponyme)

 

AllahLas.jpgDans la série « On avait déjà entendu ça… mais ça faisait longtemps », le premier album des Californiens d’Allah-Las trempe dans le bon vieux rock rétro. Voix, guitares et production low fi nous replongent quarante ans en arrière, à l’époque de l’apogée de la pilosité masculine. Ce disque éponyme évite la lourdeur de la nostalgie, en proposant de nouvelles compositions colorées, d’un style rock plus dépaysant que réellement poussiéreux. C’est si réussi qu’on pourrait confondre avec un vieil album des Kinks ou des Animals.

 

Note : 

 

 

Miles Kane - Don’t Forget Who You Are

 

Miles-Kane.jpgDeux ans après un debut album mené par deux singles, le fringant Miles Kane revient avec une copie plus relevée. Sur Don’t Forget Who You Are, l’ancien leader des Rascals ne laisse aucune seconde de répit, assumant l’héritage de ses aïeuls grâce à un britrock pétillant. Parmi les 11 titres au format de poche se trouvent quelques tubes imparables, tels « Taking Over », plage d’ouverture irrésistiblement convaincante, ou la plage titulaire qui suit. Tellement frais, british et jubilatoire, ce disque donne au pote d’Alex Turner une carrure plus imposante encore. Ce jeunot, risque fort de marquer les prochaines années de son empreinte.

 

Note : 

 

27/09/2011

PJ Harvey - Let England Shake

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En 20 ans de scène, Polly Jean Harvey est devenue une référence du rock alternatif d'outre-manche. Sorti en février dernier, son huitième album apparaît comme le nouveau tournant d'une carrière pourtant déjà conséquente. A la fois engagé dans ses textes et musicalement peaufiné, Let England Shake résulte d'un travail passionnel de deux ans et demi. Cette période de préparation en profondeur précéda cinq semaines d'enregistrement entre les murs d'une église du sud de l'Angleterre, reconvertie en palais des beaux-arts local. Un lieu qui, d'ordinaire, ne sert pas de studio d'enregistrement.

 

Au commencement, furent les paroles. PJ a tout d'abord écrit ses textes, s'influençant de divers écrivains et metteurs en scène anglo-saxons, mais aussi d'artistes comme Dali ou de Goya. Sur le fond, elle lut beaucoup de témoignages de guerre. De fait, cet album dénonce les effets désastreux des conflits armés, ainsi qu'il apporte une certaine critique de la diplomatie internationale. En atteste l'implacable "What if I take my problems to the United Nations ?" qui clôture en boucle le single "The Words that Maketh Murder". On peut, aussi, y voir un hommage plus ou moins indirect au mythique "Summertime blues" d'Eddie Cochran. L'autre single, "The Glorious Land", contient quant à lui un sample de clairon issu d'une marche de régiment.

 

D'un point de vue purement musical, Let England Shake laisse percevoir un réel travail d'orfèvre. Les compositions sont bâties sur une multitude d'instruments, parmi lesquels : xylophone, harmonica, guitares et violons, trombone et saxophone, ainsi que plusieurs types de clavier comme l'orgue ou le mellotron. Par-dessus ceux-là, l'instrument de prédilection de Polly Jean est l'autoharpe, un cithare à cordes trapézoïdal, armé d'un boitier qui permet de créer les accords, historiquement utilisé dans la musique folk américaine (je vous suggère une recherche d'image sur le net, c'est relativement surprenant). Mises en place, les mélodies forment un genre de rock alternatif brumeux, au rythme quelque peu noirci. Par rapport à ses anciens albums, le style vocal de PJ évolue radicalement. Haute et pincée, mais néanmoins chargée d'une certaine puissance, sa voix s'érige en narrateur de l'album. Pénétrante et frissonnante, elle peaufine la richesse émotionnelle de cet album.

 

Oeuvre personnelle et démonstration de créativité musicale, Let England Shake est un de ces albums qui vous retourne. PJ Harvey réussit le pari de réconcilier le rationnel et l'émotionnel, avec le mérite de n'user d'aucune ficelle facile du métier. Unique et remarquable.

 

 

PJ Harvey

Let England Shake

Tarif : 8.5/10

 

 

Ecoutez:

The Last Living Rose

The Glorious Land

The Words That Maketh Murder

 

24/09/2011

Miles Kane - Colour of the trap

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Des Beatles à Oasis, en passant par les Stone Roses, Miles Kane est le digne descendant d'une lignée de rockeurs anglo-saxons. A seulement 25 ans, et ce même si son look lui en fait paraître 40, il peut déjà se targuer de trois expériences en groupe, toutes couronnées de succès : The Little Flames, The Rascals, et plus récemment son duo avec Alex Turner, sous le nom de Last Shadow Puppets. On retrouve d'ailleurs un peu de cet esprit dans son premier album solo, en plus d'un accent très british commun au leader des Arctic Monkeys.

 

Colour of the Trap commence très bien. Come Closer, plage d'ouverture tranchée et rythmée comme un pendule, aurait pu être écrite par Jack White. Rearrange est plus aérée. Mais déjà, la variation des styles fait mouche. On apprécie la très légère touche psychédélique ; il n'y a pas de quoi planer, simplement se laisser glisser gentiment, comme un hovercraft en inertie sur l'eau. Cette gentillesse est d'ailleurs le défaut principal de cet album. En dehors des deux premières plages, peu de titres se collent aux tympans. Certains trempent quelque peu dans l'oisiveté, comme "Mr Fantasy", qui sonne comme ce que John Lennon a fait de plus gnangnan. Miles Kane ne manque certainement pas de talent, ses compositions suintent de maturité, et font d'une patte déjà très ferme. Mais globablement, "Colour of the trap" manque d'un brin de pêche.

 

 

Miles Kane

Colour of the Trap

Tarif : 6/10

 

 

Ecoutez:

Come Closer

Rearrange