02/05/2011

Cascadeur @ Aralunaires (Arlon), dimanche 1e mai 2011

cascadeur,aralunaires

 

Révélé au grand public en ce début d'année, le messin Alexandre Longo fait partie de ces artistes qui se dissimulent derrière un personnage pour exercer leur profession. Le sien, c'est un jouet de son enfance, représentant un motard en combinaison blanche, avec sur la tête un casque à visière fumée, orné d'une étoile rouge. Les âmes d'artiste vous expliqueront peut-être que ce déguisement symbolise le besoin, pour un être chétif, de se protéger des difficultés de la vie. D'autres évoqueront des raisons plus terre à terre, comme éviter de se faire emmerder par les paparazzi en cas de succès. Ou encore, comme l'ont déjà fait les Daft Punk, permettre à des amis de monter sur scène à leur place, équipé d'un live pré-enregistré sur clé USB. Cette dernière raison ne peut en aucun cas s'appliquer à Cascadeur ; je peux m'en porter garant, après l'avoir vu ce dimanche, dans le cadre du festival des Aralunaires de la ville d'Arlon.

 

De taille modique, la salle où se produit le messin accueille à peine deux cents spectateurs. Et pour un concert aussi intimiste, la mise en scène est passablement pointilleuse. A l'heure prévue, le cascadeur apparaît, d'une démarche lunaire, sous un fond sonore fait de bips et de dialogues radiophoniques. L'esthétique des ombres et images diffusées en fond de scène apaise, tandis que les lumières stroboscopiques donnent une illusion de ralenti. Tout est mis en place pour transporter l'audience sur une autre planète. A la manière de Cocorosie, l'acrobate use d'objets divers pour accompagner ses 3 pianos électriques, dont un mini mégaphone en plastique, et une "dictée magique", un jouet éducatif datant de l'époque où peu de foyers possédaient un ordinateur.

 

Si Cascadeur se plait à accentuer visuellement son univers musical, c'est avant tout pour le partager au mieux. Car paradoxalement, l'homme ne reste pas cloitré derrière son masque. Entre les chansons, Alexandre s'adresse à son public naturellement, faisant preuve d'un certain humour, et ce sans jamais briser la magie initiée par le décor. Sa voix, juste et haut perchée, et l'émotion se dégageant de ses compositions, font le reste. Auteur et musicien de talent, l'homme seul nous emmène parmi ses doutes, ses peurs, ses souvenirs, tout au long d'un concert à forte intensité affective. Cela étant accompli, la question de son accoutrement devient secondaire. Peu importe le flacon...

 

 

Cascadeur

Ancien palais de justice d'Arlon, festival des Aralunaires

Dimanche 1e mai 2011

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