18/01/2011

Chemical Brothers @ Rockhal, jeudi 13 janvier 2011

Photo-0032.jpg

 

On aurait pu trouver pire comme premier concert de l'année... Ce jeudi 13 janvier, les Chemical Brothers se sont emparés de la Rockhal d'Esch-sur-Alzette, prodiguant un show d'un niveau purificatoire rarement atteint en terre luxembourgeoise.

 

Malgré un tel poids sur l'affiche, la grande salle de Belval n'affichait pas comble. Gageons qu'en cette saison, le peuple festif hiberne plus que de coutume. Ca n'en laissa que plus de place aux petits futés ayant eu la bonne idée de faire le déplacement, l'absence de confinement permettant à tout un chacun de profiter de l'instant sous les meilleurs auspices.

 

Sur scène, le duo mancunien allie efficacité musical et visuelle. La partie musicale, c'est un mix maison de deux bonnes heures, concocté avec des morceaux choisis à bon escient parmi leur volumineuse discographie. Temps pour les fans de se régaler, et pour les non initiés de mettre un nom sur quelques tubes intemporels ancrés dans la mémoire collective. Mais jouir d'un viver de perles n'est pas tout ; encore faut-il les utiliser à bon escient. Là, les frères chimiques nous rappellent qu'avant d'effectuer plusieurs tours du monde, ils usaient de leur doigté sur les platines des premiers clubs underground du Royaume. Ainsi, le mix nous transmet tour à tour une kyrielle d'émotions, sans jamais baisser d'intensité, si ce n'est au moment de marquer une pause avant de lancer les rappels.

 

On peut s'interroger sur la spontanéité véritable de ces enchaînements, d'autant plus si l'on considère l'aspect visuel du concert. Ce ne sont certainement pas les deux artistes qui, à l'ombre de leur console, monopolisent les regards. Mais plutôt ce gigantesque écran digital qui, tout au long du show, diffuse des images de synthèse parfaitement synchronisées avec les voix et les rythmes diffusés par les machines. Se succèdent, entre autres, des silhouettes multicolores qui dansent, courent, ou plongent dans un interminable vide. Une momie fluorescente, perdue dans une gigue saccadée. Ou encore cette effrayante tête de clown psychopathe, rappelant le spectre mangeur d'enfants imaginé par Stephen King dans l'un de ses romans.

 

Aidée par ces effets visuels et la taille imposante du panneau qui les fait vivre, l'électro enivrante des Chemical épure de toute tension quotidienne. L'effet est garanti, cela même si la suite musicale peut manquer de franchise.

 

 

Chemical Brothers

Rockhal, Esch-sur-Alzette

Jeudi 13 janvier 2011