01/12/2013

CocoRosie - Tales of a GrassWidow

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Les premières plages de Tales of a GrassWidow dépeignent un style moderne et étonnamment orthodoxe. Mélodies et tapis de percussion y perdent en détachement, le duo misant davantage sur des boucles vocales accrocheuses pour marquer les mémoires. Reste une ambiance « mélocaline », moins adorable qu’à l’accoutumée, plus véhémente et parfois chargée d’un soupçon de gravité. Après trois plages et une première pause atmosphérique, les sœurs enclenchent enfin la 3D, et nous parachutent dans leur monde fait de profondeur et d’espièglerie. On revit les instants magiques des albums d’antan, où l’on se sentait dorlotés comme des bébés. Les douces comptines prennent des accents World et Hip Hop, tantôt l’un, tantôt l’autre. Voire les deux en même temps, comme sur le titre « End of Time », qui pourrait marquer le retour de One T et Cool T en ballade sur la Cordillère des Andes. Hélas, à peine le temps d’en profiter, que ces instants de grâce s’éparpillent dans de nouveaux titres à l’âme moins prononcée. Ainsi se termine ce cinquième album de CocoRosie, comme il a commencé : avec un goût de trop peu.



CocoRosie

Tales of a GrassWidow

Note :



Ecoutez:

End of Time


 

29/12/2010

Mes meilleurs concerts de 2010

 

Propice à la mélancolie, la fin d'année est la période idéale pour jeter un oeil dans le rétroviseur, et classer les souvenirs par ordre croissant sur une échelle d'appréciation. Au cours des douze derniers mois, j'ai bourlingué d'une salle de concert à l'autre, en visitant parfois plusieurs dans la même semaine. Alternant les assistances d'une centaine de braves et des publics de plusieurs milliers. Mélangeant les styles, folk, pop, rock, électro, etc. En tout et pour tout, et sans compter les festivals d'été, j'ai assisté à 53 concerts. Certains magistraux, d'autres simplement bons, et aussi hélas quelques déceptions.

De cette cinquantaine, j'en ai retenu 8, ceux qui m'ont le plus marqué. Je vous les offre en lecture, voici donc mon Top 8 des concerts de l'années 2010.

 

8. Coco Rosie @ Kulturfabrik, mercredi 19 mai


Une attente interminable, un départ précipité après deux chansons et un beat boxer qui meuble tant bien que mal durant de longues minutes. Ce début de concert chaotique, les soeurs Casady le rattrapent de belle manière, dès leur retour (inespéré) sur scène. Tout est mis en place pour plonger l'audience dans un état de rêverie complet. Une orchestration variée, alliant des instruments classiques à des objets du quotidien nonchalamment posés sur une table. Les voix des deux soeurs, l'une douce l'autre envolée, aussi différentes que complémentaires. Un décor tamisé, où les silhouettes se fondent dans les images recoupées d'une vidéo intimiste, diffusée sur un grand écran en fond de scène. Leurs robes de nuit et leur état second complétant le tableau d'un concert aux effets narcotiques, parfois apaisant, et fiévreux par moments.

 

7. The Temper Trap @ Atelier, mercredi 23 juin

Emmené par son charismatique chanteur, le quatuor australien livre une prestation gonflée d'énergie positive. Plus impressionnante encore que sur laser, la voix de Dougy Mandagi envole l'audience dans une bourrasque rock, emportée par des tubes plus accrocheurs les uns que les autres. Aucun répit n'est accordé, ni au public ni au groupe, le sympathique Dougy improvisant même une séance d'autographes après le concert, à la sortie de la salle. Du jamais vu et, espérons-le, à revoir bientôt.

 

6. Xiu Xiu @ Exit07, vendredi 19 novembre

Intense, touchant, poignant,... tels sont les qualificatifs désignant au mieux ce concert peu commun. Si l'électro pop expérimentale du duo californien suffit à plaire, le cadre intimiste et le tragique de la prestation finalisent la dramaturge. Assis derrière ses accessoires, Jamie Stewart est bouleversant dans son interprétation. Quant à sa comparse, peu expressive, elle n'en dégage pas moins un charme certain. La complémentarité agit, et le spectacle opère, rendant l'audience à fleur de peau. C'était la claque de l'année.

 


5. Two Door Cinema Club @ Botanique, mardi 23 novembre

Jeunes novices, ces Irlandais du nord ont encore le regard scintillant du début de carrière, et le visage qui s'émerveille sous les acclamations du public. Leur inexpérience ne les trahit pourtant pas, puisqu'ils maîtrisent déjà parfaitement leur art. Punchy, acéré, vivifiant, leur rock alternatif fait montre d'un talent hors pair, et d'une griffe qui ne demande qu'à se développer davantage. Ne leur manque qu'un répertoire conséquent, qui rallongerait leurs prestations d'une bonne demi-heure au moins, confirmant par la même leur statut de révélation de l'année.



4. Hot Chip @ Ancienne Belgique, dimanche 7 mars

Allègre et enjouée, la musique de Hot Chip monte en puissance une fois le quintet sur scène. La batterie résonne, guitares et synthés palpitent, transformant la soirée en véritable liesse électro rock. Micro en main, sautillant en permanence, le freluquet Alexis Taylor démontre que la moustache ne fait pas le geek. L'ambiance tourne rapidement à l'ivresse. De quoi se booster le moral pour toute la semaine.

 


3. Jónsi @ Ancienne Belgique, samedi 29 mai

Il est de ces magiciens qui transportent l'audience vers un autre monde. Quand il chante pianissimo, effleurant du bout des doigts les cordes de sa guitare acoustique, il règne au sein du public un silence religieux. Lorsqu'il explose, on se sent tournoyer dans une tempête comme s'il pleuvait réellement à l'intérieur de la salle. Le concert prend alors une dimension organique, qui va bien au-delà du simple aspect musical. L'Islandais a plus que du talent, c'est un génie.

 

2. Tom Mc Rae @ Ancienne Belgique, lundi 11 octobre

Si son style se veut mélancolique, les prestations du Britannique n'ont pourtant rien de déprimant. Tom use de son flegme, plaisante beaucoup, que ce soit avec son public ou ses musiciens. La richesse de son répertoire et la mise au point musicale peaufinent le travail émotionnel, et donnent à l'instant une contenance affective très intense. C'est un de ces concerts qui nous font vivre l'essentiel, et dont on ressort humainement plus riche.

 

1. Depeche Mode @ Paris Bercy, mercredi 20 janvier

Trente ans après leur premier album, les vieux ados de Basildon en ont encore dans le ventre. Dave Gahan est un infatigable show man, Martin Gore est époustouflant au chant, Anfrew Fletcher est ... Andrew Fletcher. Musiciens virtuoses, Christian Eigner et Peter Gordeno complètent à merveille le trio de base. Le spectacle est étincelant, et l'orchestration parfaitement rodée. Musicalement, la play list s'équilibre entre le neuf, le mythique et certains titres oubliés. Les fans frissonnent de plaisir, et même les sceptiques se laissent convaincre par cette prestation qui mérite la grande distinction. De Grands monsieurs !

 

 

20/09/2010

Cocorosie - Grey Oceans

 

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Dans la lignée de leurs précédents albums, celui-ci démontre que les soeurs Cassady, Coco et Rosie, se complaisent plus que jamais dans cet univers très particulier qui est le leur. Techniquement, elles façonnent leurs compositions à l'aide d'instruments variés, dont certains, objets du quotidien, jouets pour enfants, ne sont pas des instruments à proprement parler. La harpe, le violoncelle, les tambours, sont là pour respecter le côté professionnel de leur oeuvre. Ainsi naissent des compositions douces et théâtrales, qu'elles accompagnent de leurs chants si complémentaires. Soporifiques à la première écoute, ces airs expriments pourtant des sentiments très profonds. L'un après l'autre, ils forment un ensemble de musique organique, ornée d'un soupçon de mystique.

 

Grey Oceans peut être perçu comme un recueil de berceuses, et comptes musicaux pour adultes. Réservé à un public averti (comme on dit, "on aime ou on n'aime pas"), cet album s'écoute dans un contexte particulier, de préférence propice à la relaxation. Certains auront même l'impression, une fois l'album terminé, d'avoir consommé quelque substance narcotique... C'est pourquoi je vous déconseille de l'écouter en voiture, car le risque de fermer l'oeil est bien réel.

 

 

Cocorosie

Grey Oceans

Tarif: 6/10

 

Ecoutez:

 

Trinity's crying

Smokey taboo