21/09/2012

The xx - Coexist

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Voici l’un des albums les plus attendus de l’année…

 

En 2009, la planète rock voyait débarquer dans ses bacs un ovni, singulièrement orné d’un « x » blanc sur fond noir. Mystérieux et interpellant, ce debut album éponyme allait connaître une ribambelle d’apologies toutes plus dithyrambiques les unes que les autres.  Du jour au lendemain, ou presque, les quatre jeunes Londoniens dissimulés sous cette lettre, symbole usuel des l’anonymat, en sortaient précisément, et se retrouvaient catapultés sous les projecteurs d’un public exigeant et international. L’un après l’autre, les critiques qualifiés se sont emparées du phénomène, personne ne voulant être le dernier à les applaudir. Beaucoup, aussi, ont sauté sur l’effet de mode, comme ils sautent sur du Solveig en boîte de nuit. Quoi qu’il en soit, on a connu des débuts bien plus fastidieux que ceux-là. Mais qu’on aime ou qu’on n’aime pas, reconnaissons à The xx le mérite de créer une musique qui, bien plus que d’avoir le simple mérite d’exister, existe réellement.

 

Leur talent, c’est celui d’insuffler tout en douceur un univers propre et étendu, formé d’une large palette de couleurs sombres. Leur griffe, c’est un rock percutant de calme, aux silences pointilleusement cadencés, qui alterne le chaud et le froid et vient parfois effleurer l’érotisme platonique. Un minimalisme nocturne et enrobant, inspiré par leur apprentissage musical ; c’est la nuit venue qu’ils jouaient ensemble, diminuant le son de leurs amplis au minimum pour ne pas réveiller frères, sœurs ou parents. De cette passion commune est né un succès qui ne doit rien à personne d’autre.

 

Après ce premier album réussi, et une tournée qui les a menés partout dans le monde, quelle pression sur les épaules de ces jeunes artistes, à l’heure où sort leur second album…

 

Sur Coexist, la recette miracle ne change pas. On remarque toutefois que certains passages privilégient l’électronique. Des titres comme « Reunion » ou « Sunset » s’assimilent, en quelque sorte, à une évolution épurée du Everything but the Girl remixé par Todd Terry dans les années 90. Une notion de synthétisme avant tout accentuée par les percussions, qui ricochent parfois comme des beats de dance. On n’atteint pas encore le post-dubstep de James Blake, basse et guitare permettant de ne pas sortir du format pop conventionnel, mais certains morceaux de l’album pourraient presque nous faire danser. Sur Coexist, la guitare est mesurée, au millimètre. On la sent en pleine retenue, plus souvent qu’à son tour, distillant ses litanies avec encore plus de justesse.

 

The xx, c’est aussi deux voix aussi différentes que complémentaires. Si la qualité du chant de Romy Croft nous avait déjà sauté aux oreilles, force est de constater que Jamie Smith a bien bossé le sien. Moins sèche, sa voix se dessine avec davantage de forme et de maturité. De loin, on croirait parfois entendre du Murat. Il ne se contente plus de réciter ses textes de façon diatonique, et peut à présent assumer l’un ou l’autre titre seul au micro.

 

A l’instar de la musique de Radiohead, celle de The xx se comprend et s’apprécie tant et plus, au fur et à mesure des écoutes successives – rares d’ailleurs sont les groupes capables d’une telle maestria. Ainsi, même dépourvu de vraie surprise, court de 33 petites minutes à peine et camouflé au sein d’une harmonique d’apparence simpliste, Coexist n’en est pas moins chiche, dans son entièreté, de provoquer l’addiction.

 


The xx

Coexist

Tarif : 8/10


 

Ecoutez:

Angels

Chained