16/09/2014

Interpol - El Pintor

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Les années défilent, et la bande à Paul Banks reste imperturbable. En 2004 sortait « Antics », un second album qui, armé des titres EvilC’Mere et Slow Hands terminait de les asseoir dans la rangée de front du rock anglais renouvelé. Une décennie plus tard, ils s’appliquent à soigner tant et plus leur jardin au brin d’herbe près, en faisant fi de ce qui se passe de l’autre côté de la clôture.

Avec El Pintor, Interpol revient vers une source dont ils ne se sont jamais guère éloignés. Celle d’un rock froid, pur et incisif, qui allie propreté et énergie, et s’inspire de la New Wave Post Punk dont on attendait le ressac depuis vingt bonnes années avant qu’ils ne débarquent. Ce disque possède cette qualité de rentrer directement dans le vif du sujet, avec une ouverture qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle de son ainé de dix ans. Ensuite, le rythme est soutenu, la basse résonne et la guitare tranche l’air, telle une impassible habitude.

S’il a de quoi désespérer ceux qui attendent une franche évolution, il possède quelques trésors des plus convaincants, de ceux dont les deux derniers albums manquaient cruellement. Alors oui, c’est du Interpol, mais plus que ça, c’est du très bon Interpol.

 

Interpol

El Pintor

Note : ♪ ♪ 

 

Ecoutez

27/05/2014

Suivez le fil 2014 (2)

Mogwai – Rave Tapes

mogwai,rave tapes,post rock,drenge,rock,garage,the horrors,luminous,indie, indé,cold rock,rockTrois ans après l’orageux « Hardcore will never die… but you will », et un an après leur couverture sonore de la série « Les Revenants», les post-rockeurs de Mogwai reviennent déjà avec un huitième album studio. Son titre, Rave Tapes, pourrait suggérer une introduction de rythmes matraqués, mais il n’en est strictement rien. Une fois encore bien présente, la griffe des Ecossais y déploie une atmosphère intense et marquée, ainsi qu’une couleur à dominante mélancolique. Fait inhabituel, on retrouve des voix, parsemées avec précaution. Les mélodies sont aussi pesées que pensantes, et agrémentées d’un soupçon d’électronique parfaitement fondu dans l’ensemble. Au final, rien d’étonnant, ni de lassant.

Note :  

 

Drenge (éponyme)

mogwai,rave tapes,post rock,drenge,rock,garage,the horrors,luminous,indie, indé,cold rock,rockSur leur premier album, les frères Eoin (guitare, chant) et Rory Loveless (batterie) proposent un rock low fi appétissant comme un cornet de frites à peine sorties du panier, de celles qui reluisent encore la graisse de cuisson. Goutant plus le blues que le punk, la sauce monte dès le départ, avec une guitare qui vrombit, des caisses et cymbales maîtres de leur cadence, et une voix qui en impose sans jamais partir en vrille. Avec ses rythmes variés et ses riffs efficaces, Drenge nous offre une purge franche et directe. Plus qu’une version anglaise de Black Box Revelation, on peut y voir une mouture épurée de Queens of the Stone Age, beaucoup moins minimaliste qu’il n’y paraît.

Note :  

 

The Horrors – Luminous

 

mogwai,rave tapes,post rock,drenge,rock,garage,the horrors,luminous,indie, indé,cold rock,rockTels des nourrissons posés sur une montagne de babioles, le quintet de Southend aime toucher à tout. Après avoir tâté de multiples influences (entre autres New Wave, Rock Garage ou Shoegaze), les voilà affairés autour d’une sonorité rock pas si cold que ça - on pourrait appeler ça du « rock tiède ». Plus précisément, Luminous est trempé dans un moule de pop radieuse, comme le présage le titre de l’album, à la fois nonchalante et faussement rythmée, qui distille quelques touches psyché, tout en conservant un arrière-plan ombragé. Certes peu exacerbée, la recette est plus accessible que leurs précédentes compositions. De la palette de sonorités dévoilée, on peut pointer une multitude d’influences allant de Talk Talk aux Manic Street Preachers. Mais format pop ne signifie pas pour autant radiophonique, puisque la plupart des titres dépassent les cinq minutes. De quoi accentuer cet effet planant, léger mais persistant, dont s’orne cet album de bonne facture.

Note :  

03/04/2014

Warpaint (éponyme)

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Formation cent pour cent féminine, Warpaint nous gratifie d’un second album noir et envoûtant. Une galette éponyme, qui nous rappelle au bon souvenir de la forte impression laissée par « The Fool », il y a quatre ans, et sur laquelle le quatuor pose délicatement des mélodies rock accrochantes, aussi brumeuses et élégiaques que des chants de sirène.

 

Fait irrémédiable lorsqu’on est face à un « girls band » de rock sombre : nos pensées nous ramènent comme un réflexe vers Siouxie & the Banshees. Les californiennes de Warpaint explorent bien le même univers, mais tel une analogie de The XX plus discrète et naturelle, elles ajoutent au style une dose efficace de sensualité, distillée sans artifice.  Ce second album, mené par l’entêtant single Love Is To Die, confirme en tout cas tout le bien qu’on pense d’elles.

 

Warpaint (éponyme)

Note :    

 

Ecoutez:

Love Is To Die

 

Keep It Healthy

 

 

02/12/2013

White Lies @ Ancienne Belgique

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Sur scène, les White Lies me laissaient le souvenir de dernières prestations un cran en dessous de mes attentes. La faute à une apparente fragilité qui, sans les paralyser, empêchait ces trois gamins de s’éclater réellement sous plusieurs milliers de regards simultanés. En conséquence de cette motivation plafonnée, il leur arrivait de ne pas pouvoir tenir un rythme, et pire, à Harry McVeigh de perdre la justesse de son chant. Mais après leurs passage et repassage de ce week-end à l’Ancienne Belgique, on peut affirmer qu’ils assument de mieux en mieux leur notoriété.

 

On sent que malgré leur succès, les anglais désirent rester simples, entiers et accessibles. En témoigne leur look négligé, t-shirt au rabais contre barbe de plusieurs semaines, ainsi que leur immobilité relative. Alors puisqu’ils ne vont pas vers le « show », c’est ce dernier qui les rejoint sur scène. Résultat : la performance s’accompagne d’aveuglants jets de laser, partie d’un show lumineux nébuleusement riche, à rendre Jean-Michel Jarre malade de jalousie. Un attirail si exubérant que par moments, on pouvait réellement croire qu’une soucoupe volante était entrain de se poser sur scène. Ce plumage du 3e type ne s’accordait absolument pas avec le ramage musical proposé, qui était lui de très bonne facture. Avec la richesse de leurs trois albums, les Londoniens ne peuvent que dérouler une set list qui a de la gueule, qui commence d’entrée par deux gros tubes, se clôture par autant, et qui en garde encore pour le trou normand. A noter, peu avant les rappels, une pause dans cette démonstration de puissance, avec une reprise minimaliste de « I would die 4 U » de Prince – peut-être une piste sur l’évolution future de leur carrière ? Quant à la qualité du set, on aura déjà vu pire. McVeigh affirme ses épaules de chanteur, et les quelques cassures de rythme semblent cette fois bien contrôlées, comme pour mieux rebalancer la sauce dès la prochaine mesure.

 

Sans jamais se donner un genre, les White Lies apprennent à murir avec leur succès. Une heure et demie après leur montée sur scène, ils terminent leur unique et court rappel par un explosif « Bigger than Us », qui encore plus que le reste, laisse un goût de trop peu ; si on avait pu, on leur en aurait encore demandées quelques-unes.

 


White Lies

Ancienne Belgique , Bruxelles

Samedi 30 novembre 2013

Note :